D - Définition du concept de "dysadéquation"

A.1 - "Dysadéquation"

[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction du sous-chapitre : 2 / 5 ]

La maladie et la souffrance psychique sont des états de pénibilité, invalidants et ayant un coût social et humain non négligeable.

L'hypothèse générale de ce chapitre est qu'il existerait de très nombreuses situations qui menacent la santé mais qui le plus souvent ne seraient pas perçues comme problématiques. En effet, de nombreuses pathologies ont des causes multiples, additives, indirectes, et qui s'inscrivent dans la durée.

Pour ces raisons, il semblerait nécessaire de recenser de façon quasi exhaustive toutes les situations qui peuvent altérer l'état de santé, tant physique que mentale :

– Immédiatement, à court, moyen, long, voire très long terme.

– Directement ou indirectement (par le biais de l'alimentation, de l'environnement, de l'habitat ou des relations sociales et affectives).

Il est proposé d'appeler "dysadéquation" l'ensemble des états où existe une altération, actuelle ou future, de l'intégrité de l'organisme.

Les états de dysadéquation ne seraient pas tous des états de maladie : certains comportements "dysadéquats", acquis en raison de particularités culturelles, ne seraient aucunement pathologique mais induiraient les conditions d'une pathologie future.

Grâce aux connaissances scientifiques, actuelles ou nouvelles, il serait possible de caractériser ces états où l'intégrité de l'organisme est altéré ou menacé. Ces mêmes connaissances permettraient de diagnostiquer le type exact de dysadéquation et d'apporter ainsi la remédiation la plus adaptée possible.

a - Maladie, "dyspathie" & "dyspraxie"

Figure A6-SM-D : "Dysadéquation" réduit

Le premier critère, fondamental, qui serait le signe d'un éventuel état de dysadéquation, serait la mise en évidence d'une altération, actuelle ou future, de l'intégrité de l'organisme.
( Partie a, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

Les critères ultérieurs et successifs qui permettraient de distinguer les différents types de dysadéquation seraient :
( Partie b, c, d & e, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

– La présence ou non d'une altération fonctionnelle, provoquée par des facteurs objectifs.

– La présence ou non d'une dysévolution fonctionnelle.

– La présence ou non d'une altération fonctionnelle, déduite à partir de modèles théoriques.

– La nature émotionnelle ou cognitive de la dysévolution fonctionnelle.

– La présence ou non d'un conditionnement ou d'un apprentissage dysadéquat.

– Et, facteur distinct des précédents, l'influence des "métadéterminants" sociaux ou écologiques.

Remarques

La carence des besoins somatiques, les dysrégulations et les dysadaptations, qui sont également des états de dysadéquation, ne sont pas traités dans ce chapitre car les problèmes qu'ils provoquent sont actuellement relativement bien caractérisés.

a - L'intégrité de l'organisme

L'état de dysadéquation existerait dès la mise en évidence d'une altération, même future, de l'intégrité de l'organisme.
( Partie a, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

Le critère d'intégrité de l'organisme se définirait de la manière suivante :

– L'intégrité somatique serait lésée dès la non satisfaction d'un besoin somatique, le dysfonctionnement d'un système ou la destruction d'un tissus de l'organisme.

– L'intégrité psychique serait lésée dès la non satisfaction d'un besoin neurostructurel ou psychique, ou le vécu trop intense d'une émotion, en général négative.

Ce critère clé des états de "dysadéquation" ne semble pouvoir lui aussi être définit de manière indiscutable. Pour certains cas, en particulier les atteintes ou altérations du psychisme, il semble plus exister un continuum qu'une limite bien définissable.

