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F - Maturité

La période de maturité du comportement érotique correspondrait à une période où le sujet a accumulé suffisamment de connaissances et d'expériences érotiques pour avoir des activités hédoniques intenses, adaptées et gratifiantes. La période de maturité correspondrait également, au niveau psychobiologique, à la fin du développement d'abstractions, de catégorisations, de représentations, de significations et de symboles liés à l'activité érotique.

L'âge auquel une personne accède à la maturité érotique est variable suivant le contexte culturel et suivant ses expériences singulières. Au plus tôt vers l'âge de 15 ans dans les sociétés les plus favorables, et vers la trentaine dans les sociétés plutôt prohibitives. La période de maturité érotique durerait ensuite jusqu'à la vieillesse, vers 60-80 ans, âge où le déclin des fonctions physiologiques ne permettrait plus au sujet d'avoir une activité érotique optimale.

A la maturité, en fonction de son vécu singulier, chaque sujet aurait une perception très subjective et personnelle de l'activité érotique. Cette perception subjective ne correspondrait que très approximativement à la réalité psychobiologique et aurait les caractéristiques suivantes :

– Il semble que les activités érotiques qu'une personne aura connues et observées au cours des vingt premières années de sa vie seraient subjectivement considérées comme "naturelles" et "évidentes" (même si ces activités sont très éloignées du coït hétérosexuel : sadomasochisme, zoophilie, ...).

– Il semble que les types d'activités érotiques les plus fréquents du groupe culturel d'appartenance d'une personne seraient subjectivement considérés comme les plus "normaux".

– Il semble que l'activité érotique d'une personne serait fortement influencée par sa propre expérience du plaisir. Chaque personne aurait une activité érotique organisée autour du type de pratique qui lui procure le plus de plaisir ("Préférences érotiques" : préférence pour la zone orale, vaginale, anale, préférence pour un certain type de partenaire(s) et d'activités, ...).

– Il semble que chaque personne ne pourrait percevoir que le plaisir et le désir liés à sa propre expérience érotique, et ne pourrait se représenter le plaisir et le désir liés à d'autres types d'activités érotiques. (une personne n'ayant que des activités hétérosexuelles ne pourrait avoir un désir homosexuel ; à moins que la personne du même sexe présente des caractéristiques du sexe opposé).

Ouvrages complémentaires

Le sous-chapitre "Maturité" est volontairement court, dans la mesure où l'essentiel du développement est terminée. Les ouvrages suivants détaillent à l'âge adulte les caractéristiques du comportement érotique :

Caractéristiques physiologiques :

¨ "Human Sexual Response", de William H. Masters & Virginia E. Johnson • Boston, Little, Brown, 1966 / "Les réactions sexuelles" • Paris, Laffont, 1968

Caractéristiques psychosociologiques :
(à noter que ces caractéristiques sont valables essentiellement pour des sociétés occidentales)

¨ "Sexual behavior in the human male", de Alfred C. KINSEY, Wardell B. POMEROY & Clyde E. MARTIN • Philadelphie, Saunders, 1948 / "Le comportement sexuel de l'homme" • Paris, Éditions du Pavois, 1948

¨ "Sexual behavior in the human female", de Alfred C. KINSEY & al. • Philadelphie, Saunders, 1953 / "Le comportement sexuel de la femme" • Paris, Amiot-Dumont, 1954

¨ "Les joies du sexe", de Alex COMFORT • Arthaud 1992


G - Idéation érotique

Il semble que les idéations érotiques (ou l'imagerie érotique) ne puissent exister avant que le sujet n'ait ressenti des sensations érotiques.

Il semble également que les idéations érotiques d'un sujet soient très dépendantes d'une part, de ses préférences érotiques (principalement), et, d'autre part, de ses expériences érotiques singulières (secondairement).


