[ Sommaire ] · Chapitre : Problématique de la reproduction

Problématique de la reproduction


Plan du chapitre

A – Observations : attitudes et comportements types
B – Caractéristiques principales du comportement de reproduction
C - Développement du comportement de reproduction
Physiologie de la reproduction
Développement du comportement coïtal
Développement de la capacité de reproduction
D - Maturité
E - Reproduction & Comportement érotique
F - Reproduction & Technologie
G - Reproduction et (psycho)pathologie
H - Conclusion

Introduction

Pour tous les êtres vivants, la problématique centrale de la reproduction est la perpétuation de l'espèce. Chez les mammifères, le facteur absolument nécessaire de la reproduction est la fécondation de la femelle par le mâle.

L'objectif de ce chapitre est l'étude détaillée des processus neurobiologiques qui permettent la reproduction chez les mammifères.

Caractéristiques de la reproduction

Suivant les espèces vivantes, la reproduction est réalisée de manière très diverse. Chez les espèces animales les plus simples il semble exister un comportement de reproduction, c'est-à-dire tout un ensemble d'éléments sensoriels, endocriniens et moteurs qui, uniquement en présence d'un mâle fécondant et d'une femelle fécondable, déclenchent une séquence d'actes moteurs successifs et contrôlés, éventuellement préprogrammés, dont le seul objectif et résultat est l'accouplement (permettant la fécondation et la reproduction subséquente).

Chez les primates, bien qu'on observe l'existence de séquences comportementales isolées ayant un rapport avec la reproduction, en raison de l'absence d'éléments neurobiologiques contrôlant spécifiquement un coït vaginal fécondant, il semble que les actes moteurs observés ne relèvent pas à proprement parler d'un "comportement de reproduction". En particulier chez les primates hominoïdes, la fécondation serait plus le résultat d'un heureux hasard que d'un comportement à finalité reproductrice.
Il convient d'ailleurs de noter qu'il n'est pas important que l'acte de fécondation soit le résultat de processus neurobiologiques spécifiques, "déterminés" et "programmés", ou le résultat fortuit du "hasard". Le seul critère déterminant de la reproduction est la réussite de la fécondation, peu importe la manière dont elle se réalise.

Chez l'Homme, la reproduction ne semble pas dépendre d'un "instinct" téléologique ou de séquences motrices spécifiques. Elle semble plutôt être le résultat indirect de divers apprentissages, aboutissant dans la plupart des cas à l'acquisition d'un comportement érotique dont une des (heureuses) conséquences, au cours des diverses activités de recherche de plaisirs intenses, est la fécondation.

Compléments de définitions

Comportement de reproduction

Proposition de définition (objectivation du comportement) : Le comportement dont l'objectif (non conscient) est la fécondation d'une femelle par un mâle est appelé "comportement de reproduction".

Ce comportement correspond à la mise en jeu organisée de différents processus psychobiologiques qui vont permettre d'assurer la fonction de reproduction, fondamentale à la survie de l'espèce.

Ce comportement est constitué, suivant les espèces animales étudiées, en plusieurs comportements, réflexes et processus sensoriels distincts et spécifiques : processus de détections des signaux sexuels, généralement olfactifs (phéromones) ou parfois visuels ; réflexes autonomes d'érection pénienne et clitoridienne, de lubrification vaginale et pénienne, d'éjaculation, d'ovulation et de contractions utérines ; réflexes moteurs de lordose et de poussées pelviennes ; comportements d'approche, de monte et coïtal.

L'organisation finalisée de ces différents éléments provoque, après l'analyse des signaux sexuels d'un mâle fécondant et d'une femelle fécondable, le déclenchement d'une séquence d'actes moteurs successifs et contrôlés qui permettent l'accouplement et la fécondation.

Comportement de monte

Proposition de définition (objectivation du comportement) : il est proposé d'appeler "comportement de monte" la séquence comportementale produite par le mâle de nombreuses espèces et qui consiste en général à se positionner sur le dos de la femelle, en préalable au coït.

