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B - Besoin "praxique"

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction du sous-chapitre : 3 / 5 ]

Le besoin "praxique" correspondrait à la nécessité pour une personne de vivre des types de situations que l'on définirait dans notre cadre culturel par l'expression «besoin de liberté».

a - Développement

Le besoin praxique n'existerait pas à la naissance ni au cours des premiers mois de la vie, mais serait acquis de façon circonstancielle au cours du développement.

Le besoin praxique émergerait de l'interaction entre :

– Des caractéristiques neurobiologiques de base (besoins, renforcements, motivation).

– Des processus élaborés de traitement de l'information (émotions, catégorisation, anticipation, conscience).

– Le milieu écologique.

Il semblerait que les premières étapes du développement du besoin praxique se situeraient approximativement entre la première et la deuxième année de la vie, et se dérouleraient de la façon suivante :

Figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique réduit

· La dynamique générale d'émergence du besoin praxique serait l'extrême fréquence de la répétition, en raison des incessantes contraintes motivationnelles hédodynamiques, du résultat affectif (plaisir / déplaisir) des innombrables interactions motivées entre le sujet et l'environnement.
( Parties 1, 2, ..., n ; figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique )

· Au cours du temps et de la succession de nombreuses expériences similaires, le traitement cognitif effectué par le sujet se modifierait sous l'effet de l'expérience.
On pourrait distinguer, de façon arbitraire, trois phases du traitement cognitif : "initiation", "anticipation" et "intuition".
( Encarts a, b & g ; figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique )

- Remarques : Les figures "initiation", "anticipation" et "intuition" explicitent de la manière la plus détaillée possible les différentes étapes de la genèse du besoin philique.
A noter que ces explicitations détaillées, distinguant plusieurs étapes clairement distinctes, sont plus un artifice didactique qu'une réalité psychobiologique : suivant les situations et les contextes, certaines étapes n'existeraient pas ou se dérouleraient de manière simultanées.

Phase "initiation"

Figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" réduit

· Le premier facteur à l'origine de l'émergence du besoin praxique serait le processus de motivation. Sous l'effet des besoins somatiques ou neurostructurels, des sensations et des émotions pénibles ou agréables, apparaît des incitations à l'action (contraintes motivationnelles hédodynamiques) qui poussent le sujet (l'enfant, et, plus tard, l'adulte) à agir concrètement sur le milieu afin de faire face et de répondre à ces incitations psychiques.
( Partie 1, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )
A noter que lorsqu'une motivation psychique apparaît, coexiste toujours un contexte environnemental dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées par le sujet, associées avec la motivation en cours et éventuellement être rappelées ultérieurement (rappel contextuel).
( Partie 1', figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )

· Généralement le sujet réagit sous l'effet de la motivation. Si l'action à entreprendre est quelque peu complexe, il peut exister une phase intellectuelle ou concrète de préparation à l'action.
( Partie 2, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )
A noter que cette phase de préparation, lorsqu'elle existe, se déroule toujours dans un contexte environnemental dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées, associées et remémorées par le sujet.
( Partie 2', figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )

· L'étape suivante est la réalisation concrète de l'action.
( Partie 3, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )
A noter que cette phase de réalisation se déroule toujours dans un contexte environnemental dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées par le sujet, associées avec la réalisation en cours et éventuellement remémorées (rappel contextuel).
( Partie 3', figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )

· L'étape suivante est le résultat de l'action entreprise : celle-ci peut échouer, c'est-à-dire que l'action ne supprime pas la motivation qui est à son origine, soit elle peut réussir, supprimer la motivation et être ainsi généralement source de gratification.
( Partie 4, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )
A noter que cette phase de résultat de l'action, lorsqu'elle est suffisamment longue pour être perçue, se déroule toujours dans un contexte environnemental dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées par le sujet, associées avec la réalisation en cours et éventuellement remémorées (rappel contextuel).
( Partie 4', figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )

· En fonction de la réussite ou de l'échec de l'action, l'état psychique du sujet sera dans une tonalité positive ou négative.
A noter que cet état psychique est postérieur à l'action, il est la résultante de la réalisation concrète de l'action.
( Partie 5, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )

· L'impossibilité d'agir peut avoir lieu avant l'action ( Partie 6a ), durant l'action ( Partie 6b ), et par échec de l'action ( Partie 6c ). Si le sujet n'a pu agir, la pénibilité de l'incitation à l'action augmente et un état de souffrance psychique peut s'installer.
( Partie 6, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )

· Si le sujet a pu agir, la pénibilité de l'incitation à l'action est remplacée par des sensations plaisantes, qui peuvent être très intenses.
( Partie 7, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "initiation" )

Phase "anticipation"

Figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "anticipation" réduit

Puis, au cours du temps, le sujet éprouvera de nombreuses et diverses motivations. Néanmoins un grand nombre de ces motivations, ainsi que les contextes de ces motivations, seront plus ou moins similaires.

La répétition de motivations et de contextes plus ou moins similaires, ayant quasiment toujours le même déroulement, les mêmes caractéristiques et les mêmes effets psychiques induira peu à peu une capacité d'anticipation.

