[ page précédente ] · page 4 / 4 · [ page suivante ] · [ début chapitre ]
C - Besoin "philique"
[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction du sous-chapitre : 3 / 5 ]
Le besoin "philique" correspondrait à la nécessité pour une personne de vivre des types de relations sociales que l'on définirait dans notre cadre culturel par l'expression «besoin d'être "aimé" par les autres».
a - Développement
Le besoin philique n'existerait pas à la naissance ni au cours des premiers mois de la vie, mais serait acquis de façon circonstancielle au cours du développement.
Le besoin philique émergerait de l'interaction entre :
– Des caractéristiques neurobiologiques de base (besoins, renforcements, motivation).
– Des processus élaborés de traitement de l'information (émotions, catégorisation, anticipation, conscience).
– Le milieu humain.
Il semblerait que les premières étapes du développement du besoin philique se situeraient approximativement entre la première et la quatrième année de la vie, et se dérouleraient de la façon suivante :
Figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique réduit
· La dynamique générale d'émergence du besoin philique serait l'extrême fréquence de la répétition, en raison des incessantes contraintes motivationnelles hédodynamiques, des états psychiques de plaisir / déplaisir résultants des innombrables interactions motivées entre le sujet et les autres personnes.
( Parties 1, 2, ..., n ; figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique )
· Au cours du temps et de la succession de nombreuses expériences similaires, le traitement cognitif effectué par le sujet se modifierait sous l'effet de l'expérience.
On pourrait distinguer, de façon arbitraire, trois phases du traitement cognitif : "initiation", "anticipation" et "intuition".
( Encarts a, b & g ; figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique )
- Remarques : Les figures "initiation", "anticipation" et "intuition" explicitent de la manière la plus détaillée possible les différentes étapes de la genèse du besoin philique. A noter que ces explicitations détaillées, distinguant plusieurs étapes clairement distinctes, sont plus un artifice didactique qu'une réalité psychobiologique : suivant les situations et les contextes, certaines étapes n'existeraient pas ou se dérouleraient de manière simultanées.
Phase "initiation"
Figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" réduit
· Les facteurs premiers à l'origine de l'émergence du besoin philique seraient le processus de motivation et la nécessité, dans de nombreuses situations, d'interagir avec les autres. Sous l'effet des besoins somatiques ou neurostructurels, des sensations et des émotions pénibles ou agréables, apparaît des incitations à l'action (contraintes motivationnelles hédodynamiques) qui poussent le sujet (l'enfant, et, plus tard, l'adulte) à agir concrètement sur le milieu afin de faire face et de répondre à ces incitations psychiques. Le besoin philique se développerait à chaque fois que l'enfant, quand il ne peut agir seul, est obligé d'interagir avec d'autres personnes.
( Partie 1, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
A noter que lorsqu'une motivation psychique apparaît, coexiste toujours un contexte environnemental et social dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées par le sujet, associées avec la motivation en cours et éventuellement être rappelées ultérieurement (rappel contextuel).
( Partie 1', figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
· Généralement le sujet réagit sous l'effet de la motivation. Si l'action à entreprendre est quelque peu complexe, il peut exister une phase intellectuelle ou concrète de préparation à l'action. Durant cette phase, les autres personnes peuvent empêcher ou aider l'enfant à préparer l'action.
( Partie 2, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
A noter que cette phase de préparation, lorsqu'elle existe, se déroule souvent dans un contexte social dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées, associées et remémorées par le sujet.
( Partie 2', figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
· L'étape suivante est la réalisation concrète de l'action.
À noter que l'action peut correspondre à une modification directe de l'état psychique du sujet par les autres, via par exemple la parole.
( Partie 3, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
A noter que cette phase de réalisation se déroule souvent dans un contexte social dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées par le sujet, associées avec la réalisation en cours et éventuellement remémorées (rappel contextuel).
( Partie 3', figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
· L'étape suivante est le résultat de l'action entreprise : celle-ci peut échouer, c'est-à-dire que l'action ne supprime pas la motivation qui est à son origine, soit elle peut réussir, supprimer la motivation et être ainsi généralement source de gratification.
