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A - Modèle théorique de la dynamique psychique

Il existerait trois grandes classes de problèmes psychiques susceptibles d'évoluer vers des états de type "psychopathologique" :

– Les états de "souffrances psychiques" (dyspathies), produit par un vécu trop intense ou chronique d'une ou de plusieurs émotions, en général négatives.
("dysévolution fonctionnelle" des processus "émotionnels" de traitement de l'information.)

– Les états de "tendance incoercible", inducteurs de comportements involontaires inappropriés (dyspraxies), et résultant d'un conditionnement dysadéquat en référence à la réalité psychobiologique du monde.

– Les états de "distorsion cognitive", inducteurs de comportements volontaires inappropriés (dyspraxies), et résultant d'un apprentissage dysadéquat en référence à la réalité psychobiologique du monde.
("dysévolution fonctionnelle" des processus "cognitifs" de traitement de l'information.)

Ces états psychiques pourraient être provoqués par des accidents, des maladies cérébrales ou des anomalies du développement. Une des causes qui semblerait être majeure serait l'évolution des processus cérébraux, par le jeux normal de la plasticité cérébrale, en dehors des valeurs compatibles avec le maintien de l'intégrité de l'organisme.

Systématique étionosographique

L'objectif de ce chapitre est de mieux comprendre les psychopathologies dont l'origine provient d'une "dysévolution fonctionnelle" des processus neuraux les plus élaborés.
(cf. chapitre "Dysadéquation" et partie c & d, figure A6-SM-D "Dysadéquation" réduit)

Plus précisément encore, ce chapitre traite des psychopathologies caractérisées par un "dysfonctionnement" du traitement de l'information et dont l'étiologie est une "dysévolution fonctionnelle" des processus émotionnels et cognitifs.
(cf. rubrique 6, figure A6-SM-C "classification fonctionnelle des pathologies" réduit)
(cf. rubrique 4.3, figure A6-SM-C "classification étiologique des pathologies" réduit)

A noter que le traitement des psychopathologies ayant comme étiologie des agents pathogènes ou traumatiques externes, des anomalies génétiques ou des pathologies dégénératives relèverait d'une approche neurologique ou psychiatrique "classique".
Les psychopathologies "lourdes", du type psychose ou schizophrénie, qui sembleraient relever d'altérations structurelles importantes, ne sont pas concernées par ce chapitre.

"Distorsion cognitive", "tendance incoercible" & "souffrance psychique"

Les chapitres suivants explicitent les problématiques liées aux états de "distorsion cognitive", de "tendance incoercible" et de "souffrance psychique".

a - "Distorsion cognitive"

Est appelé "distorsion cognitive" toutes les connaissances d'un sujet qui sont erronées par rapport à la réalité biologique du monde et psychobiologique de l'être humain.

L'état de distorsion cognitive n'est pas un état pathologique en soit, dans la mesure où les processus cognitifs de l'être humain lui permettent d'apprendre de nombreuses connaissances, indépendamment de leur degré de validité.

L'état de distorsion cognitive est problématique dans la mesure où une personne ayant des croyances erronées est susceptible d'agir de manière inappropriée, tant par rapport à elle-même, qu'aux autres ou à l'environnement écologique.

La problématique principale de la distorsion cognitive est qu'elle est un facteur potentiel majeur de problèmes écologiques ou humains futurs.

L'état de distorsion cognitive deviendrait un état psychopathologique lorsqu'une croyance erronée ne pourrait plus être modifiée, induisant alors la persistance de comportements inappropriés.

Remarques

A noter qu'en général l'état de distorsion cognitive ne perturbe aucunement le sujet, au contraire de l'état de souffrance psychique. Une personne peut avoir des distorsions cognitives et des comportements subséquents inappropriés et être dans un état psychique et émotionnel très positif. Le comportement inapproprié pose un problème objectif et réel au sujet et aux autres, mais le sujet n'en est pas conscient, ou cela ne l'affecte pas.

b - "Tendance incoercible"

Est appelé "tendance incoercible" toutes les incitations à l'action qui sont involontaires et quasiment incoercibles, mais qui ne relèvent pas de l'expression d'un besoin psychobiologique.

Les états de "tendance incoercible" proviennent de processus de conditionnement, de renforcement, de dépendance physique ou psychique (assuétude).

L'état de "tendance incoercible" n'est pas un état pathologique en soit, dans la mesure où, d'une part, les besoins psychobiologiques normaux induisent également un état similaire, et, d'autre part, les processus de renforcement de l'être humain provoquent de nombreux conditionnements, générant des tendances comportementales qui sont souvent un facteur d'adaptation à l'environnement.