Comportement coïtal (ou comportement de copulation)

Proposition de définition (objectivation du comportement) : il est proposé d'appeler "comportement coïtal" la séquence comportementale constituée de l'intromission du pénis dans le vagin et des poussées pelviennes - qui provoquent l'éjaculation réflexe - permettant ainsi d'assurer la fécondation et la reproduction.

Comportement de lordose

Proposition de définition (objectivation du comportement) : il est proposé d'appeler "comportement de lordose" la séquence comportementale produite par la femelle de nombreuses espèces de mammifères et qui consiste principalement à préparer le coït par la cambrure du dos, la présentation du vagin et l'écartement de la queue.

Comportement d'approche

Proposition de définition (objectivation du comportement) : il est proposé d'appeler "comportement d'approche" la ou les séquences comportementales qui sont produites par le mâle ou la femelle de certaines espèces, juste avant l'accouplement.


A - Observations : attitudes et comportements types

Chez les mammifères, les attitudes et les séquences motrices du comportement de reproduction, à part la phase préliminaire d'approche, sont relativement stéréotypées en raison principalement des contraintes morphologiques.

L'aspect crucial du comportement de reproduction consiste essentiellement en trois phases :

– Le positionnement du mâle et de la femelle (généralement une lordose pour la femelle et une monte par le mâle). La position face à face n'est observée que chez pan paniscus et homo sapiens.

– L'intromission du pénis dans le vagin.

– Des poussées pelviennes provoquant l'éjaculation.

Remarques

La phase la plus critique est le positionnement, qui nécessite un apprentissage, la phase la moins critique est les poussées pelviennes, qui sont réflexes.


B - Caractéristiques principales du comportement de reproduction

Les caractéristiques principales relatives au comportement de reproduction seraient :

– L'existence d'une organisation anatomique sexuée et complémentaire, qui permet la reproduction.
Ces aspects anatomiques et physiologiques seraient fonctionnels à partir de la puberté.

– L'existence de quelques "modules fonctionnels", responsables du contrôle de réactions physiologiques et/ou de séquences comportementales nécessaires au coït et à la fécondation.

– Lubrification vaginale et pénienne.

– Érection pénienne et clitoridienne.

– Poussées pelviennes.

– Éjaculation.

– Ovulation (uniquement chez certaines espèces).

– Contractions utérines.

– Chez les mammifères, l'existence de capacités de traitement de l'information qui permettent de suppléer à l'absence d'une programmation comportementale complète de l'accouplement.
Par apprentissage, les mammifères arrivent, en général, à exécuter les différentes séquences comportementales de l'accouplement de manière adaptée à la reproduction.


C - Développement du comportement de reproduction

Pour expliciter en détail les processus psychobiologiques à l'œuvre dans la reproduction humaine, l'expérimentation animale permet d'obtenir un certain nombre de connaissances concernant les processus neurobiologiques impliqués.


C.1 - Chez les rongeurs

Par exemple, chez les rongeurs, c'est la combinaison de divers processus neurobiologiques, en interaction avec des caractéristiques de l'environnement, qui, dans la plupart des cas, permet l'émergence et l'apprentissage d'une série d'actes comportementaux aboutissant au coït et ainsi à la reproduction subséquente.

Modélisation du comportement de reproduction

Des processus cognitifs seraient impliqués dans le déroulement du comportement de reproduction des rongeurs, car les influences hormonales et les informations phéromonales ne semblent pas suffisantes. L'intégration cognitive de l'ensemble des différentes modalités sensorielles, bien que ces dernières n'aient pas toutes la même importance, semble également être nécessaire (tout particulièrement pour le comportement de monte du mâle).

Plusieurs types de processus neurobiologiques semblent impliqués :

Développement de la sensibilité génitale.

– Familiarisation.

– Représentation du "schéma corporel".

– Mémorisation contextuelle.