H - Identité, orientation & rôle "sexuels"

Identité de genre (identité sexuelle)

L'identité de genre, c'est-à-dire le fait de se définir comme étant un être masculin ou féminin proviendrait plus d'une construction culturelle que d'un déterminisme inné, dans la mesure où des observations ethnologiques montrent qu'il peut exister plus de deux catégories de genre 1 et que le genre génétique peut différer du genre culturel. 1

Par exemple, il existe des sociétés où les individus se définissent par rapport à trois genres (Berdache amérindiens et Hijras indiens). Ce troisième genre ne correspond guère ni au transsexualisme, ni à un nouveau genre biologique. Il semble donc s'agir d'une construction culturelle.

En synthèse de nombreuses études psychologiques, il semblerait que l'identité de genre soit acquise en fonction du genre culturel assigné par les parents, indépendamment du genre chromosomique, gonadique, génital ou hormonal.

Préférence érotiques (Orientation sexuelle)

L'orientation sexuelle, c'est-à-dire le choix du genre des partenaires érotiques, proviendrait plus d'une influence et d'une construction culturelle que d'une structure cérébrale ou psychique innée. Ce concept ne semble d'ailleurs guère correspondre à la dynamique du comportement érotique et il conviendrait mieux d'utiliser le concept de "préférences érotiques", qui traduirait de manière plus satisfaisante le choix des partenaires.

Les concepts d'hétérosexualité, d'homosexualité ou de bisexualité ne semblent pas avoir de pertinences réelles, dans la mesure où il semble que chaque individu, en fonction de ses expériences érotiques et des normes culturelles de son groupe d'appartenance, développe des préférences érotiques qui recouvrent des modalités sensorielles (préférences pour des odeurs, préférences pour des sensations gustatives, préférence pour des formes visuelles, préférences pour des sensations tactiles, ...) ou des caractéristiques psychologiques (préférence pour des attitudes libertines, préférence pour des caractères énergiques, préférence pour des tempéraments passionnés, ...), préférences qui ne recoupent pas la séparation homme/femme.
Par ailleurs, il convient de noter que dans un contexte culturel où les relations érotiques duelles (en couple, par deux) sont le modèle dominant, la distinction activité hétérosexuelle/homosexuelle s'impose de façon évidente. Par contre, dans le cadre d'activités avec simultanément plusieurs partenaires (en groupe), il est bien plus difficile de catégoriser des activités hétéro ou homosexuelles. On pourrait dire que les notions d'hétérosexualité et d'homosexualité se "diluent" avec l'augmentation du nombre des partenaires ...
De surcroît, il semble qu'une personne ne puisse être hétérosexuelle (ou homosexuelle, ou bisexuelle), c'est à dire avoir une structure cérébrale ou psychologique spécifique à son orientation sexuelle (cf. les hypothèses classiques génétiques ou hormonales, où par exemple les homosexuels ont un corps d' "homme" et un cerveau de "femme" - ou vice versa). Par contre, une personne peut acquérir des préférences hétérosexuelles (ou homosexuelles, ou bisexuelles) qui peuvent être plus ou moins typés et exclusives. Par exemple un homme peut réagir exclusivement à des pénis, des corps musculeux, des attitudes viriles et des visages barbus : ses préférences érotiques sont alors "homosexuelles" strictes. Une femme peut réagir à des attitudes libertines, à un caractère enjoué et attentionné, à des formes corporelles minces, aux fesses et à des couleurs de cheveux claires : ses préférences érotiques sont alors "bisexuelles".

Plutôt qu'une "orientation sexuelle" assignée par la culture, il semble que chaque personne, en raison de la spécificité des processus de traitement de l'information, et en raison de son vécu érotique singulier, acquière des "préférences érotiques" qui lui sont propres, correspondant à des caractéristiques saillantes et régulières de ses partenaires et de ses états émotionnels.

Néanmoins, en raison de la prégnance du modèle culturel, et malgré le fait que personne ne soit réellement hétérosexuel/homosexuel (attiré que et par tous les individus du sexe opposé/identique), et que chacun ait des choix préférentiels de partenaires, chaque sujet se définit subjectivement en tant qu'hétérosexuel, homosexuel ou (bien plus rarement), bisexuel (car le concept de "bisexualité" ne fait pas réellement partie du modèle culturel dominant de la sexualité 1 ).