L'état de "tendance incoercible" est problématique dans la mesure où une personne ayant des tendances incoercibles, tout particulièrement lorsque ces tendances sont dysadéquates rapport à la réalité biologique du monde et psychobiologique de l'être humain, est susceptible d'agir de manière inappropriée, tant par rapport à elle-même, qu'aux autres ou à l'environnement écologique.

La problématique principale de la "tendance incoercible" est qu'elle est un facteur potentiel majeur de problèmes humains ou pathologiques futurs.

L'état de "tendance incoercible" deviendrait un état psychopathologique lorsqu'une tendance incoercible ne pourrait plus être déconditionnée, induisant alors la persistance de comportements inappropriés.

Remarques

Les "tendances incoercibles" pourraient être considérée comme des besoins, mais acquis, dans la mesure où leur dynamique et leurs effets sur le psychisme sont très similaires aux besoins psychobiologiques fondamentaux.

c - "Souffrance psychique"

Il semblerait que le facteur fondamental à l'origine des états de souffrance psychique, voire de "psychopathologie", soit la prédominance d'un état émotionnel généralement négatif, qui envahirait de façon durable et intense le champ de la conscience du sujet.

Figure 5-E (rappel) : "Souffrance psychique" & "psychopathologie" réduit

L'état de "souffrance psychique" correspondrait à l'envahissement du champ de la conscience du sujet par une émotion négative dont la pénibilité provoque une altération partielle de la relation au monde.
La psychopathologie correspondrait également à l'envahissement du champ de la conscience par une émotion négative, mais dont l'intensité serait telle que le sujet n'est plus capable de faire face aux sollicitations du monde extérieur, social ou écologique.
( Partie a, b & c, figure 5-D "souffrance psychique & psychopathologie" )

Origine des états de "souffrance psychique" et de psychopathologie

La souffrance psychique, voire la psychopathologie, provenant d'une dysévolution fonctionnelle aurait comme origine :
( Partie d à j, figure 5-D "souffrance psychique & psychopathologie" )

Principalement :

– L'agression.

– La carence (involontaire) des besoins psychiques (la déprivation volontaire est définie comme une agression).

– Certains états dysfonctionnels du SNC, après une pathologie ou un traumatisme.

– Des facteurs accidentels divers.

– L'effet des processus cognitifs, qui pourraient être responsables de la souffrance psychique, soit directement, soit indirectement en ayant un rôle modulateur dans l'intensité de l'émotion perçue par le sujet.

Secondairement :

– Des pathologies ou des traumatismes du système limbique ou des structures associées.

L'état psychique quotidien serait caractérisé par la coexistence de plusieurs dynamiques émotionnelles, positives, neutres ou négatives, qui se cumuleraient ou se neutraliseraient, et qui pourraient, au cours du temps, augmenter l'intensité de la souffrance psychique ou provoquer la psychopathologie.

"psychopathologie"

Lorsque l'intensité du vécu émotionnel négatif dépasse les capacités de résilience de la personne, surviendrait un état de "rupture", qui marquerait l'entrée dans un état de type "psychopathologique".
La psychopathologie serait caractérisé par une altération de la relation du sujet au monde, et se traduirait, selon les cas, par une réaction émotionnelle paroxystique, une attitude comportementale générale inadaptée et involontaire, ou des comportements volontairement inadaptés.

L'état de rupture pourrait être provoqué par une seule expérience traumatique ou par la répétition successive de nombreuses expériences (généralement) négatives.

La rupture pourrait être brutale (dynamique aiguë) ou insensiblement progressive (dynamique chronique, par répétition des situations traumatiques : dynamique cyclique négative).

La rupture pourrait provenir de la sommation de plusieurs facteurs :

– Une ou plusieurs agressions.

– Des carences variables des besoins psychiques.

– Un ou plusieurs facteurs accidentels divers (deuil, chômage, …).

– Une circonstance (même si isolément elle peut sembler insignifiante) modifiant la signification cognitive, en plus négatif, d'un ou de plusieurs facteurs précédants.

Remarques

Une expérience fortement positive pourrait être également un facteur traumatique, par contraste avec le vécu quotidien.

Il existerait des périodes sensibles (à déterminer et à caractériser) durant l'enfance (et éventuellement durant la vieillesse).

Il semblerait que le plus souvent les processus cognitifs ne soient pas directement responsables d'une souffrance psychique ou d'une psychopathologie, mais ils auraient un rôle modulateur dans l'intensité de l'émotion perçue par le sujet.