Développement de la sensibilité génitale

Le développement de la sensibilité génitale s'effectue progressivement par l'intermédiaire du léchage maternel, phéromone-dépendant, de la région anogénitale. La privation expérimentale de cette stimulation perturbe le comportement d'intromission et d'éjaculation. Ce léchage anogénital semblerait faciliter le développement de circuits spinaux contrôlant les réflexes sexuels, abaissant ainsi les seuils d'activation et permettant un meilleur fonctionnement de ces réflexes. 1

Familiarisation

La familiarisation (par exemple à certaines odeurs maternelles) est également un facteur intervenant dans le développement normal du comportement de reproduction. La familiarisation (ainsi que le traitement de la nouveauté) sont des processus cognitifs pouvant, suivant le contexte, faciliter ou inhiber le comportement de reproduction. 1

Représentation du "schéma corporel"

La construction d'un "schéma corporel" semblerait être un processus cognitif critique, nécessaire à la réalisation de certaines étapes du comportement de monte. En effet des animaux ayant été isolés depuis leur naissance présentent des déficits sélectifs qui concernent, exclusivement, les postures en rapport avec le coït, sans perturber l'excitation dite "sexuelle" ou l'éjaculation. Ce serait la déprivation de la modalité sensorielle somatique qui serait responsable des perturbations comportementales. Il semblerait exister un traitement particulier des informations somesthésiques et kinesthésiques permettant à l'animal d'adopter la position corporelle appropriée à la monte. Des processus cognitifs seraient donc responsables, par des contacts tactiles variés lors des "jeux" avec les partenaires durant la période juvénile, de la représentation du corps ("schéma corporel") et de sa position dans l'espace. 1 , 2

Ce type de processus cognitif semble même pouvoir suppléer partiellement la suppression expérimentale des informations olfactives, déprivation normalement critique chez des animaux sexuellement naïfs. 1

Mémorisation contextuelle

Des processus cognitifs de mémorisation contextuelle, centrés sur le comportement en cours et/ou sur les caractéristiques de l'environnement, semblent également intervenir.

La mémorisation contextuelle relative au comportement de reproduction en cours consisterait en une mémorisation de l'ensemble des stimuli et des comportements (endogènes et ceux produits par le partenaire) qui seraient associés les uns aux autres. Ultérieurement, l'évocation partielle de ces stimuli serait suffisante à réactiver l'ensemble des éléments mémorisés, permettant ainsi la réalisation complète du comportement de reproduction, même en l'absence de certains stimuli. On constate ce phénomène par exemple chez des animaux sexuellement expérimentés qui n'ont plus besoin des informations phéromonales, contrairement à des animaux naïfs. 1 , 2 , 3

La mémorisation contextuelle relative aux caractéristiques de l'environnement consisterait en une mémorisation, lors du comportement de reproduction, de l'ensemble des stimuli de l'environnement (ou du moins de ceux ayant une signification pour l'animal), qui seraient ainsi associés avec l'état d'excitation interne. Ultérieurement, l'évocation partielle de ces stimuli environnementaux pourrait réactiver l'état d'excitation interne, de façon similaire aux stimuli spécifiquement "sexuels". 1

Divers

La modulation du comportement par les processus cognitifs se ferait, entre autres, par une action sur l'hypothalamus, qui est chez les rongeurs un des centres régulateurs du comportement de reproduction. 1 , 2

Approfondissement : Étude détaillée du comportement de reproduction chez les rongeurs. (disponible prochainement)
Approfondissement : Étude du comportement coïtal chez les rongeurs. (disponible prochainement)

Remarques

Le comportement de reproduction étant la résultante d'une combinaison de différents processus, on observe, suivant la vitesse différentielle de maturation de chacun de ces processus, l'expression isolée de tel ou tel processus, lorsqu'il arrive à maturité. Ceci expliquerait les séquences partielles et incomplètes du comportement de reproduction que l'on observe chez les animaux avant leur maturité reproductive.


C.2 - Extrapolation aux primates hominoïdes et à l'Homme

Les données obtenues chez les rongeurs montrent que le comportement de reproduction est la résultante de nombreux processus neurobiologiques non spécifiques, et ne correspond pas à un "instinct" ou à l'expression d'une instance de "contrôle".

