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E - Étapes du développement du comportement érotique : la chronologie des facteurs

Ce sous-chapitre a comme objectif de comprendre et d'expliquer les principales étapes du développement du comportement érotique. Les hypothèses les plus plausibles de la chronologie du développement sont présentées.

Périodes du développement

Le développement du comportement érotique comporterait six étapes principales :

– Une période "préliminaire".

– Une éventuelle période de "latence".

– Une période d' "initiation".

– Une période de "diversification".

– Une période de "préférenciation".

– Une période d' "involution".

Figure 4 Développement du comportement érotique réduit

a - Période préliminaire

La première période relative au développement du comportement érotique serait la période dénommée "préliminaire".

Partie 1 Figure 4 Développement du comportement érotique réduit

Le substantif "préliminaire" a été choisi car cette période est une phase préliminaire, où n'existe aucune activité érotique, mais qui est nécessaire et préalable au développement de ce comportement.

Cette période préliminaire correspondrait à la maturation fonctionnelle des processus psychobiologiques "initiateurs" d'ÉMOI ÉROTIQUE, d'ORGASME, de RENFORCEMENT et de CAUSALITÉ. Ces processus sont absolument nécessaires pour que le développement du comportement érotique puisse débuter.

Il semble que cette période s'étendrait sur les trois premières années après la naissance.

À la fin de la période préliminaire, vers l'âge de trois ans, les processus fondamentaux liés au plaisir physique intense sont fonctionnels et le développement du comportement érotique peut débuter, ou, plus exactement, est potentiellement en mesure de se développer si le contexte culturel le permet.

Données ethnologiques

Les observations ethnologiques, provenant de sociétés où l'expression du comportement érotique chez les enfants est permise ou favorisée, sont concordantes avec ces données psychobiologiques. 1 , 2 , 3

Remarques

Certains phénomènes connexes pourraient éventuellement être inclus dans la période préliminaire :

– Les expériences somatosensorielles anté- et périnatales : il semblerait que ces expériences aient une influence dans le développement ultérieur du comportement érotique.

– Les processus "modulateurs" : ces processus (coordination motrice, exploration, conditionnements, catégorisation, imitation, signification, ...), qui deviennent progressivement fonctionnels durant les quatre premières années après la naissance, influencent le développement du comportement érotique.

b - Période de latence

La seconde période relative au développement du comportement érotique serait la période dénommée de "latence".

Partie 2 Figure 4 Développement du comportement érotique réduit

Le substantif "latence" a été choisi car cette période est une phase où le développement du comportement érotique est latent, c'est-à-dire qu'il ne s'effectue pas mais qu'il est susceptible de commencer à tout moment.

Cette période de latence correspondrait à l'effet inhibiteur de certains types de contextes culturels, défavorables à l'expression du comportement érotique durant l'enfance ou l'adolescence.

La durée de cette période serait comprise entre zéro et une dizaine d'années, au maximum.

Données ethnologiques

Les observations ethnologiques montrent que le comportement érotique ne se développe pas systématiquement dès la fin de la période préliminaire. 1

Le contexte culturel devient prépondérant à cette période. Lorsque les attitudes sociales empêchent le développement du comportement érotique, on observe une période de latence où n'existe quasiment aucune activité érotique chez l'enfant.

À partir de l'âge où l'enfant (ou l'adolescent ou le jeune adulte) est censé avoir une activité érotique, on observe alors une reprise du développement de ce comportement.

Remarques importantes

La période de latence serait potentielle. S'il n'existe aucune restriction culturelle à l'expression du comportement érotique, cette période n'existerait pas. 1

Par ailleurs, il semble que la période de latence est souvent sélective, c'est-à-dire qu'elle ne concerne que certaines activités érotiques (celles culturellement prohibées), tandis que les activités socialement acceptées se développent normalement.

Autres remarques

La durée de la période de latence est variable, plus ou moins longue, en rapport étroit avec les croyances sociales. Mais il semble néanmoins que les interdits culturels ne peuvent empêcher indéfiniment le développement du comportement érotique.