Le facteur émotionnel (affectif) semblerait central. Le facteur cognitif semblerait plutôt modulateur.


A.1 - Facteurs inducteurs et modulateurs des émotions

Figure 5-E (rappel) : "Souffrance psychique" & "psychopathologie" réduit

D'après les données de l'étude initiale des processus émotionnels, on pourrait distinguer des facteurs inducteurs des émotions et d'autres facteurs qui auraient un rôle inducteur et/ou modulateur :

– Les facteurs inducteurs seraient :

Des facteurs sociaux :

– L'agression

– La carences des besoins psychiques

Des facteurs accidentels :

– Des pathologies ou traumatismes

– Des facteurs accidentels divers

– Les facteurs inducteurs et/ou modulateurs seraient :

Des facteurs cognitifs :

– Les processus cognitifs

a - Facteurs cognitifs (traitement de l'information)

Actuellement, les connaissances concernant les processus cognitifs sont très partielles, ce qui implique que les hypothèses présentées ci-dessous sont en partie spéculatives.

Les processus cognitifs pourraient être modulateur et/ou inducteur de sensations émotionnelles.

Les processus cognitifs pourraient être considéré comme un facteur de complexification des effets psychiques des sensations émotionnelles.

Les facteurs cognitifs, même s'ils ne sont pas à l'origine des émotions, interviendraient quasiment toujours dans la modulation des sentiments émotionnels ultérieurs.

Remarques complémentaires

Il semblerait que certains problèmes psychiques induits ou modulés par les processus cognitifs seraient d'autant plus important que le niveau d'intelligence et de connaissance du sujet serait élevé.

a.1 - Facteurs cognitifs inducteurs

a - Conditionnement

Les processus de conditionnement (dans le sens d'apprentissage de comportements et de réponses stéréotypés) peuvent être à l'origine de l'induction d'un état émotionnel négatif.
( Partie h, figure 5-D "Souffrance psychique" & "psychopathologie" )

En général, le vécu de situations émotionnelles, positives ou négatives, provoque une mémorisation contextuelle de l'ensemble de la situation vécue.

Dans le cas de mémorisation de situations émotionnelles négatives, l'exposition du sujet à des situations identiques ou similaires (par phénomène de généralisation) provoque une remémoration (rappel contextuel) de l'ensemble de la situation vécue et de l'état émotionnel associé.
Ainsi, certaines situations, bien qu'elles ne seraient pas directement source de vécu émotionnel négatif, peuvent, par leur similitude avec une situation traumatique antérieure, provoquer, par le biais d'un phénomène de conditionnement, un vécu émotionnel négatif.

a.2 - Facteurs cognitifs modulateurs

a - Anticipation

L'anticipation de ce qui va arriver peut moduler fortement l'état émotionnel, en positif ou négatif, en fonction de ce que le sujet anticipe.
( Partie i, figure 5-D "Souffrance psychique" & "psychopathologie" )

L'anticipation d'une situation induisant un état émotionnel fortement négatif (et donc également l'anticipation de la souffrance que cet état va produire) peut induire cet état émotionnel sans que la situation soit réellement vécue.
L'anticipation pourrait réinstaller le sujet dans l'état émotionnel antérieur (rappel contextuel).

Conditionnement aversif par anticipation

Il semblerait que l'anticipation de toute pensée (ou situation) induisant un rappel contextuel d'une émotion extrêmement négative pourrait devenir fortement aversif.
(par exemple, peur d'anticiper une situation génératrice d'un état de peur panique, pour ne pas ressentir les effets réels extrêmement aversifs de cet état imaginé).

b - Signification

Il semblerait que le processus cognitif de signification soit un des facteurs les plus déterminant de l'état psychique général d'un sujet.
( Partie j, figure 5-D "Souffrance psychique" & "psychopathologie" )

Il semblerait que l'on puisse distinguer deux phases dans la dynamique affective d'un sujet :

– La première phase correspondrait au vécu immédiat de la situation et aux effets émotionnels qu'elle entraîne.

– La seconde phase, immédiatement consécutive ou étalée dans le temps, correspondrait à une évaluation ou réévaluation cognitive de la situation par le sujet, qui lui attribuerait une signification qui peut être radicalement distincte de celle induite par le vécu initial.

Par rapport à la dynamique psychique et somatique, il semblerait que la signification actuelle d'un événement (traumatique ou non, réellement vécu ou imaginé comme tel) soit plus importante que l'événement en lui même ou que sa signification initiale.