Chez les primates hominoïdes, les phéromones ne semblent pas avoir d'effets comportementaux notables 1 , 2 , 3 , 4 , 5 , 6 et les hormones ont un effet plutôt au niveau de l'organisation corporelle 1 que des processus psychiques.

Chez l'Homme, il semble que la reproduction soit encore plus dépendante des apprentissages et des facteurs cognitifs et hédoniques, que chez les autres primates.


C.3 - Chez les primates hominoïdes

Ce sous-chapitre a comme objectif de comprendre et d'expliquer les principales étapes du développement relatif à la reproduction. Les hypothèses les plus plausibles de la chronologie du développement sont présentées.

Il semble que chez l'Homme, ce soit le comportement érotique qui permette, de façon indirecte, le coït et la fécondation subséquente, assurant ainsi la fonction de reproduction, nécessaire à la perpétuation de l'espèce humaine.

Ce sous-chapitre traite, d'une part, du développement du comportement coïtal, et, d'autre part, du développement physiologique et végétatif (système nerveux autonome) des organes reproducteurs.

Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

a - Physiologie de la reproduction

Périodes du développement

Le développement des aspects physiologiques et autonomes de la reproduction comporterait trois étapes principales :

– Une période "préliminaire".

– Une période de "fécondabilité".

– Une période d' "involution".

Partie A Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

a - Période "préliminaire"

La première période relative au développement des aspects physiologiques et autonomes de la reproduction serait la période dénommée "préliminaire".

Partie 1 Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le substantif "préliminaire" a été choisi car cette période est une phase préliminaire, où n'existe aucune possibilité physiologique de reproduction, mais qui est nécessaire et préalable au développement de cette capacité.

Cette période préliminaire correspondrait à la maturation fonctionnelle des organes reproducteurs. Cette maturation est absolument nécessaire pour que l'organisme puisse se reproduire.

Il semble que cette période s'étendrait sur les quinze premières années après la fécondation.

À la fin de la période préliminaire, vers l'âge de quinze ans, les processus et les organes liés à la reproduction sont fonctionnels et l'organisme peut se reproduire.

La période préliminaire comporterait trois stades successifs de maturation :

– Un stade de sexuation, correspondant à la différenciation en organisme mâle ou femelle.

– Un stade de maturation des réflexes sexuels autonomes d'érection, de lubrification et d'éjaculation.

– Un stade de maturation des organes reproducteurs : la puberté.

1er stade : Sexuation

Le stade de sexuation correspond à la différentiation des organes sexuels internes et externes en organe mâle et femelle. Cette différenciation s'effectue entre la 7e et la 16e semaine après la fécondation, sous l'effet des hormones stéroïdes. 1

2ème stade : Réflexes sexuels

Le stade des réflexes sexuels, entre la fin de la grossesse et la première année postnatale, correspond à la maturation des réflexes sexuels, contrôlés par le système nerveux autonome.

Ces réflexes seraient chez le mâle :

– L'érection du pénis (observée in utero par échographie). 1 , 2 , 3

– L'éjaculation (du moins la maturation des contractions spasmodiques de l'urètre). 1

et chez la femelle :

– La lubrification vaginale. 1 , 2

– L'érection du clitoris et des lèvres.

– L'éjaculation (du moins les contractions des muscles lisses similaires aux organes équivalent chez le mâle).

3ème stade : Puberté

Le stade de la puberté, entre l'âge de 11 et 15 ans, correspondrait principalement à la maturation, sous contrôle hormonal, des organes reproducteurs internes.

On observerait chez le mâle : 1

– La spermatogenèse : formation de spermatozoïdes et de substances par les glandes annexes (prostate, vésicules séminales et bulbo-urétrales).

– L'éjaculation consciente entre 13 et 14 ans, avec du sperme fécondant.

– Le développement des caractères sexuels secondaires : voix grave, poils pubiens, croissance du pénis et des testicules.

et chez la femelle : 1

– L'ovogenèse : reprise et fin de la formation des ovules (ayant débuté au 8ème mois fœtal).

– La maturation du tractus génital (vagin, utérus, trompe, ovaire).

