[ Sommaire ] · Approfondissement du chapitre 5 : Perspectives

Problématiques éthiques et morales

[ NB : Textes provisoires. Niveau global de rédaction : 3 / 5 ]



"Vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà"

Blaise Pascal


Présentation, Contenu & Objectifs

Un des éléments fondamentaux d'une société est l'élaboration d'une éthique, d'un code moral et, surtout, d'un système de valeurs qui servent de référence à l'action humaine.

L'objectif de ce chapitre est de réfléchir aux problématiques éthiques et morales, d'analyser leurs fondements et de questionner la validité des systèmes de valeurs contemporains.

Résumé introductif

Il ne semble pas exister d'éthique, de morale et de valeurs absolues et universelles. Par défaut, il est proposé une éthique, une morale et des valeurs relatives, basées sur les principes fondamentaux de la biosphère, sur la prééminence de la vie humaine, et sur la Raison.

Plan du chapitre

A - Définition des termes "éthique", "morale" & "valeur"
B - Nécessité de l'éthique, d'une morale et de valeurs
C - Les fondements de l'éthique
D - Les fondements de la morale
E - Les fondements des valeurs
F - Relativité éthique & Problèmes de société
G - Proposition d'une éthique relative
H - Éthique & Science
I - Concepts éthiques et moraux connexes

Questions ouvertes

– Qu'est-ce que l'éthique ?

– L'éthique est-elle nécessaire ?

– Qu'est-ce que la morale ?

– Différentes morales peuvent-elles coexister entre-elles ?

– Quel rapport la morale a-t-elle avec l'éthique ?

– Peut-on définir des normes éthiques a priori, juste par la simple réflexion philosophique ?

– Qu'est-ce que la valeur ?

– Existe-t-il des valeurs universelles ?

– Quels sont les critères et les références qui permettent de définir et d'attribuer une valeur ?

– Existe-t-il des gradations dans les valeurs ?

– La vie humaine est-elle importante ?

– La vie humaine est-elle plus importante que la vie animale ?

– Quelles valeurs éthiques et morales privilégier dans une société ?

Éléments de réponse

Les éléments de réponses aux questions éthiques et morales pourraient être trouvées à partir de trois grandes possibilités :

– La "Révélation" de la "Vérité" par des entités supranaturelles.

– L'élaboration d'une éthique, d'une morale et la définition de valeurs grâce à la Raison.

– L'extrapolation d'une éthique, d'une morale et la définition de valeurs en s'inspirant de l'essence du Vivant.

Thèmes abordés

Les principales problématiques abordées sont :

– La définition des termes et concepts relatifs à l'éthique et à la morale.

– La question des fondements ultimes de l'éthique.

– La relativité des normes éthiques contemporaines.

– Les problèmes humains et sociaux induit par la relativité éthique.

– Le choix d'une éthique relative.

– Les rapports entre l'éthique et la science.

– La nécessité de la transgressions des normes éthiques.

Références bibliographiques

Les données philosophiques étayant cette réflexion sur l'éthique et la morale proviennent, entre autres, des travaux de Wunenburger J.J., Reboul O., Rorty R., Kirsch M., Ruse M., Cronk L., Feyerabend P.

Le détail des références - comprenant l'ensemble des auteurs, les ouvrages, les numéros de page et les extraits d'articles - est donné à chaque fois qu'une citation est mentionnée.
NB : La version internet de "Psychobiologie Humaine" ne contient que les références principales. Les références complètes (qui représentent environ 50% des textes) sont disponibles dans la version au format Word 97, téléchargeable.


A - Définition des termes "éthique", "morale" & "valeur"

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction : 2 / 5 ]

Dans les définitions données ci-dessous, il est proposé d'attribuer à la notion d' "éthique" un caractère théorique prééminent plus fondamental et de réserver la notion de "morale" pour des aspects plus concrets et pratiques.

Éthique

– Éthique : Définition proposée : Science dont l'objet est l'élaboration d'un système de référence permettant de définir un code moral.

– Autres définitions :

– Définition du dictionnaire : Science de la morale; art de diriger la conduite.

– Éthique : l'ensemble des valeurs classées de la plus haute à la plus faible, dans la conscience, et servant de référence dans les jugements, la conduite.

Morale

– Morale : Définition proposée : Science dont l'objet est, à partir d'un système de référence éthique, de définir un ensemble de valeurs et d'actions relatives au bien, au mal et au devoir.
Système permettant de transcrire, à partir d'un référent, la complexité du monde en actions concrètes à réaliser ou à proscrire.

– Autres définitions :

– Définition du dictionnaire : Science du bien et du mal; théorie de l'action humaine en tant qu'elle est soumise au devoir et a pour but le bien.

Valeurs

– Définition proposée :
Aspect objectif : Ce qui est posé comme Bien ou Mal, selon les critères d'un code moral. Ce qui est posé comme Beau ou Laid, selon les critères d'un code esthétique. Ce qui est posé comme Juste ou Arbitraire, selon les critères d'un code social.
Aspect subjectif : Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, selon des critères personnels et subjectifs, propres à chaque individu.

– Autres définitions :

– Définition du dictionnaire : Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, selon des critères personnels ou sociaux, et sert de référence, de principe moral.

Définitions des notions connexes

– Mœurs : Habitudes (d'une société, d'un individu) relatives à la pratique du bien et du mal.

– Droit : Ce qui est conforme à une règle.

– Loi : Règle impérative imposée à l'homme.

– Axiologie : Science et théorie des valeurs morales.