Au cours des premières années de la vie, l'enfant et surtout l'adolescent expérimente quasi inéluctablement au hasard de ses activités des expériences de plaisirs physiques intenses (au minimum autoérotique) et/ou accède à des informations relatives à des activités érotiques.

Les interdits sociaux, même extrêmement stricts, ne pourraient que retarder et/ou rendre moins visible le développement du comportement érotique, mais ne pourraient le supprimer complètement.

c - Période d' "initiation"

La troisième période relative au développement du comportement érotique serait la période dénommée d' "initiation".

Partie 3 Figure 4 Développement du comportement érotique réduit

Le néologisme "initiation" a été choisi car cette période est la phase où le développement du comportement érotique commence, et, étymologiquement, initiare en latin signifie "commencer".

La période d'initiation correspondrait à des modifications psychiques permettant le commencement du développement du comportement érotique.

Cette période aurait une durée variable, de l'ordre de quelques semaines à plusieurs mois, en fonction du contexte, de l'âge et des expériences érotiques du sujet.

La période d'initiation comprendrait trois stades cognitifs, successifs, qui modifieraient la dynamique psychique du sujet. Les phénomènes neurobiologiques de la période d'initiation créerait un état de motivation psychique, volontaire et délibéré, de recherche du plaisir physique.
L'existence d'une motivation psychique de recherche du plaisir physique est un facteur absolument nécessaire, d'une part, à la répétition des activités érotiques, et, d'autre part, à la poursuite et à la continuité du développement de ce comportement.

Les trois stades cognitifs de la période d'initiation seraient :

– Le stade sensoriel.

– Le stade causal.

– Le stade intentionnel.

Stade sensoriel : Premières sensations érotiques

Le facteur déclencheur du développement du comportement érotique serait les tout premiers contacts physiques provoquant l'activation des sensations d'émoi érotique.

À noter que les sensations d'émoi érotique peuvent être provoquées par de nombreuses situations qui, pour la majorité, ne sont pas "sexuelles" (par rapport au sens occidental du terme). Comme exemple classique on peut donner l'intimité physique et le contact peau à peau du nourrisson avec sa mère au cours de la tétée.

En général, il semble que ces premiers contacts physiques intenses aient lieu entre le nourrisson et le parent qui s'occupe de lui.

En général la mère et, dans les sociétés occidentales, le plus souvent au cours de la tétée, des soins corporels ou des marques physiques d'affection (caresses, étreintes, ..).
À noter que si les contacts avec le nourrisson sont "mécaniques", "froids" et sans "affection", il n'existerait aucune sensation de plaisir physique intense et le comportement érotique ne s'initierait pas à cet âge.

Les premières sensations hédoniques intenses peuvent également être découvertes plus tard, après l'âge de deux ans, par l'intermédiaire de l'exploration et/ou de la stimulation sensuelle du corps (pas nécessairement des organes sexuels), au cours de contacts physiques intimes avec des camarades ou au cours de "jeux" dits "sexuels".

À ce stade on ne peut guère parler de "comportement érotique". Le jeune enfant ressent de temps en temps, au hasard des situations, des sensations hédoniques qui seraient graduellement plus distinctes, mieux perçues et identifiées. À ce stade, l'enfant est surtout un récepteur passif d'intenses sensations plaisantes qu'il découvre.
Plus nombreuses seraient ces sensations, plus rapide serait l'apprentissage et plus court serait ce stade.

À partir de ce stade, le jeune enfant a vécu et expérimenté des sensations érotiques et pourrait alors avoir des souvenirs et un imaginaire érotiques et ressentir du désir érotique.

Il semblerait que le comportement érotique ne se développe qu'à partir des premières sensations de plaisir physique intense. À l'extrême, si ces sensations ne sont vécues qu'à vingt ou trente ans par exemple, le comportement érotique ne se développerait qu'à partir de la vingtième ou trentième année.

Stade causal : Compréhension de la cause à l'effet

Un autre stade clé de la période d' "initiation" serait la compréhension du lien de cause à effet entre certains types de stimulations physiques et les sensations de plaisirs intenses.