– L'apparition des cycles menstruels, sous contrôle hypothalamique.

– Le développement des caractères sexuels secondaires : poils pubiens, croissance des seins et du clitoris.

Après la puberté, l'être humain est physiologiquement apte à procréer.

b - Période de "fécondabilité"

La seconde période relative au développement des aspects physiologiques et autonomes de la reproduction serait la période dénommée "fécondabilité".

Partie 2 Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le substantif "fécondabilité" a été choisi car cette période est une phase où l'organisme peut féconder (mâle) ou peut être fécondé (femelle).

Cette période de fécondabilité correspond à possibilité physiologique de l'organisme de se reproduire.

Cette période s'étendrait de la fin de la puberté, vers la quinzième année, jusqu'à la ménopause chez les femmes (entre 35 à 55 ans, 51 ans en moyenne) ou l'andropause chez les hommes (graduellement entre 70 à 80 ans).

g - Période d' "involution"

La troisième période relative au développement des aspects physiologiques et autonomes de la reproduction serait la période dénommée "involution".

Partie 3 Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le substantif "involution" a été choisi car cette période est une phase de modification régressive de la fonction reproductrice.

Cette période d'involution correspond à l'arrêt de la gamétogenèse, mettant un terme au capacité de reproduction de l'organisme.

Cette période s'étendrait de la ménopause chez les femmes (entre 35 à 55 ans, 51 ans en moyenne) ou de l'andropause chez les hommes (graduellement entre 70 à 80 ans), jusqu'à la mort.

b - Développement du comportement coïtal

Par rapport à la fécondation, le seul aspect moteur crucial est le comportement coïtal, que l'on pourrait décomposer en positionnement, intromission vaginale, poussées pelviennes et éjaculation.

Périodes du développement

Le développement du comportement coïtal comporterait cinq étapes principales :

– Une période "préliminaire".

– Une période de "latence".

– Une période d' "initiation".

– Une période "coïtale".

– Une période d' "involution".

Partie B Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

a - Période "préliminaire"

La première période relative au développement du comportement coïtal serait la période dénommée "préliminaire".

Partie 1' Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le substantif "préliminaire" a été choisi car cette période est une phase préliminaire, où n'existe aucune activité coïtale, mais qui est nécessaire et préalable au développement de ce comportement.

Cette période préliminaire correspondrait à la maturation fonctionnelle des processus psychobiologiques "initiateurs" : les réflexes de poussées pelviennes et la formation cognitive du "schéma corporel". Ces processus sont absolument nécessaires pour que le développement du comportement coïtal puisse débuter.

Il semble que cette période s'étendrait sur les trois premières années après la naissance.

A la fin de la période préliminaire, vers l'âge de trois ans, les processus fondamentaux liés au coït seraient fonctionnels et le développement du comportement coïtal peut débuter, ou, plus exactement, est potentiellement en mesure de se développer si le contexte culturel le permet.

b - Période de "latence"

La seconde période relative au développement du comportement coïtal serait la période dénommée de "latence".

Partie 2' Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le substantif "latence" a été choisi car cette période est une phase où le développement du comportement coïtal est latent, c'est-à-dire qu'il ne s'effectue pas mais qu'il est susceptible de commencer à tout moment.

Cette période de latence correspondrait à l'effet inhibiteur de certains types de contextes culturels, défavorables à l'expression du comportement coïtal durant l'enfance ou l'adolescence.

La durée de cette période serait comprise entre zéro et une quinzaine d'années, au maximum.

Données ethnologiques

Les observations ethnologiques montrent que le comportement coïtal ne se développe pas systématiquement dès la fin de la période préliminaire. 1

Le contexte culturel devient prépondérant à cette période. Lorsque les attitudes sociales empêchent le développement du comportement coïtal, on observe une période de latence où n'existe quasiment aucune activité coïtale chez l'enfant.

À partir de l'âge où l'enfant (ou l'adolescent ou le jeune adulte) est censé avoir une activité coïtale, on observe alors une reprise du développement de ce comportement.

Remarques

La période de latence est potentielle. S'il n'existe aucune restriction culturelle à l'expression du comportement coïtal, cette période n'existerait pas.