B - Nécessité de l'éthique, d'une morale et d'un système de valeurs

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction : 1 / 5 ]

L'éthique et la morale sont-elles nécessaire ?

Pourrait-on envisager une société dépourvue d'éthique, de morale et de valeurs ?

Ou, pour être plus rigoureux, dans la mesure où il semble toujours exister une éthique, une morale ou des valeurs au moins implicites, pourrait-on envisager une société où coexiste différentes éthiques et systèmes moraux plus ou moins arbitraires, laissés au libre arbitre de chacun ?

Sans vouloir donner de jugement péremptoire et sans trop entrer dans les détails (pour l'instant), il semble, en analysant certains exemples sociaux ou historiques, que cet état ne soit guère viable. Définir une éthique et choisir un code moral seraient une nécessité incontournable dans une société évoluée.

La véritable question serait plutôt de savoir quelle éthique, quelle morale et quelles valeurs choisir, et à partir de quels critères jugés fondamentaux ?


C - Les fondements de l'éthique

... disponible prochainement ...


D - Les fondements de la morale

... disponible prochainement ...


E - Les fondements des valeurs

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction : 3 / 5 ]

L'objectif de ce chapitre est de rechercher les différents types de fondements possibles, absolus ou relatifs, des valeurs.

Des données psychologiques, sociologiques, ethnologiques et philosophiques sont analysées afin de tenter d'évaluer la validité de ces fondements.

Les différents référents possibles des valeurs seraient :

– Des éventuels référents absolus.

– Des référents supracosmiques :

– Le Divin : les Lois des Dieux.

– Des référents cosmiques :

– L'Universel : les Universaux Cosmiques.

– Des éventuels référents supranaturels.

– Des référents naturels :

– Le Naturel : les Lois de la Nature.

– L'Humain : la Réalité psychobiologique de l'Homme.

– Des référents culturels :

– L'Humanité : Les Réalités culturelles des sociétés.

– Des référents Philosophiques :

– La Philosophie : la Logique et la Raison.

a - Référents absolus

Les fondements absolus des valeurs existeraient en dehors de toute entité. Il seraient préexistant à tout.

Il est actuellement impossible de dire à quoi ils correspondent, à quelles prescriptions ils renvoient, s'ils existent réellement ou s'ils ne sont que le produit de l'imagination humaine.

b - Référents supracosmiques

Les fondements supracosmiques des valeurs existeraient en dehors de l'Univers.

Les fondements supracosmiques des valeurs se définiraient en référence à des caractéristiques essentielles de ce qui rendrait possible l'existence de l'Univers.

Le Divin : Les Lois des Dieux

Les Lois des Dieux correspondent à l'ensemble des Révélations faites par des entités suprahumaines, voire supracosmiques.

Les Lois des Dieux préexisteraient à toutes choses. Il suffirait à l'Homme de croire aux Révélations pour accéder à des valeurs suprahumaines.

Validité des Lois des Dieux

Quel est la validité des fondements Divins des valeurs ?

L'étude des religions et des mouvements spirituels montre une grande diversité des systèmes de croyance (monothéismes, polythéismes, spiritualismes, animismes, ...) ainsi qu'une grande diversité des prescriptions qu'ils imposent à l'Homme (mode d'existence, actions particulières, sacrifices, souffrance, prières, méditations, dons, ...).

La plupart de ces systèmes spirituels ou religieux sont incompatibles entre-eux. Lequel alors choisir ?

L'étude psychosociologique et historique des systèmes spirituels semble montrer que le Divin serait une création humaine. Sans trop entrer dans le détail (pour l'instant), on observe une corrélation entre, d'une part, le degré de l'organisation sociale et des connaissances du monde, et, d'autre part, les structures des systèmes spirituels. De plus, on observe des correspondances entre les état psychologiques de l'être humain et les prescriptions spirituelles. Par ailleurs, on observe des relations entre des faits climatiques, géographiques ou historiques et certaines mythologies. On observe enfin des similitudes entre les différentes religions qui partagent des aires géographiques et culturelles, tandis que les religions des isolats géographiques présentent plutôt des caractéristiques originales.

Tous ces éléments laissent à penser que c'est l'Homme qui a créé les Dieux à son image.

Conclusion

Les lois des Dieux ne semblent pouvoir être un référent valable permettant la définition des valeurs.

c - Référents cosmiques

Les fondements cosmiques des valeurs se définiraient en référence à des caractéristiques essentielles de l'Univers.

L'Universel : les Universaux Cosmiques

Les Universaux Cosmiques correspondraient à des valeurs universelles, intrinsèques à l'essence de l'Univers.

Les Universaux Cosmiques préexisteraient au monde terrestre. Il suffirait à l'Homme de les chercher et de les trouver pour accéder aux valeurs universelles.

Validité des Universaux Cosmiques

Il existe actuellement deux problèmes majeurs et rédhibitoires relatifs aux Universaux Cosmiques :

– Aujourd'hui, personne ne connaît la teneur des Universaux Cosmiques et personne ne connaît un moyen de les découvrir.

– De plus, personne ne sait s'ils existent réellement, et personne ne sait comment prouver ou réfuter leur existence.

De plus, il est tout à fait possible que quel que soit la nature de l'Univers, il ne recèle aucune valeur particulière. Il existe, tout simplement.

Conclusion

Les Universaux Cosmiques ne semblent pouvoir être actuellement un référent valable permettant la définition des valeurs.

d - Référents supranaturels

Les fondements supranaturels des valeurs existeraient en dehors de la biosphère, en dehors de l'Homme et des sociétés humaines.