· Entre l'âge d'un et de deux ans, l'enfant à déjà éprouvé de nombreuses fois différents types de motivation.
Le déclenchement d'une motivation n'est plus une expérience nouvelle et inconnue, mais un vécu habituel.
( Partie 1, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "anticipation" )

· Cette caractéristique fait que le traitement de l'information, en fonction du contexte particulier de la situation en cours, anticipera l'action à réaliser pour répondre à la motivation. Il anticipera également, étape par étape, la réalisation de cette action ainsi que sont résultat probable.
( Partie 2, 3, 4, et 2', 3', 4' ; figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "anticipation" )

· Cette anticipation de l'action et de son résultat induira, a priori, avant la réalisation effective et concrète de l'action, un état psychique conforme à ce à quoi s'attend le sujet.
A noter que cet état psychique est antérieur à l'action, il est la résultante de l'anticipation du résultat de l'action.
( Partie 5, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "anticipation" )

Phase "intuition"

Figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "intuition" réduit

Il semblerait qu'au cours des années, après de très nombreuses expériences similaires, l'anticipation ne se ferait plus étapes par étapes, mais serait globale. La perception d'une motivation et la perception du contexte environnemental concomitant provoqueraient directement l'état psychique final.

· Après l'âge de deux ans, l'enfant à déjà éprouvé de très nombreuses fois différents types de motivation.
( Partie 1, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "intuition" )

· Dans ces conditions, il se produirait une évaluation intuitive instantanée de la situation, qui correspondrait à un rappel contextuel des motivations, contextes et état psychiques similaires déjà vécu.
( Partie 2, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "intuition" )

· Ce rappel contextuel concernerait également le rappel de l'état psychique antérieur, qui serait alors effectivement ressentit.
( Partie 3, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "intuition" )

· Lorsque le contexte de la situation en cours implique une forte probabilité d'impossibilité d'action et donc d'état psychique négatif, le rappel instantané de l'ensemble des vécus similaires antérieurs induirait la perception d'un sentiment subjectif de "contrainte".
( Partie 4, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "intuition" )

· Lorsque le contexte de la situation en cours, par le rappel instantané de l'ensemble des vécus similaires antérieurs, implique une forte probabilité de possibilité d'action et donc d'état psychique positif, cela induirait la perception d'un sentiment subjectif de "liberté".
( Partie 5, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique, phase "intuition" )

Phase "praxique"

· Après un temps encore plus long, il semblerait que la répétition des contrastes entre les situations où le sujet peut agir et où il ressent des sensations plaisantes et les situations où il ne peut agir et où il en souffre, induira chez l'enfant la perception d'un sentiment subjectif de "besoin" de pouvoir agir, de "besoin" de "liberté".
( Encart d, figure A4.2-BP-B : Genèse du besoin praxique )

b - Développement ultérieur

Il semblerait qu'ultérieurement, au cours de l'adolescence et de l'âge adulte, la répétition constante et fréquente de contextes et de motivations similaires provoqueraient graduellement une abstraction et une généralisation de plus en plus importante.

Au cours du développement ontogénétique, le besoin praxique deviendrait graduellement à l'adolescence et à l'âge adulte l'abstraction symbolique de tous les signes concrets, abstraits et/ou symboliques indiquant au sujet la possibilité d'agir activement sur son environnement immédiat en fonction de ses propres contraintes motivationnelles hédodynamiques.

g - Perception subjective

Le besoin praxique, à la fin de son développement, serait ressenti par le sujet, de façon subjective et affective, comme étant la nécessité de pouvoir contrôler et agir activement sur son environnement immédiat, et d'être, dans notre cadre culturel, "libre".

d - Nécessité concrète du besoin praxique

Concrètement, ce besoin serait satisfait chaque fois que le sujet agit (ou fait agir) pour faire face à ses propres contraintes motivationnelles hédodynamiques (c'est-à-dire satisfait ses besoins, recherche des stimuli renforçants, recherche et vit des émotions et des sentiments positifs, et évite de vivre des émotions et des sensations négatives). Ce besoin serait partiellement satisfait chaque fois que le sujet perçoit des signes lui indiquant que, si nécessaire, il pourra agir.

e - Remarques

C'est l'incitation psychique à l'action (motivation) et le résultat psychique de l'action (en terme de plaisir / déplaisir) qui seraient les facteurs d'émergence du besoin praxique.

L'action du sujet n'est pas forcément et nécessairement directe. Elle peut consister à déclencher l'action d'un tiers, action qui permettra au sujet de satisfaire ses propres contraintes motivationnelles hédodynamiques. Ce qui semble être important, c'est que le sujet perçoive que c'est grâce à son action que son état psychique est modifié ou maintenu dans une polarité positive, peu importe la nature ou les modalités d'exécution de cette action.

Le terme "praxique" est un néologisme, formé à partir du mot grec "praxis", signifiant "action".

Le besoin "praxique" ne correspondrait pas à l'expression de l'activité motrice.

Les étapes ci-dessus du développement du besoin praxique sont des hypothèses actuellement non empiriquement validées. Les progrès de la recherche imposeront d'éventuelles modifications théoriques sur le fond (hypothèse d'un besoin acquis, résultant d'un traitement cognitif) mais plus vraisemblablement sur la forme (les étapes et les conditions du développement de ce besoin).

z - Conclusion

Il semblerait que la multiple répétition, durant de nombreuses années, de tous les phénomènes décrits ci-dessus induira chez l'être humain le sentiment subjectif - qui n'est pas toujours conscient - que pouvoir agir, qu'être "libre", est une nécessité fondamentale.


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