Par exemple un homme attiré préférentiellement par certaines caractéristiques féminines (qui peuvent se trouver chez des hommes et qui correspondent à seulement 25% de la population féminine) se définira quand même comme hétérosexuel, par référence à un modèle valorisé et qu'il connaît.

Il semble que les "préférences érotiques" objectives, résultantes de processus neuraux sous-corticaux (système limbique), soient réinterprétées par des processus néocorticaux et soient subjectivement perçues en concept culturel d' "orientation sexuelle" hétéro, homo ou, plus rarement, bisexuelle.

Rôle érotique (Rôle sexuel)

Le rôle érotique (ou sexuel), c'est-à-dire l'ensemble des comportements et des valeurs rattachées à l'identité sexuelle, semble, sans équivoque possible, être déterminé par des considérations culturelles.


I - Comportement érotique & (psycho)pathologie

Les problèmes de pathologie ou de psychopathologie liés à la pratique du comportement érotique sont de deux types : spécifiques et non spécifiques.

Figure 5 Comportement érotique & (psycho)pathologie réduit

a - Problèmes (psycho)pathologiques spécifiques

Les problèmes spécifiques sont des problèmes directement liés au comportement érotique, c'est-à-dire aux stimulations physiques du corps (caresses, étreintes, pénétrations vaginales ou anales).

On peut distinguer parmi les problèmes spécifiques des problèmes internes ou externes à l'organisme.

a - Problèmes spécifiques internes à l'organisme

Le seul type de problème interne à l'organisme qui semble être directement provoqué par la stimulation hédonique du corps serait la dépendance psychologique à l'activité érotique.

Néanmoins les cas d'addiction érotique, où le sujet est tellement obsédé par la recherche du plaisir érotique qu'il n'est plus en état de faire face aux nécessités du quotidien semblent être relativement rares, voire anecdotiques.

b - Problèmes spécifiques externes à l'organisme

Les problèmes spécifiques externes à l'organisme sont des problèmes liés aux "traumas somatiques", c'est-à-dire des lésions tissulaires des muqueuses, des tissus cutanés ou musculaires provoqués par des stimulations mécaniques trop intenses (en force ou en durée).

Ces blessures surviennent généralement lorsque l'activité érotique est inappropriée à la morphologie des partenaires (taille du pénis, dimension du vagin ou du rectum, diamètre de l'anus, ...). On peut donner comme exemples la pénétration d'un pénis de gros diamètre dans un anus de taille inférieure ou l'introduction d'objets volumineux (de type godemiché ou autres) ou du poing (fist fucking) dans le rectum.

D'autres blessures peuvent avoir comme origine des traumatismes volontaires (généralement des coups) lors des activités érotiques de type sadomasochiste.

Néanmoins il est à noter que ces traumatismes physiques sont en général (hormis certaines activités sadomasochistes) peu fréquents et relativement bénins.

b - Problèmes (psycho)pathologiques non spécifiques

Les problèmes non spécifiques sont des problèmes provoqués par des facteurs qui n'ont aucun lien direct avec les contacts physiques.

On peut distinguer parmi les problèmes non spécifiques des problèmes internes ou externes à l'organisme.

a - Problèmes non spécifiques internes à l'organisme

Les problèmes non spécifiques internes à l'organisme sont directement liés à des pathologies physiologiques, ou aux processus d' "attachement" et de "signification".

Pathologies (neuro)physiologiques

Le premier type de pathologies physiologiques sont les problèmes physiologiques ou neurophysiologiques périphériques : certaines dysfonctions érectiles, l'anorgasmie, l'éjaculation rétrograde, la dyspareunie, ...
Ces problèmes de pathologie nécessitent une consultation auprès d'un spécialiste, urologue ou gynécologue.