Les fondements supranaturels de l'éthique se définiraient en référence à des caractéristiques essentielles de la planète Terre ou du système solaire, dans la mesure où elles existeraient et qu'elles seraient spécifiques et distinctes de celles de l'Univers.

Mais actuellement, on ignore s'il existe des particularités qui seraient spécifiques au système solaire de la Terre. De plus, même si elles existaient, quelles en seraient les prescriptions par rapport à la définition des valeurs ?

e - Référents naturels

Les fondements naturels des valeurs se définiraient en référence à des caractéristiques ou des éléments essentiels de la biosphère.

a - Le Naturel : les Lois de la Nature

Les Lois de la Nature correspondraient à des valeurs Naturelles, intrinsèques à l'essence du Vivant.

Les Lois de la Nature seraient consubstantielles aux systèmes biologiques. Il suffirait à l'Homme d'observer et de comprendre le Vivant pour accéder aux valeurs Naturelles.

Validité des Lois de la Nature

Il existe actuellement plusieurs problèmes majeurs relatifs aux Lois de la Nature :

– Les organismes et les systèmes biologiques sont imparfaits. Quels invariants référentiel en abstraire ?

– La dynamique du vivant est basée sur différentes modalités plus ou moins antagonistes : compétition, coopération, symbiose, ... Laquelle choisir comme référent ?

– Il ne semble pas exister un code moral "prêt à l'emploi" dans la nature, que la science aurait simplement à découvrir.

– Il semble impossible de transposer directement et simplement des observations en injonctions morales. Une réflexion raisonnée semble nécessaire.

– Dans l'hypothèse où il existerait des bases naturelles aux valeurs, pourquoi ces fondements devraient-ils être acceptés par l'Homme ?

– La dynamique des organisations sociales et sociétales semble dépendre d'autres Lois que celles de la Nature.

Conclusion

Les Lois de la Nature ne semblent pouvoir être directement un référent valable permettant la définition des valeurs.

La référence à la biologie serait une condition absolument nécessaire, mais non suffisante.

b - L'Humain : la Réalité psychobiologique de l'Homme

La Réalité psychobiologique pourrait être la base de valeurs intrinsèques à l'essence biologique de l'Homme.

La Réalité psychobiologique serait consubstantielle à tous les organismes humains. Il suffirait à l'Homme d'observer et de comprendre la dynamique de son organisme pour accéder à des valeurs en adéquation avec sa Réalité.

Validité de la réalité psychobiologique

Il existe actuellement plusieurs problèmes majeurs relatifs à des valeurs basées sur la Réalité psychobiologique :

– Les organismes humains sont imparfaits. Quels invariants référentiel en abstraire ?

– Il semble impossible de transposer directement et simplement des observations en injonctions morales. Une réflexion raisonnée semble nécessaire.

– L'observation ou le recueil des faits psychiques subjectifs, l'analyse des croyances ou des opinions personnelles ne semble aucunement permettre :

– ni d'en abstraire des éléments objectifs de référence éthiques ou moraux,

– ni de déterminer ce qui serait réellement valuable.

– De nombreuses actions humaines sont "biologiquement normales" tout en étant, d'une part, peu compatibles entre-elles (agression / socialisation ; intérêt / désintérêt pour la progéniture) ou, d'autre part, incompatibles avec une vie en société (haine, jalousie, mensonges, manipulations, ...). Comment en abstraire des critères de valeurs ?

Conclusion

La Réalité psychobiologique ne semble pouvoir être directement un référent valable permettant la définition des valeurs.

La référence à la Réalité psychobiologique serait une condition absolument nécessaire, mais non suffisante.

f - Référents culturels

Les fondements culturels des valeurs se définiraient en référence à des invariants caractéristiques ou des éléments fondamentaux des sociétés humaines.

L'Humanité : Les universaux culturels des sociétés

Les Réalités culturelles pourraient être la base des valeurs intrinsèques à la dynamique des sociétés humaines.

Les universaux culturels seraient consubstantiels à toutes les sociétés humaines. Il suffirait à l'Homme d'observer et de comprendre la dynamique des sociétés pour accéder à des valeurs en adéquation avec la réalité sociale et sociétale.

Validité des réalités culturelles

Il existe actuellement plusieurs problèmes majeurs relatifs à des valeurs basées sur les universaux culturels :

– Il existe environ 3.000 sociétés humains connues, ayant une très grande diversité de croyances, de mœurs et d'organisations sociales. Comment en abstraire des invariants référentiels ?

– Même s'il existe des invariants culturels, quelle validité auraient-ils en tant que fondement des valeurs ?

– Comment croire, connaissant l'hypercomplexité de l'être humain et des organisations sociétales et connaissant l'état de quasi ignorance de l'Homme, que certaines sociétés aient pu accéder à des valeurs pertinentes et valides ?

Conclusion

Les universaux culturels ne semblent pouvoir être un référent valable permettant la définition des valeurs. Ils pourraient être une aide heuristique à la réflexion éthique et morale.

g - Référents philosophiques

Les fondements philosophiques des valeurs se définiraient en référence à la Logique et à la Raison.

La Philosophie : la Logique et la Raison

La Logique et la Raison pourraient être la base d'une éthique rationnelle et supérieure.

La Logique et la Raison permettraient d'abstraire les caractéristiques fondamentales des valeurs. Il suffirait à l'Homme de raisonner de manière logique et rigoureuse pour envisager les problèmes à leur plus haut degré de généralité, et accéder aux causes premières, aux fondements des valeurs, ainsi qu'à la Réalité absolue.