Il semble que l'enfant soit capable d'inférence causale vers l'âge de deux ou trois ans. Lorsque cette capacité cognitive est fonctionnelle, le stade causal débuterait dès les premières expériences de sensations érotiques.

Plus jeune, le nourrisson ou l'enfant ressentirait du plaisir, mais ne pourrait comprendre les actions qui le provoquent. Il ne pourrait donc agir intentionnellement pour reproduire ce plaisir. Le comportement érotique ne pourrait continuer à se développer avant la maturité de la capacité cognitive de causalité.

Le stade causal serait bref, de l'ordre de quelques jours, et débuterait au plus tôt à l'âge de deux ou trois ans, ou plus tard, voire à l'adolescence, en fonction de l'âge où sont vécues les premières sensations érotiques postérieures à la capacité d'inférence causale.

À partir de ce stade, le sujet a compris que certaines des stimulations physiques qu'il a vécues provoquent des sensations très agréables, et il est alors en mesure de pouvoir les rechercher volontairement et délibérément.

Stade intentionnel : Recherche délibérée du plaisir érotique

Le dernier stade de la période d' "initiation" est le stade intentionnel. Ce stade correspondrait à un nouvel état psychologique, conscient, où existe une motivation de recherche volontaire et délibérée du plaisir érotique.

Il semble que ce soit seulement à partir ce stade que l'on puisse réellement qualifier ce comportement de "comportement érotique".

d - Période de diversification

La quatrième période relative au développement du comportement érotique serait la période dénommée "diversification".

Partie 4 Figure 4 Développement du comportement érotique réduit

Le substantif "diversification" a été choisi car cette période est une phase de diversification des activités qui procurent du plaisir physique intense.

La période de "diversification" correspondrait, en fonction du profil psychologique, des connaissances du sujet et des prescriptions ou interdictions culturelles, à une recherche exploratoire des possibles érotiques.

Plus le contexte culturel serait favorable, plus le sujet aurait de connaissances relatives au plaisir érotique et plus ses activités érotiques se diversifieraient : activités masturbatoires, coïtales vaginales et anales, orales ou oro-génitales, variation des positions, du genre et du nombre des partenaires, etc.

Cette période pourrait s'étendre, en fonction du contexte culturel, de l'âge de cinq ans environ jusqu'au début de la vieillesse, avec une phase privilégiée entre 15 à 25 ans. Cette phase privilégiée correspondrait à la phase maximale de l'activité générale de l'organisme humain.

e - Période de "préférenciation"

La cinquième période relative au développement du comportement érotique serait la période dénommée "préférenciation".

Partie 5 Figure 4 Développement du comportement érotique réduit

Le néologisme "préférenciation" a été choisi car cette période est une phase où se forment des "préférences érotiques".

La période de "préférenciation" correspondrait, en fonction des expériences érotiques du sujet et de son vécu affectif, à la formation, par conditionnements aversifs, appétitifs et culturels, de stimuli érotiques préférentiels.

Au cours du temps, avec la multiplication et la diversification des activités érotiques du sujet, certaines de ces activités, celles qui procureraient le plus de plaisirs et de gratifications, deviendraient préférentielles.

Cette période, immédiatement consécutive puis simultanée à la période de diversification, s'étendrait sur les mêmes durées, entre l'âge de cinq ans environ jusqu'au début de la vieillesse. Il pourrait exister une phase sensible dans l'enfance en raison du plus grand impact des conditionnements à cet âge.

f - Période d' "involution"

La sixième période relative au développement du comportement érotique serait la période dénommée "involution".

Partie 6 Figure 4 Développement du comportement érotique réduit

Le substantif "involution" a été choisi car cette période est une phase de diminution et de retour des activités et de la motivation érotiques au niveau initial.

La période d' "involution" correspondrait au déclin des fonctions physiologiques et neurophysiologiques, entraînant une diminution des capacités physique ainsi qu'une diminution du désir érotique.

Cette période correspondrait à la vieillesse, et s'étendrait de l'âge de 60-80 ans jusqu'à la mort.


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