Le second type de pathologies physiologiques sont les problèmes neurophysiologiques centraux, où des altérations cérébrales provoquent divers troubles du comportement érotique.
Ces problèmes de neurophysiologie nécessitent une consultation auprès d'un spécialiste, psychiatre ou neurologue.

Comme autres pathologies qui peuvent avoir une incidence sur le comportement érotique, on peut citer les anomalies génétiques du développement.
Ces pathologies ne sont pas directement liées à l'activité érotique, mais certaines peuvent perturber l'activité érotique dans la mesure où des organes ou des processus peuvent être absents ou altérés, empêchant le sujet d'avoir une activité érotique "normale".

Attachement

Par rapport au processus d' "attachement", on constate que l'activité érotique induit fréquemment un attachement réciproque des partenaires chez de nombreuses espèces de mammifères. Chez l'Homme, lorsqu'il existe un attachement réciproque, la séparation des partenaires peut provoquer un syndrome de détresse qui se caractérise par une souffrance psychique qui peut être très intense.
À noter que dans ce cas, ce n'est pas l'activité érotique qui pose directement problème, mais la rupture de l'attachement.
(cf. le chapitre "Attachement")

Signification

Il semble que le processus de signification soit un processus crucial dans la dynamique psychique de l'être humain.
(cf. le chapitre "Signification")

Par rapport au processus de "signification", il semble que l'état psychique d'un sujet ayant eu des activités érotiques est principalement le résultat d'une appréciation cognitive basée sur le sens qu'il donne à ce qu'il a vécu.
Par exemple, un adolescent ayant eu une activité homosexuelle, même très agréable physiquement, peut finalement ressentir de la honte ou de l'anxiété s'il pense être "pédé" et être "malade".
Une femme ayant eu des activités érotiques épanouissantes avec un homme peut finalement en ressentir du dégoût si plus tard, en y réfléchissant, elle pense que le type d'activité qu'elle a eu (par exemple rapport anal et ingestion de sperme) est répugnant.
Au contraire, une adolescente ayant eu un premier rapport sexuel douloureux peut finalement en ressentir beaucoup de bonheur si elle pense qu'elle a trouvé l' "âme sœur" et qu'il est normal d'avoir mal lors d'un premier rapport.

Il semble que beaucoup de problèmes "psychologiques" apparemment liés à des activités érotiques dépendent en fait du contexte socioculturel et de la signification subjective que le sujet leur attribue.

À noter que dans ce cas, ce n'est pas l'activité érotique qui pose directement problème, mais la signification qui est donnée à cette activité érotique.

De plus, il semble qu'il n'existe pas de données indiquant que le comportement érotique puisse provoquer directement des troubles psychologiques.

b - Problèmes non spécifiques externes à l'organisme

Les problèmes non spécifiques externes à l'organisme sont des problèmes liés aux maladies sexuellement transmissibles (M.S.T.) ou aux agressions.

M.S.T.

Les problèmes consécutifs à des maladies sexuellement transmissibles (il en existe une vingtaine : syphilis, SIDA, chancrelle, candidoses, ...) ne sont pas des problèmes directement liés au comportement érotique, mais directement liés aux caractéristiques de l'agent pathogène. Les problèmes consécutifs à une MST sont du même type que ceux provoqués par n'importe quel autre type de maladies contagieuses.

Par ailleurs, les activités érotiques n'engendrent pas de MST ; c'est en ayant des activités érotiques avec un partenaire qui est déjà atteint par une MST que l'on peut contracter ce genre de maladie.

