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A - Dynamique générale

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction du sous-chapitre : 3 / 5 ]

a - Remarques liminaires

Le problème principal dans la définition de besoins élaborés est d'éviter de définir comme "besoin", c'est-à-dire comme étant une nécessité fondamentale de l'organisme, des "désirs" qui ne correspondraient en fait qu'à des tendances passagères induites par un contexte particulier.

L'existence d'un "besoin" élaboré serait caractérisée et démontrable lorsqu'il est possible de mettre en évidence :

– L'existence de processus neuraux sous-tendant directement le développement et la dynamique de ce besoin.

– L'existence d'une dynamique caractéristique, qu'il est possible de décrire et d'expliciter de manière rigoureuse.

– L'universalité de ce besoin.

– L'existence de perturbations directement provoquées par la carence de ce besoin.

b - Définition

Un besoin "psychique" serait un "besoin" existant au niveau du psychisme, c'est-à-dire au niveau des processus neuraux les plus élaborés.

Un besoin "psychique" aurait les caractéristiques suivantes :

– Il n'existerait pas à la naissance, ni au cours des premiers mois de la vie, mais se développerait de façon concomitante au développement affectif et, plus particulièrement, cognitif.

– Il correspondrait à une "construction cognitive" sous-tendue par des processus cognitifs élaborés.
Plus précisément, il serait sous-tendu par des processus neurobiologiques complexes, localisés principalement dans les régions corticales associatives polymodales.
(Pour ces raisons, les besoins "psychiques" n'existeraient pas chez les mammifères non-primates.)

– Il serait acquis graduellement, au cours des multiples expériences du sujet avec les autres et avec les différents milieux de son environnement.

– La genèse et la dynamique d'un besoin "psychique" seraient sous la dépendance directe des processus neurobiologiques sous-tendant les besoins "somatiques", les besoins "neurostructurels" et certains processus de traitement de l'information.

– Le besoin "psychique" serait nécessaire, sous peine de dysfonctionnements affectifs ou cognitifs, au développement et à l'existence normale de l'être humain.
La carence d'un besoin "psychique" se traduirait principalement par des effets psychiques.

g - Développement

Le développement des besoins psychiques ne débuterait qu'à partir de la période de maturation d'un certain nombre de processus de traitement de l'information.

Les principaux processus nécessaires au développement des besoins psychiques seraient les processus de motivation, de catégorisation, d'anticipation et de conscience.

Les principaux facteurs d'émergence des besoins psychiques seraient :

– L'état psychique.

– Le continuum plaisir / déplaisir.

– Le processus de motivation.

État psychique

L'état psychique, perçu au niveau de la conscience, semblerait être un facteur central de l'être humain, dans toutes les dimensions de son existence.

Les deux facteurs clé de l'état psychique seraient le continuum plaisir / déplaisir et le processus de motivation.

Continuum plaisir déplaisir

L'état psychique serait "coloré" par des sensations affectives bipolaires, graduée sur un continuum plaisir / déplaisir.

On observe généralement que les actions du sujet ont comme objectif d'éviter les sensations pénibles ou douloureuses et de maintenir ou de rechercher des sensations principalement agréables et plaisantes.

On observe également que la persistance de sensations pénibles et douloureuses entraîne un état de souffrance psychique qui altère la capacité du sujet dans sa relation au monde et aux autres.

Motivation

Le processus prépondérant à l'origine du développement des besoins psychiques serait le processus de motivation, qui s'exprimerait au niveau conscient par des incitations affectives à l'action.
(voir le chapitre "motivation")

Les différentes motivations qu'un sujet peut ressentir au niveau psychique auraient comme origine des processus biologiques fondamentaux :

– Les incitations à la satisfaction des besoins.
(nommément les besoins somatiques et neurostructurels)

– La recherche de stimuli "renforçants" (Renforcement).
(principalement les stimuli somesthésiques et vestibulaires)

– La recherche des émotions et sensations positives.
(principalement : intérêt, surprise, joie, émoi érotique, orgasme)

– L'évitement des émotions et sensations négatives.
(principalement : douleur, souffrance, dégoût, peur)

Ces différentes motivations sont perçues au niveau conscient de façon distincte, mais sont associées avec un continuum de sensations de plaisir / déplaisir, et incitent le sujet à réagir, à produire un comportement.

Permanence des "contraintes motivationnelles hédodynamiques"

Plus précisément, le processus de motivation est mieux traduit par l'expression : "contraintes motivationnelles hédodynamiques", où le terme "motivationnel" correspond au processus neurobiologique de motivation, le terme "contrainte" indique la force parfois impérieuse d'incitation à l'action, et le terme "hédodynamique" correspond à la recherche préférentielle de sensations hédoniques.

A noter que ces "contraintes motivationnelles hédodynamiques" sont actives de façon constante, quotidiennement, de la naissance jusqu'à la mort. Cette permanence constante et consciente de sensations affectives d'incitation à l'action, d'incitation continue et incessante à interagir avec le milieu et avec les autres, ainsi que le résultat de toutes ces actions, en terme de plaisir / déplaisir parfois très intense, semblent être un facteur structurant et d'émergence, en particulier au cours de la période de développement, des différents besoins psychiques.

Besoins psychiques "philique" et "praxique"

Les deux besoins psychiques les plus fondamentaux seraient les besoins "Philique" et "Praxique".

Figure 4.2-C : Genèse des besoins psychiques réduit

Le besoin praxique correspondrait à la nécessité pour le sujet d'agir pour faire face à ses propres contraintes motivationnelles hédodynamiques, le besoin philique correspondrait à la nécessité pour le sujet que les autres agissent, par empathie, pour l'aider à faire face à ses propres contraintes motivationnelles hédodynamiques.


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