( Partie 4, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
A noter que cette phase de résultat de l'action, lorsqu'elle est suffisamment longue pour être perçue, se déroule souvent dans un contexte social dont les caractéristiques les plus saillantes ou significatives peuvent être mémorisées par le sujet, associées avec la réalisation en cours et éventuellement remémorées (rappel contextuel).
( Partie 4', figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
· En fonction de la réussite ou de l'échec de l'action, l'état psychique du sujet sera dans une tonalité positive ou négative.
A noter que cet état psychique est postérieur à l'attitude (empêchement / aide) des autres, il est la résultante de la réalisation concrète de l'action et de l'attitude d'autrui.
( Partie 5, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
· L'impossibilité d'agir, à cause des autres, peut avoir lieu avant l'action ( Partie 6a ), durant l'action ( Partie 6b ) et par échec de l'action ( Partie 6c ). Si l'enfant n'a pu agir, la pénibilité de l'incitation à l'action augmente et un état de souffrance psychique peut s'installer. Si les capacités cognitives de l'enfant sont suffisamment développées pour qu'il comprenne le rôle joué par autrui, il peut éprouver du ressentiment envers les responsables supposés de sa souffrance.
( Partie 6, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
· Si l'enfant a pu agir, grâce aux autres, la pénibilité de l'incitation à l'action est remplacée par des sensations plaisantes, qui peuvent être très intenses. Si les capacités cognitives de l'enfant sont suffisamment développées pour qu'il comprenne le rôle joué par autrui, il peut éprouver de la gratitude envers les responsables supposés de son plaisir.
( Partie 7, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "initiation" )
Phase "anticipation"
Figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "anticipation" réduit
Puis, au cours du temps, l'enfant éprouvera de nombreuses et diverses motivations. Néanmoins un grand nombre de ces motivations, les contextes de ces motivations, ainsi que l'attitude des autres seront plus ou moins similaires.
Il semblerait que la répétition de motivations, de contextes et d'attitudes des autres plus ou moins similaires, ayant quasiment toujours le même déroulement, les mêmes caractéristiques et les mêmes effets psychiques induise peu à peu une capacité d'anticipation.
· Après l'âge de deux ans, l'enfant à déjà éprouvé de nombreuses fois différents type de motivation ainsi que différentes attitudes d'autrui à son égard.
Le déclenchement d'une motivation et l'attitude des autres ne sont plus une expérience nouvelle et inconnue, mais un vécu habituel.
( Partie 1, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "anticipation" )
· Cette caractéristique fait que le traitement de l'information, en fonction du contexte particulier de la situation en cours, anticipera l'action à réaliser pour répondre à la motivation. Il anticipera également, étape par étape, la réalisation et le résultat de cette action ainsi que l'attitude probable des autres.
( Partie 2, 3, 4, et 2', 3', 4' ; figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "anticipation" )
· Cette anticipation de l'action, de son résultat et de l'attitude des autres induira, a priori, avant la réalisation effective et concrète de l'action, un état psychique conforme à ce à quoi s'attend le sujet.
A noter que cet état psychique est antérieur à l'action, il est la résultante de l'anticipation de l'attitude d'autrui et de l'anticipation du résultat de l'action.
( Partie 5, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "anticipation" )
Phase "intuition"
Figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "intuition" réduit
Il semblerait qu'au cours des années, après de très nombreuses expériences similaires, l'anticipation ne se ferait plus étapes par étapes, mais serait globale. La perception d'une motivation et du contexte social concomitant provoqueraient directement l'état psychique final.
· Après l'âge de quatre ans, l'enfant à déjà éprouvé de très nombreuses fois différents type de motivation et d'attitudes des autres.
( Partie 1, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "intuition" )
· Dans ces conditions, il se produirait une évaluation intuitive instantanée de la situation, qui correspondrait à un rappel contextuel des motivations, attitude des autres et état psychiques similaires déjà vécu.