Dans le cas d'une altération de l'intégrité de l'organisme, la distinction entre les états de "maladie", nécessitant une remédiation thérapeutique, et les états de "dyspraxie", nécessitant une remédiation plutôt rééducative, se ferait à partir de critères objectifs ou à partir d'un faisceau de critères convergents.

b - Présence de critères objectifs : Maladie

Dans certains cas de dysadéquation, il est possible de mettre en évidence des critères physiopathologiques objectifs, matériels et structurels, indiquant l'existence fortement probable d'un état de maladie : présence d'un organisme étranger pathogène (virus, bactérie, …), lésion organique, absence ou anomalie d'une molécule (maladies génétiques).
( Partie b, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

g - Absence de critères objectifs : dysévolution fonctionnelle

D'autres cas de dysadéquation correspondrait à ce que l'on pourrait définir par le terme de "dysévolution fonctionnelle".
( Partie c, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

Une dysévolution fonctionnelle correspondrait à l'évolution dynamique de certains processus fonctionnels, sans aucune altération structurelle, vers un état qui n'est plus compatible avec le maintien de l'intégrité de l'organisme.

Cette dysévolution fonctionnelle serait possible en raison de la relative plasticité intrinsèque des structures biologiques, et tout particulièrement de la plasticité du système nerveux.

La dysévolution fonctionnelle pourrait prendre trois grandes formes, la maladie, la "dyspathie" ou la "dyspraxie" :

– L'état de maladie existerait dès qu'un processus dysévolutif s'écarte des valeurs compatibles avec le maintient de l'intégrité somatique.
( Partie d, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

– L'état de dyspathie existerait dès la perception d'une sensation émotionnelle négative, et tout particulièrement lorsque cette sensation devient chronique et intense.
( Partie e, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

– L'état de "dyspraxie" existerait dès qu'un comportement n'est plus compatible avec le maintient de l'intégrité de l'organisme.
(Les processus de traitement de l'information inducteurs du comportement sont fonctionnels, non pathologiques, mais dysévolutifs : le résultat du traitement de l'information est "dysadéquat". Le comportement n'est pas provoqué par une maladie mais résulte d'un conditionnement ou d'un apprentissage "dysadéquat".)
( Partie f & g, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

d - Effets des "dyspraxies"

Les effets des dyspraxies seraient directs, ou indirects via l'environnement social ou écologique.

Effets direct

Les dyspraxies directes engloberaient toutes les situations où l'action dyspraxique du sujet provoqueraient directement une altération de l'intégrité de l'organisme :
( Partie h & k, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

– Des gestes ou des postures inadéquats et répétés entraînant des altérations de l'appareil musculo-squelettique.

– Le non respect de l'équilibre alimentaire ou la consommation d'aliments ou de boissons ayant un degré de toxicité.

– Des communications verbales agressives génératrices de stress et de souffrance psychique.

– ...

Effets indirects : micro-environnement social et affectif

Les dyspraxies indirectes liées à l'environnement social immédiat du sujet engloberaient toutes les situations où l'action dyspraxique du sujet induirait un type de dynamique relationnelle interpersonnelle qui provoquerait au cours du temps une altération de l'intégrité de l'organisme :
( Partie i, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

– Dans une équipe de travail, un mode de fonctionnement qui ne tient pas compte de la dynamique des groupes restreints est susceptible d'induire des états de conflits interpersonnels ou des états de type dépressif.

– Des attitudes relationnelles qui ne tiennent pas compte des besoins psychiques sont susceptibles d'induire des états de souffrance psychique.

– ...

Effets indirects : micro-environnement écologique et matériel

Les dyspraxies indirectes liées à l'environnement écologique ou matériel immédiat du sujet engloberaient toutes les situations où l'action dyspraxique du sujet induirait un contexte environnemental défavorable provoquant une altération de l'intégrité de l'organisme :
( Partie j, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )

– Structure inadaptée de l'habitat : mauvais agencement des locaux, bruits, humidité, substances toxiques (plomb, peintures, ...) ou autres, pouvant provoquer des pathologies.

– Plantation dans un potager de végétaux contenant des substances allergènes.

– ...

d - Métadéterminants

Les métadéterminants dysadéquats, écologiques ou sociaux, sur lesquels le sujet isolé ne peut agir, seraient un facteur important de l'altération de l'organisme.
( Partie l, m & n, figure A6.2-SM-D "Dysadéquation" )


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