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B - Dynamique générale
Il semblerait que la quasi totalité des comportements des primates hominoïdes soient la résultante de l'interaction des différents facteurs décrit ci-dessus.
Seul une faible minorité de comportements résulteraient d'un état pathologique : anomalie du développement, accident ou pathologie cérébrale.
La tendance psychobiologique globale d'une personne (profil émotionnel, profil cognitif et profil comportemental) serait la résultante, au cours du temps, d'une combinaison pondérée de processus internes à l'organisme et des caractéristiques des différents milieux où vit le sujet.
Ce serait la multiplicité des facteurs, ainsi que la multiplicité de leurs paramètres, qui expliquerait, au cours de leur combinaison, la très grande diversité des caractéristiques psychiques et des comportements humains.
a - Profil psychique
En raison de la plasticité des structures neurales, et particulièrement des structures néocorticales, les caractéristiques de nombreux processus du système nerveux peuvent être modifiées au cours du temps. Ces modifications proviendraient d'états pathologiques ou, majoritairement, de l'activité neurale interne et de l'interaction avec l'environnement social ou écologique.
On observerait des modifications tant au niveau des structures sous-tendant chaque processus, qu'au niveau de l'interaction entre les différents processus.
Modification fonctionnelles des structures
Les caractéristiques des différents processus de traitement de l'information évoluent au cours du temps. En raison de la variation de l'expression des récepteurs, du changement des propriétés électrophysiologiques des membranes, de la modifications des propriétés synaptiques, ou du réarrangement des interconnexions neuronales, les structures qui sous-tendent les processus cérébraux réagissent différemment : pour chaque processus le seuil de déclenchement, la durée, l'intensité, les neurohormones libérées ou le profil d'activation des structures connexes peuvent être modifiés.
Par exemple, on constate expérimentalement que la stimulation électrique de l'amygdale chez le chat, qui provoque une modification de l'efficacité synaptique amygdalienne, diminue le seuil de déclenchement du processus de peur. L'animal devient plus craintif : son profil psychique serait modifié en raison d'une modifications des caractéristiques d'une structure neurale.
Interaction fonctionnelle
De surcroît, l'interaction entre les différents processus évolue également. Il semblerait que chaque structure ou réseaux de structure sous-tendant un processus soit également relié à d'autres structures et d'autres réseaux. Ces interconnexions induiraient, lors de l'activation d'une structure ou d'un réseaux, l'activation ou l'inhibition d'autres structures et d'autres réseaux.
Par exemple, la peur des radiations atomiques ne proviendrait pas d'une modification des structures directement impliquées dans le processus de peur (région amygdalienne), mais de structures plus cognitives (aires néocorticales associatives) qui activeraient les régions amygdaliennes impliquées dans le processus de peur.
Le pattern d'activation cérébral engendré par l'activation d'une structure évoluerait au cours du temps et des expériences du sujet.
Synthèse
Au cours du temps et de la modification graduelle et systémique des différents processus et de la modification des interactions fonctionnelles entre les processus, le profil psychique évolue vers une configuration unique et propre à chaque sujet.
Par exemple, en fonction de sa constitution génétique et physiologique, de son expérience individuelle et de ses croyances cognitives, le processus de peur d'un sujet aura un seuil d'activation plus ou moins élevé, sera associé avec un nombre important ou faible de stimuli et de situations déclencheurs et aura des effets psychiques et psychosomatiques graves ou bénins.
Par rapport à l'interaction avec les autres processus, le processus de peur pourra ou non perturber les processus attentionnels ou motivationnels, inhiber le comportement exploratoire, et pourra être ou non un obstacle à la socialisation.
Exprimé de façon plus "psychologique", le sujet pourra ou non être craintif ou timoré, avoir des phobies (sociales, de l'espace, de certains animaux, ...), de l'anxiété généralisée ou des attaques paniques.
b - Comportements complexes
Chaque comportement humain complexe (agression, sexualité, parental, communication, ...) résulterait d'une combinaison pondéré de différents facteurs.
Les effets de chaque facteur peuvent être transitoires ou durables, et être immédiats ou à plus long terme.
Suivant la combinaison de tel ou tel processus, un comportement est soit modifié ou bien créé.
Par exemple, le processus d'attachement modifie le comportement sexuel par la formation d'un lien entre les partenaires. Le processus de plaisir est à l'origine de l'apparition du comportement hédonique.
Chaque comportement complexe semble obligatoirement comporter une part de neuromodulation, de neuroplasticité, d'association, de motivation, d'orientation et d'attention. Il semble également comporter une part de modulation par les processus dits "émotionnels" : peur, dégoût, attachement, souffrance et plaisir. Enfin, les processus dits "cognitifs" de planification, de catégorisation, de raisonnement et de signification semblent quasi obligatoires dans la genèse de chacun de ces comportements.
Chaque comportement complexe serait un "patchwork" d'aspects hormonaux, physiologiques, affectifs et cognitif, de conditionnements, d'acquisitions inconscientes, d'apprentissages volontaires et de croyances conscientes (intellectuelles, spirituelles, surnaturelles, ...). Et chacun de ces aspects serait modulé par l'expérience individuelle et les caractéristiques de l'environnement de chaque sujet.
c - États limites
Dans certains états limites, on observe qu'un processus devient prédominant et cette prédominance modifie en profondeur la dynamique psychique et comportementale. Le plus souvent, le sujet est alors dans un état de dysadéquation.
Dans le cas de douleur intense et chronique (névralgie du nerf facial par exemple), l'intensité de la douleur est telle qu'elle envahit la conscience du sujet et occulte tous les autres phénomènes psychiques.
Lorsqu'un sujet ressent une culpabilité intense, cet affect peut entraîner un état de type dépressif.
Lorsqu'il existe dans une société donnée des valeurs sociales extrêmement fortes condamnant le plaisir, on observe que la tendance hédonique naturelle passe au second plan.
Remarques
Lorsque c'est un facteur émotionnel négatif qui devient prédominant, on observe une dynamique de souffrance psychique.
(cf. le chapitre "Souffrance psychique")
Lorsque un facteur non émotionnel devient prédominant, on observe un problème comportemental ou adaptatif, mais le sujet n'en souffre pas (pas de remord, d'angoisse, …)
(cf. le chapitre "Distorsion cognitive")
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