( Partie 2, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "intuition" )
· Ce rappel contextuel concernerait également le rappel de l'état psychique antérieur, qui serait alors effectivement ressentit.
( Partie 3, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "intuition" )
· Lorsque le contexte social de la situation en cours implique une forte probabilité d'impossibilité d'action à cause des autres et donc d'état psychique négatif, le rappel instantané de l'ensemble des vécus similaires antérieurs induirait la perception d'un sentiment subjectif de "coercition" et de haine envers les autres.
( Partie 4, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "intuition" )
· Lorsque le contexte de la situation en cours, par le rappel instantané de l'ensemble des vécus similaires antérieurs, implique une forte probabilité de possibilité d'action grâce à l'aide des autres et donc d'état psychique positif, cela induirait la perception d'un sentiment subjectif de "liberté" et de gratitude envers les autres.
( Partie 5, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique, phase "intuition" )
Phase "philique"
· Après un temps encore plus long, la répétition des contrastes entre les situations où le sujet peut agir grâce à l'aide des autres et où il ressent des sensations plaisantes et les situations où il ne peut agir à cause des autres et où il en souffre, induira chez l'enfant la perception d'un sentiment subjectif de "besoin" de l'aide active et authentique des autres personnes à satisfaire ses propres "contraintes motivationnelles hédodynamiques".
( Encart d, figure A4.2-BP-C : Genèse du besoin philique )
b - Développement ultérieur
Il semblerait qu'ultérieurement, au cours de l'adolescence et de l'âge adulte, la répétition constante et fréquente de contextes, de motivations et d'attitudes d'autrui similaires provoqueraient graduellement une abstraction et une généralisation de plus en plus importante.
Au cours du développement ontogénétique, le besoin philique deviendrait graduellement à l'adolescence et à l'âge adulte l'abstraction symbolique de tous les signes concrets, abstraits et/ou symboliques indiquant au sujet la disposition des autres à l'aider activement à faire face à ses propres contraintes motivationnelles hédodynamiques.
g - Perception subjective
Le besoin philique, à la fin de son développement, serait ressenti par le sujet, de façon subjective et affective, comme étant la nécessité de savoir qu'il existe et qu'il compte pour les autres, de percevoir que les autres, de façon sincère et authentique, le reconnaissent comme une personne de valeur, lui manifestent de l'empathie et de la considération, et agissent activement pour lui venir en aide.
d - Nécessité concrète du besoin philique
Concrètement, ce besoin serait satisfait chaque fois qu'une personne aide de façon intentionnelle et authentique le sujet à faire face à ses propres contraintes motivationnelles hédodynamiques (c'est-à-dire l'aide à satisfaire ses besoins, l'aide à rechercher des stimuli renforçants, l'aide à rechercher et à vivre des émotions et des sentiments positifs, et l'aide à éviter de vivre des émotions et des sensations négatives). Ce besoin serait partiellement satisfait chaque fois qu'une personne donne un signe indiquant au sujet soit qu'elle est disposée à l'aider, soit qu'elle lui manifeste de l'intérêt. Ce besoins serait également partiellement satisfait lorsque le sujet reçoit des signes de reconnaissance sociale.
e - Besoin philique & traitement de l'information
Les capacités de traitement de l'information ont une influence déterminante dans la dynamique du besoin philique : l'effet sur le sujet des différentes actions des autres personnes dépendrait des processus cognitifs.
D'une part, l'effet de l'attitude des autres, d'aide ou d'empêchement à la satisfaction des contraintes motivationnelles hédodynamiques de l'enfant (ou de l'adulte) semble dépendre de la signification que le sujet attribue à cette attitude.
D'autre part, suivant le type d'action que les autres effectuent vis-à-vis du sujet, l'effet subjectif de ces différentes actions semble être modulé par les processus de traitement de l'information : le sujet les percevrait subjectivement en tant que sentiments émotionnels distincts.
e.1 - Signification
Il semblerait qu'un des facteurs déterminant de la dynamique du besoin philique ne soit pas la réalité objective et effective de la situation, mais la signification subjective que l'enfant (et plus tard l'adulte) attribue à l'attitude des autres, en fonction de son expérience et de ses capacités cognitives.