Agression sexuelle

Les problèmes consécutifs à une agression sexuelle ne semblent pas être des problèmes directement liés au comportement érotique. Quel que soit le type d'agression (au sens définit dans cet ouvrage, ici), qu'elle soit sexuelle ou non sexuelle, il semblerait que les problèmes observés soient similaires et dépendent des émotions intenses et négatives que le sujet ressent durant l'agression (terreur, douleur extrême, humiliation, ...).
(cf. le chapitre "comportement d'agression")

De plus, il semble qu'il n'existe pas de données indiquant que le comportement érotique puisse provoquer directement des troubles psychologiques. Il semble que ce soit les attitudes, les gestes et les mots spécifiques de l'agression (insultes, menaces, humiliation, contraintes physiques et psychologiques, coups, blessures, ...) qui provoqueraient tant les états émotionnels intenses et négatifs que les troubles psychologiques.

c - Conclusion

Il semblerait que les seuls problèmes réels qui soient directement liés à l'activité érotique seraient soit des traumatismes physiques généralement mineurs, soit un problème peu fréquent mais qui peut être majeur de dépendance au plaisir érotique (émoi érotique et/ou orgasme).

Il semblerait que tous les autres problèmes, quel qu'ils soient, concomitants ou apparemment liés au comportement érotique, ne seraient en fait que des problèmes indirects, ayant une autre origine que l'activité érotique.
En conséquence, ces problèmes ne pourraient être résolus que par des remédiations prenant en compte leurs causes réelles et non par des actions sur le comportement érotique.

En conclusion, l'activité érotique, c'est-à-dire la stimulation physique du corps destinée à provoquer du plaisir intense, ne provoquerait directement quasiment aucun problème notable de pathologie ou de psychopathologie.

Corrélats : voir le chapitre "Dynamique (psycho)pathologique"


J - Comportement érotique & dynamique psychosociologique

Questions ouvertes

– Quel est l'impact du comportement érotique sur la dynamique psychique du sujet adulte ?

– Quel est l'impact du comportement érotique sur la dynamique psychique du sujet en développement ?

– Quel serait l'impact de l'expérience ou de la non-expérience durant l'enfance et/ou l'adolescence du comportement érotique sur la dynamique psychique du sujet adulte ?

Éléments de réponse

D'après une étude transculturelle de J.W. Prescott portant sur 49 sociétés dites "préindustrielles", il semblerait que les sociétés où le plaisir physique est culturellement accepté, en particulier pour les enfants ou les adolescents, sont des sociétés où existe peu de violence physique. 1

Prescott a noté que les sociétés prohibant le plaisir somatosensoriel durant l'enfance et/ou l'adolescence présentent les caractéristiques sociales suivantes :

– Forte probabilité d'un statut inférieur de la femme.

– Forte probabilité d'un faible niveau d'affection envers les enfants.

– Forte probabilité de sévices physiques envers les enfants.

– Forte probabilité d'existence de l'esclavage.

– Forte probabilité d'existence de divinités plutôt agressives.

Au contraire, il semblerait que les sociétés tolérant le plaisir somatosensoriel durant l'enfance et/ou l'adolescence présentent les caractéristiques sociales suivantes :

– Faible probabilité de meurtre, d'acte de torture ou de mutilation des ennemis.

– Faible probabilité de sévices physiques envers les enfants.

– Faible probabilité de vol.

– Faible probabilité d'activité religieuse.

Bien qu'il semble difficile de conclure à un effet direct et simpliste entre plaisir physique et agression/attitudes dysfonctionnelles, ces observations demanderaient une réflexion plus approfondie.

Ces observations semblent mettre en évidence que la modification d'un comportement n'entraîne pas des modifications limitées uniquement à ce comportement, mais que la modification d'un comportement durant la période de développement entraînerait une réorganisation globale de la dynamique psychique et comportementale du sujet à l'âge adulte.


K - Intérêts de l'activité érotique

Quels sont les intérêts de l'activité érotique ? L'activité érotique est-elle nuisible, annexe ou facteur de progrès social ?

Il semble que l'activité érotique, c'est-à-dire la stimulation physique du corps destinée à provoquer du plaisir intense, puisse être un facteur de socialisation 1 et d'équilibre psychologique.

Il semblerait que le plaisir, et tout particulièrement le plaisir érotique, puisse être utilisé comme motivation intrinsèque à vivre et à agir avec les autres, à coopérer afin d'accroître le niveau de gratifications mutuelles.

De surcroît, il semble que l'activité érotique ne provoque aucune pathologie ou perturbation psychologique, et qu'elle soit économique et écologique.