La durée de la période de latence est variable, plus ou moins longue, en rapport étroit avec les croyances sociales. La période de latence du comportement coïtal peut être bien plus longue que celle du comportement érotique, dans la mesure où sans informations bien spécifiques le coït ne semble pas être un acte évident. Mais il semble néanmoins que les interdits culturels ne peuvent empêcher indéfiniment le développement du comportement coïtal.

Dans le cadre d'un contexte culturel extrêmement défavorable, l'adolescent ou le jeune adulte accède d'une façon ou d'une autre à des informations relatives aux activités coïtales. De surcroît, la nécessité de la reproduction implique à un moment donné (au plus tard au moment du mariage, par exemple) d'informer les individus des modalités de la reproduction.

g - Période d' "initiation"

La troisième période relative au développement du comportement coïtal serait la période dénommée d' "initiation".

Partie 3' Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le néologisme "initiation" a été choisi car cette période est la phase où le développement du comportement coïtal commence, et, étymologiquement, initiare en latin signifie "commencer".

La période d'initiation correspondrait à des modifications psychiques et cognitives permettant le commencement du développement du comportement coïtal.

Cette période serait brève, de l'ordre de quelques jours au maximum, en fonction du contexte, de l'âge et des capacités motrices et cognitives du sujet. Cette période prendrait place, suivant l'existence ou non d'une période de latence, en général entre la troisième et la vingtième année.

La caractéristique cruciale de la période d'initiation est la compréhension cognitive et la maîtrise motrice de l'acte d'intromission du pénis dans le vagin.

Tous les primates hominoïdes mâles ont besoin d'apprendre à coïter. Les primates mâles élevés en isolement présentent un état d'excitation, des érections, des poussées pelviennes, mais n'introduisent pas leur pénis dans le vagin de la femelle 1 , 2. L'homme naïf sans connaissances ignore qu'il est possible et nécessaire d'introduire son pénis dans le vagin afin de féconder sa partenaire.
Néanmoins cet apprentissage est simple et peut s'effectuer, vraisemblablement à partir de l'âge de trois ans, dès que, d'une part, l'enfant a construit son "schéma corporel" et a acquis son autonomie motrice, et, d'autre part, que les capacités cognitives permettent la compréhension de cet acte moteur.

d - Période "coïtale"

La quatrième période relative au développement du comportement coïtal serait la période dénommée "coïtale".

Partie 4' Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le substantif "coïtal" a été choisi car cette période est une phase où les mammifères ont des activités régulières de coït.

Cette période pourrait s'étendre, en fonction du contexte culturel, de l'âge de trois ans environ jusqu'au début de la vieillesse.

Remarques

À noter qu'un facteur limitant pour le mâle est la longueur du pénis. Un jeune primate mâle peut très bien avoir compris l'acte coïtal, exécuter la séquence motrice, mais ne pouvoir coïter en raison d'un pénis trop court. Chez l'Homme, la croissance du pénis est faible durant l'enfance et maximale durant l'adolescence. En raison de la longueur du pénis, qui est variable d'un individu à l'autre (quelques centimètres durant l'enfance, et entre » 10 à » 20 cm en érection à l'âge adulte – moyenne » 15-16 cm 1 , Richard Edwards , Durex survey , Lifestyle condom survey ), certains hommes doivent attendre la fin de la puberté pour pouvoir coïter.

À noter également que contrairement au comportement érotique, il n'existe pas réellement de période de diversification de l'activité coïtale, dans la mesure où les contraintes morphologiques limitent le coït vaginal à deux grands types de position : le coït ventro-ventral (Homme et Chimpanzé bonobo) et le coït ventro-dorsal (tous les mammifères).

e - Période d' "involution"

La cinquième période relative au développement du comportement coïtal serait la période dénommée "involution".

Partie 5' Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Le substantif "involution" a été choisi car cette période est une phase de modification régressive du comportement coïtal.

Cette période d'involution correspond principalement à l'impotence érectile de l'homme et secondairement à l'arrêt de la lubrification vaginale chez la femme.