- Signification de l'efficience de l'attitude d'autrui : Il semble nécessaire dans un premier temps, pour l'émergence du besoin philique, que le sujet interprète subjectivement que l'attitude des autres influence son état psychique (même si objectivement ce n'est pas le cas).
Dans l'hypothèse spéculative où un sujet n'interpréterait jamais que les actions des autres influencent son état psychique, ce sujet ne développerait aucun besoin philique.
- Signification égocentrique : Il semble également nécessaire que le sujet interprète subjectivement que l'attitude des autres est volontairement destinée à modifier son état psychique (même si objectivement ce n'est pas le cas).
Par exemple, le fait qu'un employé d'un restaurant donne de la nourriture au sujet n'est généralement pas interprété comme étant un acte positif : c'est son métier et cet acte est réalisé indépendamment de l'identité et de la problématique propre de chaque client.
- Signification positive : Pour un effet positif, il semble nécessaire que le sujet interprète subjectivement l'attitude des autres comme étant une volonté délibérée de lui faire éprouver un état psychique positif (même si objectivement ce n'est pas le cas). À l'extrême, une attitude d'empêchement d'agir peut être interprétée comme une aide.
- Signification négative : Pour un effet négatif, il semble nécessaire que le sujet interprète subjectivement l'attitude des autres comme étant une volonté délibérée de lui faire éprouver un état psychique négatif (même si objectivement ce n'est pas le cas). À l'extrême, une attitude d'aide réelle peut être interprétée comme un empêchement d'agir.
- Signification ayant un effet de modulation : Il semblerait que le résultat de l'interprétation subjective de l'attitude d'autrui puisse être fortement modulée par une signification supplémentaire que le sujet attribue soit à la valeur de l'acte ou soit à l'intentionnalité d'autrui.
Par exemple, un sujet peut donner une interprétation subjective positive au don d'un objet (alimentaire, utilitaire, ...) par une autre personne. Cette interprétation subjective positive peut devenir subjectivement très fortement positive si le sujet sait que l'objet donné est coûteux ou s'il sait que ce don là était, par exemple, spécifiquement destiné à lui faire plaisir.
(à l'inverse, le sujet peut donner une interprétation subjective fortement négative s'il interprète ce don comme étant, par exemple, un moyen de l'humilier.)
De même, le sentiment de gratitude ou de ressentiment que le sujet éprouve en conséquence de l'attitude d'autrui seraient également modulé par cette signification supplémentaire.
e.2 - Sentiments émotionnels
Le besoin philique correspondrait à une nécessité de la dynamique psychique, la nécessité de faire face, grâce à l'aide des autres, aux contraintes motivationnelles hédodynamiques.
Il semblerait que le sujet éprouve des sentiments émotionnels qui se différencieraient les uns des autres en fonction de la spécificité de l'aide d'autrui, qui est caractérisée par des actions typées, concrètes et souvent tangibles :
- De façon générale, une réduction de la tension liée à la disparition de la contraintes motivationnelle hédodynamique, et, souvent, une sensation agréable concomitante à cette réduction de tension.
- De façon particulière, des sensations ou des sentiments émotionnels, différents les uns des autres, et spécifiques au type d'action réalisé par les autres pour venir en aide au sujet.
La genèse de ces différents sentiments et sensations émotionnels dépendrait du type de processus psychobiologique déclenché par l'action des autres. La nature de l'action, quant à elle, dépendrait fortement du contexte socio-culturel.
Amitié
Il semblerait que l'amitié corresponde à l'état psychique induit par une action d'autrui provoquant une stimulation positive du sujet, correspondant au besoin oxysmique.
Dans notre culture, ces stimuli seraient constitués principalement par des stimuli verbaux (chez l'Homme, environ 20% du temps éveillé est consacré à la conversation) et, en plus chez les jeunes, par le contact physique, sans plaisir somatosensoriel, provoqué par les jeux corporels ("bagarre").