Il semble que l'activité érotique pourrait être, sous réserve d'être intégrée éducativement et socialement, un puissant facteur de cohésion sociale et d'épanouissement individuel.


L - Conclusion

D'un point de vue strictement psychobiologique (c'est-à-dire en dehors des influences culturelles), il semblerait que l'organisme humain puisse acquérir un comportement érotique dès le plus jeune âge, à partir de la troisième année. Le désir érotique semble pouvoir s'exprimer envers différents types de partenaires, indépendamment de leur genre, leur nombre, leur âge, leur parenté, voire même de leur espèce.

Le comportement érotique ne serait ni un besoin inné, ni l'expression d'un instinct. Il peut, suivant le contexte culturel, se développer de différentes façons, voire ne se développer que de façon limitée.
Bien que le comportement érotique n'existe pas à la naissance, il ne peut que se développer, tôt ou tard. Inévitablement, chaque sujet expérimentera des stimulations somatosensorielles qui produiront du plaisir physique plus ou moins intense. Dès lors, le sujet cherchera à reproduire ces sensations, amorçant ainsi le développement du comportement érotique.

Par rapport au facteur culturel, suivant que le comportement érotique est favorisé ou non, l'individu peut avoir soit un comportement érotique dès les premières années, avec un répertoire complet avant l'âge de dix ans tels les enfants de certaines sociétés océaniennes, soit, dans le cas extrême contraire, ne pas avoir de comportement érotique, telles les femmes So qui n'ont des rapports sexuels douloureux que pour avoirs des enfants, source de richesse et de valorisation sociale.
Toujours par rapport au facteur culturel, suivant les formes et les pratiques favorisées ou proscrites, la diversification des activités érotiques peut être faible (en général génitale hétérosexuelle en couple) ou importante (activités hétéro, homo et bisexuelles, avec un ou plusieurs partenaires, en groupe, orales, génitales, buccogénitales, dans diverses positions, avec des aliments, des objets, voire des animaux, ...).

Les multiples formes d'expression du comportement érotique se développent d'autant plus qu'il ne semble pas exister chez l'homme - de façon significative - de mécanismes biologiques inhibiteurs (pas d'inhibition saisonnière par la mélatonine), ou contrôlant et limitant le comportement sexuel (pas de phéromones sexuelles).

Bien que des facteurs biologiques nombreux et importants interviennent dans l'activité érotique, on observe qu'il existe un découplage entre les croyances culturelles et la Réalité. Ce qui est intéressant à noter, c'est que les croyances culturelles peuvent prendre en compte ou non ces réalités biologiques, et leur donner une importance qui peut être très nettement supérieure ou inférieure à celle qu'elles ont réellement.
Les croyances sociales modèlent grandement le comportement érotique et peuvent lui donner, en bien ou en mal, une importance sociale et psychologique qui dépasse de très loin la simple sensation de plaisir intense qu'il procure.

Extrêmement dépendant du contexte culturel et des expériences érotiques personnelles, les caractéristiques du comportement érotique à l'âge adulte peuvent être d'une grande diversité et sont propres à chaque sujet.
Le comportement érotique serait un construit hédonique et idiosyncrasique, s'exprimant à l'âge adulte par des "préférences érotiques" singulières, résultant de l'expérience personnelle de chaque individu.

Ainsi, chez l'homme, le comportement érotique ne serait pas organisé et construit autour de gènes ou de molécules spécifiques qui orientent son comportement dans une finalité reproductrice. L'éros humain ne serait pas un instinct mais un construit cognitif qui se structure principalement autour des facteurs hédoniques et culturels.

L'activité érotique, c'est-à-dire la stimulation physique du corps destinée à provoquer du plaisir intense, d'une part, ne provoquerait directement quasiment aucun problème notable, et, d'autre part, pourrait être, sous réserve d'être intégrée éducativement et socialement, un puissant facteur de cohésion sociale et d'épanouissement individuel.


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