Validité de la Logique et de la Raison

Divers auteurs, à partir de raisonnements logiques "éclairés par des normes «pertinentes, cohérentes, globales et universelles»", attribuent une valeur prédominante à certains principes tel la justice, l'égalité, la réciprocité, l'épanouissement de l'individu ou le respect de la personne et de sa vie.

Mais toutes ces constructions intellectuelles, qui apparaissent si nobles et si raisonnables, sont-elles effectivement pertinentes dans la réalité pragmatique et quotidienne de l'existence humaine ?

Par exemple, par rapport à l'alimentation qui est un besoin primaire fondamental de tous les êtres humains et qui nécessite de nombreuses actions humaines pour sa satisfaction, quelle est la pertinence des principes évoqués juste ci-dessus ?
L'image la plus simple (et naïve) de la justice est le partage en parts égales de la nourriture disponible entre les convives. Mais la physiologie alimentaire diffère pour chaque individu : certains ont besoin de plus que d'autres, ne peuvent assimiler telle ou telle substance, ou présentent des réactions allergiques ou toxiques pour certains aliments. Rien qu'au strict plan physiologique être réellement juste est loin d'être simple.
Mais l'être humain n'est pas que simple physiologie alimentaire : de nombreux phénomènes associatifs, de conditionnements et surtout affectifs et subjectifs interviennent. Sans compter l'influence majeure du contexte culturel. Pour être juste, il faudrait respecter la multitude des préférences et des aversions gustatives, tenir compte des modes, des prescriptions magiques, des interdits religieux et des mœurs alimentaires de chacun, tout en s'assurant que tous subjectivement croient qu'on leur à rendu justice et respect.
Comment, avec cette multitude de paramètres à prendre en compte, dont de nombreux sont difficilement quantifiables, être juste et respectueux des besoins et désirs alimentaires de chacun ?

Et s'il s'avère qu'il soit, comme dans cette exemple et dans toutes les dimensions du réel, impossible d'être juste et bon, d'être respectueux de chaque personne et de leur vie, ne faudrait-il pas alors envisager que peut-être ces concepts et principes abstraits et théoriques sont mal définis et ne correspondent guère à la Réalité ?

D'autres auteurs, toujours à partir de raisonnements logiques, proposent des valeurs plus relatives, fondées sur le principe du "juste milieu" entre deux "extrêmes" . Mais quelle est la justesse réelle de ce raisonnable principe ?

Par exemple, par rapport au plaisir et à la souffrance, qui sont les deux pôles principaux de la vie affective et à partir desquels s'organise la majorité des actions humaines, quel est le "juste milieux" ?
S'il est aisé de déterminer pour chaque cas un des extrêmes, qui correspond à l'absence de plaisir et de souffrance, quel est l'autre extrême opposé ? Au delà des perceptions subjectives de chacun, en considérant l'ignorance actuelle des processus psychobiologiques et les éventuelles possibilités futures des techniques physiologiques, comment déterminer et quantifier le plaisir le plus intense et la souffrance la plus horrible que le système nerveux peut produire et ressentir ?
Et s'il est impossible de déterminer les extrêmes, comment calculer le "juste milieu" ? Qui aujourd'hui peut dire quel est le "juste milieu" moralement acceptable du plaisir ou de la souffrance humaine ?

Conclusion

Le problème principal de la Logique et de la Raison est leur incapacité à produire, à elles seules, autre chose que des constructions abstraites, rigoureuses et cohérentes, mais vraisemblablement déconnectées de la Réalité du monde.

La Logique et la Raison ne semble pouvoir être directement un moyen d'accès à des valeurs supérieures et pertinentes.

La Logique et la Raison seraient un moyen absolument nécessaire, mais non suffisant.

e - Conclusion générale

Le problème majeur est l'état de non connaissance. Il semble qu'aujourd'hui on ne sache rien de ce qui serait réellement important.

On ne sait pas s'il existe des fondement fidéistes ou absolus aux valeurs, et s'il en existe, on ne les connaît pas.

On ne peut savoir, ni s'il existe des valeurs absolues préexistantes que tout homme doué de raison et de connaissances découvrirait, ni s'il existe des valeurs plus importantes que d'autres.

Aucun des différents référents connus (supranaturels, naturels, culturels ou philosophiques) ne semble valide.

En l'état actuel des connaissances, il semble qu'il ne soit possible, par défaut, que le choix d'un fondement relatif des systèmes de valeurs.


F - Relativité éthique & Problèmes de société

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction : 1 / 5 ]

a - Relativité des normes éthiques

On peut affirmer sans trop de marge d'erreur que les connaissances actuelles sont très limitées.

Par rapport aux valeurs, on peut également affirmer que l'on ne connaît aujourd'hui aucun fondement absolu aux systèmes de valeurs.

Les diverses éthiques, morales et valeurs des différentes sociétés humaines ne semblent être que relatives. Et il semble également impossible de dire si tel ou tel système de valeurs est meilleur qu'un autre.

b - Implications de la relativité des éthiques contemporaines

Ainsi, il est fortement probable que certaines actions, considérée de bonne foi comme étant conformes aux valeurs en usage, seraient en réalité, par rapport à une éventuelle norme supérieure, peut être immorale et à l'origine de problèmes réels mais méconnus.
On peut, sans le savoir et en toute bonne foi, causer du tort en croyant bien agir.

Il est donc sans doute très probable qu'une partie plus ou moins importante des actions et des situations sociales actuelles, conformes aux valeurs culturelles en vigueur, soient en réalité inadaptées et à l'origine de nombreux problèmes de gravité variable.