(Cf. "Sentiment émotionnel : Amitié" disponible prochainement)
Affection
Il semblerait que l'affection corresponde à l'état psychique induit par une action d'autrui provoquant un plaisir somatosensoriel modéré, résultat d'un contact physique perçu comme "chaleureux" : caresse, étreinte, être porté (pour un enfant), ou par un message verbal induisant, par rappel contextuel, cet état agréable.
Physiologiquement, il semblerait que les endomorphines soient impliquées dans la genèse de ce sentiment émotionnel.
(Cf. "Sentiment émotionnel : affection")
Amour
Il semblerait que l'amour corresponde à l'état psychique induit par une action d'autrui provoquant la combinaison des processus d'émoi érotique et/ou d'orgasme et d'attachement. En particulier, il semblerait que l'intensité de l'attachement soit tel qu'il induise un état de dépendance, qui serait physiologiquement proche de celui provoqué par les substances addictives.
(Cf. "Sentiment émotionnel : Amour")
Reconnaissance sociale
Il semblerait que la reconnaissance sociale corresponde à l'état psychique induit par des signes abstraits ou symboliques indiquant au sujet que les autres sont favorablement disposés à son égard, sont prêts à lui faire preuve d'amitié, d'affection voire d'amour, c'est-à-dire seraient à priori disposés à l'aider afin de satisfaire ses contraintes motivationnelles hédodynamiques.
Ces signes abstraits peuvent être donnés directement, lors d'une interaction sociale, et correspondent à un signe corporel (signe de la main, sourire, ...) ou à un signe verbal (mot, interjection, ...). Ils peuvent être donnés indirectement et correspondent à des signes ritualisés ou institutionnalisés (honneurs, médailles, articles médiatiques, ...).
Tous ces signes indiquent au sujet qu'il existe et qu'il compte pour les autres.
z - Remarques
C'est l'attitude des autres personnes par rapport aux sensations psychiques que l'enfant éprouve { l'incitation psychique à l'action (motivation) et le résultat psychique de l'action (en terme de plaisir / déplaisir) } qui serait le facteur d'émergence du besoin philique.
Le terme "philique" est un néologisme, formé à partir du mot grec "philein" signifiant "aimer".
Le substantif "philique", utilisé pour dénoter le concept relatif à ce besoin psychique, a également une connotation affective, traduisant la réalité vécue par le sujet, qui ressent ce besoin sur un mode profondément affectif.
En raison du caractère acquis du besoin, de la singularité du vécu de chacun et des possibilités multiples de traitement de l'information, les caractéristiques précises du besoin philique pour chaque sujet seraient idiosyncrasiques et dépendraient en partie du contexte socio-culturel.
Ce besoin serait la base psychobiologique de l'émergence des concepts culturels en proximité sémantique avec les notions de "respect" et d' "amour".
Les étapes ci-dessus du développement du besoin philique sont des hypothèses actuellement non empiriquement validées. Les progrès de la recherche imposeront d'éventuelles modifications théoriques sur le fond (hypothèse d'un besoin acquis, résultant d'un traitement cognitif) mais plus vraisemblablement sur la forme (les étapes et les conditions du développement de ce besoin, l'existence éventuelle de plusieurs besoins de type "philique", ...).
h - Conclusion
Il semblerait que la multiple répétition, durant de nombreuses années, de tous les phénomènes décrits ci-dessus induira chez l'être humain le sentiment subjectif - qui n'est pas toujours conscient - que la disposition des autres personnes à une aide active et authentique à satisfaire ses propres "contraintes motivationnelles hédodynamiques" est une nécessité fondamentale.
D - Autres besoins psychiques
Les autres besoins psychiques les plus importants seraient les besoins de sécurité, de justice, d'authenticité, d'intimité, de diversité, de confort et de créativité.
L'étude détaillée de l'acquisition et de la dynamique de ces besoins sera disponible prochainement.
[ page précédente ] · page 4 / 4 · [ page suivante ] · [ début chapitre ]
www.psychobiology.org