Cet aspect modulateur du processus cognitif de signification semblerait être crucial, dans la majorité des cas et surtout à long terme, dans le devenir psychique ou psychopathologique du sujet.

b.1 - Dynamique

Cadre général

Figure A5-DP-A : "Signification & dynamique psychique" [ S&DP ] réduit

– En schématisant, on pourrait dire que, généralement, à tout événement marquant pour le sujet ( Partie a, figure S&DP ) est attribué une signification ( Partie b1 à b5, figure S&DP ).

– Cette signification serait idiosyncrasique, propre au sujet, et elle dépendrait de son vécu antérieur, de ses expériences, de ses connaissances et de l'interprétation qu'il donne à la situation qu'il est en train de vivre.

– De plus, cette signification serait totalement subjective, et indépendante de la réalité objective du contexte situationnel (Réalité contextuelle ou Réalité micro- et macro-sociale), de la réalité des normes sociales (Réalité culturelle ou sociétale), et de la réalité des processus biologique de l'organisme humain (Réalité psychobiologique ou objective). ( Partie c, figure S&DP )

– Cette signification induirait, directement ou indirectement, des effets psychiques (émotionnels et cognitifs), somatiques, comportemental et social.
( Partie d, figure S&DP )

Effet de la réévaluation cognitive de l'événement passé

– En fonction de nouvelles connaissances, de nouvelles expériences ou de rationalisations cognitives, la signification initialement donnée à une situation vécue ( Partie b1, figure S&DP ) pourrait changer ( Partie b2 à b5, figure S&DP ) et ainsi modifier le sentiment émotionnel attaché à cette situation ( Partie d, figure S&DP ).

– De façon générale, il semblerait que dans le long terme, par rapport à l'état psychique et somatique actuel du sujet, que le facteur le plus déterminant ne soit pas la signification initiale ( Partie b1, figure S&DP ) donnée à l'événement antérieurement vécu ( Partie a, figure S&DP ), mais plutôt la signification actuelle ( Partie b4, figure S&DP ) donnée à cet événement passé.

– Pour être plus précis, se seraient les effets psychiques (émotionnels et cognitifs), somatiques, comportementaux et sociaux ( Partie d, figure S&DP ) induits par la signification actuelle de l'événement passé ( Partie b4, figure S&DP ) qui seraient les facteurs clés de la dynamique psychique et somatique actuelle et future.

Exemples de l'influence de la signification

Un soin médical extrêmement douloureux peut entraîner un fort ressentiment émotionnel à l'égard du médecin, susceptible même de déclencher une agression. La connaissance ultérieure que ce soin était nécessaire et justifié, que la douleur était inévitable, et que le médecin a fait au mieux de ce qui était possible, modifie la signification de la situation et modifie la signification du vécu émotionnel douloureux et modifie enfin le ressentiment envers le médecin, qui pourra même devenir un sentiment de gratitude.

Dans le cadre du mariage occidental, la fidélité est un comportement valorisé. Toute infidélité de l'un des époux est généralement vivement ressentie par le conjoint. Dans d'autres cadres culturels, tels certains de ceux issus des années 60-70, les relations multiples sont valorisées (polyamory) et la fidélité ou l'infidélité ne peut y prendre aucune signification particulière ni provoquer de ressentiment émotionnel. On peut même trouver des sociétés pré-industrielles où le concept de fidélité dans le mariage n'existe pas, où les conjoints ont des relations sexuelles et affectives extraconjugales sans en ressentir aucune émotion particulière et sans même en concevoir la moindre signification.

On peut même trouver des exemples où la signification donnée à une situation pourtant intrinsèquement négative modifie la perception du vécu, qui devient source d'épanouissement pour le sujet. Certains rites initiatiques de sociétés pré-industrielles sont extrêmement douloureux et peuvent être considéré en fonction des critères occidentaux comme étant des sévices physiques. Pourtant les adolescents de ces sociétés vivent ces situations de façon très positives, car pour eux il s'agit d'épreuves qui leur permettront de passer dans un groupe ou une caste supérieur, source de valorisation et de reconnaissance sociale.

Dans des cas extrêmes, même un acte thérapeutique peut paradoxalement induire le trouble qu'il vise à guérir. Une personne sans problèmes particuliers et dont les parents ont divorcé durant son enfance, peut, si un thérapeute lui signifie qu'elle a manqué d'une image paternelle structurante, penser et croire qu'elle a un problème et développer tout un ensemble de symptômes et de souffrances psychiques (qui de plus conforteront le thérapeute dans son diagnostic initial).


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