G - Proposition, par défaut, d'un référent éthique relative de moindre faillibilité

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction : 3 / 5 ]

L'objectif de ce chapitre est d'élaborer un référent éthique global et général qui permettrait de définir des valeurs pragmatiques et cohérentes, tenant compte des dernières connaissances actuelles et valables pour l'ensemble des actions humaines.

Remarques générales

Il doit être absolument clair pour le lecteur que cette proposition d'un référent éthique relatif est une proposition provisoire par défaut (voire par ignorance).
Par défaut, dans la mesure où des valeurs absolues sont inaccessibles à notre connaissance ; et provisoire, dans la mesure où d'éventuelles nouvelles connaissances amèneraient à réexaminer et à modifier cette proposition.

Critères du choix

En l'absence de référent absolu, quels critères retenir pour définir un choix relatif ?

Le référent éthique qui serait proposé, bien que relatif, devrait avoir suffisamment de profondeur de réflexion, d'argumentation et de cohérence, afin de ne pas relever d'un "nihilisme éthique" où tout et rien serait valuable.

a - Le vivant

En l'absence d'un référent absolu, il semble que le choix de moindre faillibilité serait de prendre comme référent relatif ce qui constitue l'essence de notre univers terrestre, nommément les lois biologiques de la biosphère.

L'objectif serait de donner de la valeur à tout ce qui permettrait le meilleur développement de la vie.

Discussion

Mais ce choix arbitraire, par défaut, pose de nombreux problèmes dans la mesure où les systèmes biologiques sont relativement imparfaits.

– Faudrait-il toujours se conformer aux lois de la nature ou bien parfois s'y opposer ?

– Une des dynamique du vivant est la lutte pour la survie. Faut-il alors favoriser la survie du plus apte ?

Mais ne faut-il également prendre en compte les autres dynamiques du vivant, telles la symbiose ou la coopération ? Et si la survie du plus apte est à favoriser, quelle aptitude serait à privilégier ? Car suivant les règles sociales en usages, telle ou telle aptitude (force, intelligence, ruse, compromissions, alliances, franchise, ...) est plus favorable. Et à partir de quels critères définir les règles en usages qui favoriseront l'aptitude privilégiée ?

Conclusion

Même s'il est impossible d'inférer directement à partir des lois biologiques un référent éthique naturel, la prise en compte de la Réalité de la biosphère semble être une nécessité incontournable, dans la mesure où quels que soient les désirs et la volonté humaine, il existe des faits naturels irréductibles qui s'imposent à l'Homme.

b - l'Homme

Il semble que le choix de moindre faillibilité serait de prendre comme référent relatif de second niveau ce qui constitue l'essence de l'Homme, nommément les lois psychobiologiques de l'organisme humain.

L'objectif serait de donner de la valeur à tout ce qui permettrait le meilleur développement et la meilleure existence de l'être humain.

Absence d'arguments valables

Mais existe-t-il des raisons, des arguments valables et objectifs qui justifient de favoriser l'espèce humaine au détriment des autres espèces vivantes ?

Pourquoi une vie humaine aurait-elle plus de valeur, par exemple, que celle d'un lombric ou d'Azotobacter ?

Car si l'espèce humaine venait à disparaître, il semble que cela n'aurait quasiment aucun impact négatif sur la biosphère (on peut même penser que l'impact serait très positif). Par contre, la disparition par exemple des bactéries fixant l'azote atmosphérique provoquerait une catastrophe écologique majeure.
D'où, d'un point de vue strictement écologique et biologique, la vie d'Azotobacter n'est-elle pas sans aucun doute bien plus importante que celle d'Homo sapiens ?

Peut-être que ce qui est réellement important est le phénomène du vivant, c'est-à-dire la vie en général. Et au vue des atteintes écologiques produites par l'Homme, pour préserver le monde vivant terrestre et afin que la vie puisse se perpétuer, ne faudrait-il pas mieux, raisonnablement, supprimer l'espèce humaine ?

En fait, il semble qu'on ne puisse trouver aucun argument biologique ou écologique valable qui justifie de privilégier l'espèce humaine.

Choix arbitraire anthropocentré

Privilégier l'Homme semble être essentiellement un choix arbitraire, partisan et intéressé. Un choix anthropocentré par défaut, voire par ignorance.

Privilégier l'Homme est un choix qui arrange chacun, à la fois en tant qu'individu, mais également en tant que représentant d'une espèce.

Le seul avantage de ce choix anthropocentré, mais qui est d'une importance capitale, est que chaque être humain peut y trouver un intérêt personnel et donc y adhérer spontanément.

g - La Raison

Il semble que le choix de moindre faillibilité serait de prendre la Raison comme référent relatif de troisième niveau.

L'objectif serait, à partir d'une compréhension raisonnée de l'essence même du phénomène biologique et humain, de ne donner de la valeur qu'à ce qui permet de favoriser au mieux le développement, l'existence et la perpétuation de la vie, et plus particulièrement de la vie humaine.

Il s'agirait de mener une réflexion rationnelle à partir du vivant et pour le vivant, qui tienne compte des réalités biologiques, physiologiques, écologiques et sociales, qui soit cohérente et globale, et, surtout, qui favorise la meilleure existence de l'être humain.

La Raison permettrait de pallier l'imperfection des systèmes biologiques et de trouver le moins mauvais fondement à des valeurs réalistes, pragmatiques et humanistes.

d - Conclusion

Au terme de la réflexion éthique, il est proposé de choisir comme référent fondamental aux valeurs morales le principe de ne donner de la valeur qu'à ce qui permet de favoriser au mieux le développement, l'existence et la perpétuation de la vie, et plus particulièrement de la vie humaine.

Ce choix d'un référent éthique humaniste, fondé sur une analyse raisonnée de la Réalité psychobiologique de l'Homme et écologique du monde, semble être, en l'absence de valeurs universelles absolues, le choix de moindre faillibilité.

Remarques

Mais il convient de garder à l'esprit qu'il s'agit là d'un choix anthropocentré par défaut, voire par ignorance, et qu'il sera peut être nécessaire de le modifier en fonction des progrès futurs de la connaissance.

Il convient également de s'interroger afin de savoir s'il est, paradoxalement, éthiquement possible de donner comme fondement aux valeurs morales un critère relatif, arbitraire et partisan, qui ne reflète que des considérations égoïstes ?


H - Éthique et Science

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction : 3 / 5 ]

Ce chapitre à pour objectif d'explorer les rapports entre l'activité scientifique et l'éthique.

A priori, l'idéal serait de respecter les prescriptions éthiques, et de ne mener que des investigations et des expérimentations scientifiques en conformités avec les normes morales en vigueur dans la société.

Mais cette position a priori raisonnable est-elle réellement possible ? Et ne pourrait-on poser une question plus audacieuse encore et dérangeante : dans une certaine mesure, la transgression des normes éthiques ne serait-elle pas une absolue nécessité ?

Questions ouvertes

– Peut-on faire de la recherche sans normes éthiques ?

– Peut-on, et éventuellement faut-il, transgresser des normes éthiques lorsqu'un progrès scientifique ou humain est possible ?

– Est-il légitime de réaliser des expérimentations a priori immorales ?

– Est-il légitime d'utiliser les données provenant de situations actuellement considérées comme immorale :

– Les données d'expérimentation humaine a priori immorale, relevant par exemple de ce qui est considéré comme des crimes de guerre.
Exemple des expériences allemandes ou japonaises de la seconde guerre mondiale, menées sur des prisonniers de guerre ou des déportés.

– Les données d'observation recueillies auprès de sujets ayant été mis dans des situations extrêmes : camps de concentration ou d'extermination, torture, mutilations, ...

– Les données d'observation de comportements considérées comme déviants et pathologiques.
Par exemple les sévices (physiques, sexuels ou psychologiques), les paraphilies, le sadisme, la torture, les actes de barbarie, ...

– Les données ethnologiques provenant de situations jugées cruelles, barbares, immorales ou inhumaines en fonction des standards occidentaux.
Par exemple certains rituels d'initiation cruels, certains types de sanctions pénales (amputation, lapidation, ...), l'anthropophagie, ...

– ...

– Jusque dans quelles limites l'expérimentation animale est-elle acceptable ?

– Jusque dans quelles limites l'expérimentation humaine est-elle acceptable ?

– Jusqu'à quelles limites la transgression des normes morales est-elle acceptable ?

– Quels "sacrifices" peut on accepter afin d'accéder à un niveau supérieur d'éthique ou de connaissance ?

– Mais est-il possible de rester sans réagir tout en sachant que des actes a priori éthiques sont peut être en réalité immoraux, inadaptés, et sans doute à l'origine de problèmes réels ?

– Vaut-il mieux feindre l'ignorance, afficher une moralité de bon aloi, plutôt que d'affronter la vindicte publique ?

– Que signifie la notion de responsabilité, du chercheur en particulier et du citoyen en général ?

a - Nécessité de la recherche relative à l'éthique

En fonction des arguments présentés dans les chapitres précédants montrant le caractère relatif et sans doute partiellement erroné des normes éthiques contemporaines, il semble absolument nécessaire de mener des recherches en rapport avec l'éthique.

Plus précisément, il semble absolument nécessaire de mener des recherches de synthèse prenant en compte l'ensemble des éléments, directs et indirects, en relation avec les problématiques morales et les fondements éthiques. Il semble être d'une cruciale nécessité d'accroître les connaissances et la réflexion afin de pouvoir proposer un système de valeurs de référence, cohérentes entre elles et avec la réalité, suffisamment rationnelles, valides et adaptées pour être adoptées par la majorité des membres de la société.

b - La question de la transgression des normes éthiques

Au cours de l'activité de recherche, centrée ou non sur les problématiques éthiques, se pose à un moment ou à un autre la question de la transgression des normes éthiques en usage.

Problème fondamental

Le problème fondamental peut être résumé de la manière suivante : faut-il transgresser des normes morales relatives lorsqu'il semble que l'action transgressive permettrait d'améliorer le savoir et l'éthique ?
Ou bien vaut-il mieux respecter une norme éthique potentiellement erronée, mais subjectivement considérée comme exacte, et ainsi peut être empêcher la recherche qui aurait éventuellement permis d'améliorer cette norme ?

Problématique circulaire quasi insoluble

Exprimé autrement, on peut mettre en évidence une "problématique circulaire" quasi insoluble entre l'éthique et la recherche.

Cette problématique peut être détaillée comme suit :

– En raison de l'état limité des connaissances actuelles, on ne peut savoir si l'éthique, la morale, les valeurs, les mœurs, les normes, les lois et l'organisation sociale ont des fondements valides ou résultent des aléas de l'Histoire.

– On peut supposer sans trop de marges d'erreur qu'il existe certaines normes éthiques et morales qui sont plus ou moins erronées.

– Certaines recherches ne sont pas réalisées en raison de la prise en compte d'une ou de plusieurs de ces normes éthiques erronées, mais qui sont socialement considérées comme justes.

– Certaines connaissances ne peuvent alors être acquises et il est donc impossible de réexaminer les a priori éthiques et moraux de ces normes.

– Il existe ainsi une situation où certaines normes éthiques et morales erronées ne pourront jamais être réexaminées et modifiées.

– On observe alors le paradoxe suivant : le fait de respecter une norme éthique éventuellement erronée et inadaptée empêche la recherche qui pourrait permettre l'amélioration de cette éthique.
Des normes erronées peuvent ainsi empêcher toute recherche et tout progrès qui aurait pu faire évoluer positivement l'éthique et la connaissance.

Par ailleurs, il existerait des problèmes collatéraux :

– On peut alors supposer que le respect des ces normes erronées induit vraisemblablement au niveau social et humain un certain nombre de problèmes réels.

– Ces problèmes réels, méconnus, ne seront sans doute jamais ni identifiés, ni résolus.

– Les conséquences visibles de ces problèmes auront une forte probabilité d'être attribué à une autre cause.

– On attribuera à cette cause, qui est en fait sans objet, un statut de problème et on engagera des actions de remédiation.

– On observe alors le paradoxe suivant : le problème réel reste inconnu et continue de provoquer des torts, et on crée de toute pièce un autre problème qui ne devient problème que parce qu'il est institué comme tel (problématisation).

– Ce nouveau problème provoquera également des torts humains et sociaux.

En conclusion quelque peu surréaliste, on peut dire qu'il est tout à fait possible qu'un certain nombre des actions et des valeurs actuelles, subjectivement perçue comme "éthiques", soient en fait objectivement "immorales" et à l'origine d'une part, de problèmes réels, et, d'autre part, de la pérennité de ces problèmes.

Nécessité de la transgression

En fonction des arguments développés ci-dessus, il semble tout à fait justifié et nécessaire de transgresser les normes éthiques et morales dans l'objectif, d'une part, de vérifier la pertinence du fondement et de la validité de ces normes, et, d'autre part, de pouvoir résoudre certains problèmes humains et sociaux.

En fait, il semble que le véritable problème ne soit pas la transgression des normes éthiques et morales, mais les limites à donner à ces recherches menées en dehors de tout cadre préétabli.

g - Les limites éthiques ultimes de la recherche

En s'affranchissant des normes établies, apparaît alors la possibilité de pouvoir tout justifier au nom de la Connaissance et de la Vérité.

Quelles limites peut-on donner ?

La problématique de provoquer volontairement des situations a priori préjudiciables est extrêmement délicate.

Elle ne résulte pas d'une volonté délibérée de nuire, mais de l'existence de problèmes réels et irréductibles.

Problèmes irréductibles

Il semble exister quelques situations irréductibles où il est impossible d'avoir de meilleures, ni même de bonnes solutions acceptables. Dans certain cas, quoi qu'on fasse, des problèmes majeurs demeurent : quelle serait alors la moins mauvaise solution, quelles seraient les limites extrêmes, peut-être immorales (ou amorales ?), mais qui permettraient malgré tout de progresser ?

Situations extrêmes

Parmi les nombreuses situations expérimentales contraires aux normes éthiques contemporaines, celle qui serait la plus extrême, celle qui situerait le mieux le problème, l'exemple paradigmatique serait :

– Le "sacrifice" expérimental d'un nombre limité de personne peut-il être "justifié" par l'éventuelle découverte de connaissances importantes, ou par l'éventuelle amélioration de l'existence d'un grand nombre d'autres personnes ?
A noter que cette situation la plus extrême n'est pas la plus fréquente. Dans beaucoup de cas, il est possible de mener des recherches alternatives ou de trouver des solutions moins extrêmes. Mais, dans un nombre limité de cas, ce genre de question se pose réellement et il semble nécessaire de ne pas l'occulter, d'y apporter toute la réflexion nécessaire ainsi que des éléments de réponse.

La question "taboue"

Cette question des limites extrêmes peut être perçu comme étant extrêmement dérangeante, comme étant la transgression d'un "tabou" fondamental, comme étant un "crime" si terrible que le seul fait de poser cette question est déjà en lui même un "sacrilège" impardonnable.

Peut être vaudrait-il mieux ne jamais poser ce genre de question.

Peut-être vaut-il mieux, prudemment, ne dire et ne faire que ce qui est considéré comme "éthique", et, discrètement, comme cela a déjà été fait, expérimenter à leur insu sur des pauvres, des prisonniers ou des populations du tiers-monde ?

Néanmoins il semble à l'auteur que cette position ne soit ni éthiquement ni scientifiquement pertinente et défendable.

Il est des problèmes inhérent à la condition humaine. Il existe des situations quasi inextricables. Les nier ou les occulter ne peut les résoudre. Il semble nécessaire de se confronter aux problèmes afin de progresser et de pouvoir éventuellement les résoudre.

C'est aussi une question de responsabilité et d'honnêteté intellectuelle.

Quelles limites, quels repères peut-on alors se donner ?

d - L'absence de réponses satisfaisantes

Il ne semble pas exister de solutions parfaites, ou, à défaut, honorables. Ici comme ailleurs, ce qui semble le plus réaliste et le plus approprié serait de choisir ce qui est considéré comme étant la moins mauvaise solution.

Une limite possible serait d'interdire toute expérimentation qui risquerait de porter atteinte à l'intégrité de l'organisme du sujet ?

Mais comment savoir a priori que telle ou telle recherche pose réellement un problème ?

Doit-on alors appliquer le principe de précaution, et suspendre toutes les recherches que l'on croit susceptibles de porter atteinte à l'intégrité d'un sujet ?

Mais peut-on progresser en ne réalisant que des recherches qui ne posent aucun problème, ni aux individus, ni aux animaux ou à l'environnement ?

Solutions de moindre faillibilité

Dans un objectif de progrès scientifique et éthique, la solution de moindre faillibilité serait, d'une part, d'utiliser toutes les données connues, quelque soit leur origine, et d'autre part, d'effectuer de nombreuses recherches, contrôlées et raisonnées, dans tous les domaines, même ceux considérés comme contraire à l'éthique.

Les axes clés que l'on pourrait retenir seraient :

– De créer des institutions officielles chargées de réfléchir à toutes les problématiques extrêmes (eugénisme, euthanasie, expérimentation humaine, ...), et de mener des recherches et des débats dans un cercle le plus large possible.

– D'utiliser en priorité toutes les solutions alternatives (modélisation informatique, expérimentation animale, ...).

– De se donner les moyens d'analyser le bien fondé et la nécessité de l'expérimentation, les conséquences positives et négatives, ainsi que d'évaluer au mieux le rapport dommage/gain.

– D'être le plus clair et honnête possible, avec toutes les personnes participantes et/ou impliquées dans la réalisation des expérimentations. De ne réaliser ces expérimentations qu'avec des personnes donnant leur consentement éclairé (mais cf. l'illusion du "libre choix", du "consentement éclairé").

– D'avoir un suivi et une attention toute particulière pour les personnes qui risqueraient une atteinte de l'intégrité de leur organisme.

Il semble que pour toute recherche, la référence éthique fondamentale devrait toujours être de favoriser au mieux le meilleur développement de la vie en général, et de la vie humaine en particulier.

Néanmoins et malheureusement, dans un certain nombre de cas que l'on s'efforcera de limiter au maximum, il semble inévitable de devoir procéder à des expérimentations préjudiciables. Les limites ultimes, vraisemblablement à définir au cas par cas par de "froids" calculs sans doute approximatifs et quelque peu "monstrueux", seraient de ne pas causer de préjudices plus important que ceux du problème à résoudre.

Remarques

Conscient que cette solution concernant les limites éthiques ultimes de la recherche n'est guère satisfaisante, les propositions et les remarques des lecteurs à cette problématique sont les bienvenues.


I - Concepts éthiques et moraux connexes

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction : 1 / 5 ]

L'objectif de ce chapitre est de réexaminer un certain nombre de principe moraux et, le cas échéant, de leur réattribuer une nouvelle valeur en fonction des référents de l'éthique humaniste.

a - Altruisme / égoïsme

Questions ouvertes

– L'altruisme et l'égoïsme sont-ils des caractères moraux importants ? Ou plutôt, ce à quoi revoie la notion d'altruisme ou d'égoïsme est-il important ?

– Que signifie la notion d'altruisme ?

– Que signifie la notion d'égoïsme ?

Discussion

Il semble que les notions morales d' "altruisme" et d' "égoïsme" ne puissent être des référents de première importance. Il semble de surcroît que ces notions ne correspondent guère à la réalité de la dynamique psychologique de l'être humain et que la volonté de vouloir imposer à tout prix ces attitudes morales apporte plus de problèmes que de solutions.

La nature des actions humaine semble d'être mues par des motivations ayant leur origine dans des intérêts liées au vécu physiologique et affectif de l'organisme.

Il conviendrait donc de mettre en place et de favoriser des situations sociales positives, mais extrêmement motivantes car fondées sur des intérêts personnels.

Exprimé de manière morale, on favoriserait des situations d'intérêt collectif motivées par un "intérêt égoïste bien calculé".

b - Égalité

Questions ouvertes

– L'égalité est-elle importante ? Ou plutôt, ce à quoi revoie la notion d'égalité est-il important ?

– Que signifie la notion d'égalité ?

– Est-il réellement fonctionnel et pertinent de donner à chacun la même chose ?

Discussion

Il semble que la notion d' "égalité" ne puisse être un référent de première importance.

Il semble que ce qui soit important n'est pas tant la notion d' "égalité", c'est-à-dire que chacun ait la même chose, mais plutôt la notion d' "adéquation", c'est-à-dire que chacun reçoive ce dont il a besoin.

g - Respect

Questions ouvertes

– Le respect est-il important ? Ou plutôt, ce à quoi renvoie la notion de respect est-il important ?

– Que signifie la notion de respect ?

– Qu'est-ce qui permet de savoir ce qui doit être respecté ?

Discussion

Il semble que la notion de "respect" ne puisse être un référent de première importance.

En effet, il semble que ce qui soit important n'est pas la notion de respect en elle même, en tant que prescription absolue, ce qui impliquerait alors le respect inconditionnel de toute chose, mais un respect soumis à l'évaluation de référents supérieurs.

En fonctions de ces référents supérieurs, certains choses sont à respecter et d'autres, au contraire, ne doivent en aucun cas l'être.

Ce qui est important ne serait pas tant le respect que ce qui permet de savoir ce qui doit être respecter et ce qui ne doit pas l'être.

Il semble donc absolument nécessaire de clarifier les niveaux des référents et les échelles de valeur, afin de pouvoir situer les différents éléments les uns par rapport aux autres, et de comprendre les relations logiques et cohérentes qui existent entre eux.

Les référents premiers seraient l'intégrité de l'organisme, l'adéquation avec la Réalité et la socialisation. Et c'est à partir de ces référents que serait évalué ce qui serait à "respecter" et ce qui ne devrait pas l'être.


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