Avec le déclin des fonctions physiologiques liées à la vieillesse, les capacités de reproduction disparaissent en raison principalement de la ménopause chez la femme et de l'impotence érectile chez l'homme.

Cette période s'étendrait de l'âge de 50-60 ans chez les femmes et de 70-80 ans chez les hommes, jusqu'à la mort.

c - Développement de la capacité de reproduction

Partie C Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

En synthèse des développements physiologique, autonome et comportemental des différents processus et actes moteurs nécessaires à la reproduction, il semble exister trois grandes périodes relatives à la capacité de reproduction :

– Une période pré-reproductive.

– Une période reproductive.

– Une période post-reproductive.

Période pré-reproductive

La période pré-reproductive correspond à la maturation des processus physiologique et autonome, et à l'acquisition du comportement coïtal. Durant cette période, la reproduction est impossible en raison soit de l'ignorance des actes à accomplir, soit de l'impotence due à la longueur insuffisante du pénis ou soit de l'infécondité du mâle ou de la femelle.

Partie a Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Période reproductive

La période reproductive correspond à la capacité de reproduction d'un organisme, qui elle-même dépend de la capacité simultanée de fécondité et d'accomplissement du coït.

Cette période s'étendrait, en fonction du contexte culturel, de la fin de la puberté ou du début de l'âge adulte jusqu'à la vieillesse.

Partie b Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit

Période post-reproductive

La période post-reproductive correspond au déclin des fonctions liées à la reproduction : fin de la gamétogenèse ou impotence érectile. Le déclin est progressif, atténué en partie par les progrès technologiques et médicaux.

Partie c Figure 6 Développement relatif à la reproduction réduit


D - Maturité

Dans les sociétés technologiquement développées du XXIe siècle, la caractéristique principale des actions liées à la reproduction, durant la période de maturité, est leur nature volontaire et consciente.

Cette caractéristique de la reproduction humaine est bien différente de celles des animaux plus simples, tels par exemple les insectes. À la maturité, chez ces arthropodes, le comportement de reproduction est automatiquement déclenché et contrôlé sous l'effet de signaux successifs.

Ayant des connaissances et disposant de moyens médicaux, n'étant pas contraint par des "pulsions" ou un "instinct" de la reproduction, chaque être humain peut décider, volontairement et à dessin, de procréer.


E - Reproduction & comportement érotique

On observe au cours de l'évolution phylogénétique une dissociation graduelle entre le comportement de reproduction et le comportement érotique.

Cette dissociation comportementale semble être sous-tendue par des processus neurobiologiques bien spécifiques, en particulier l'évolution des structures limbiques liées au plaisir.

Il semblerait que chez les animaux les plus corticalisés, la reproduction soit assurée par un ensemble fortuit de facteurs hédoniques et situationnels. Ces facteurs rendent possibles le coït et la fécondation subséquente, permettant ainsi la reproduction et la perpétuation de l'espèce.

Ainsi, par rapport au comportement de reproduction, l'acte reproducteur (c'est-à-dire le coït vaginal, qui fait généralement partie des activités érotiques), peut être réalisé indépendamment du comportement érotique et être effectué uniquement à fin de reproduction.

Et par rapport aux activités érotiques, le comportement coïtal, crucial et absolument nécessaire à la reproduction, n'est qu'une variante possible et facultative du comportement érotique.


F - Reproduction & technologie

On observe que le développement technologique et médical a une influence non négligeable sur la reproduction humaine.

a - Dissociation Reproduction / Comportement

L'influence majeure des technologies se traduirait par une réévaluation de la problématique de la reproduction, en diminuant la part comportementale et en augmentant la part physiologique.

Dissociation Reproduction / Comportement de reproduction

D'une part, avec le développement technologique, la problématique de la reproduction est de moins en moins liée au comportement. Dans un futur proche, il est même possible d'envisager que la reproduction devienne un problème exclusivement physiologique ou médical.

En effet, les techniques de procréation assistée permettent d'assurer la reproduction en dehors de tout comportement coïtal.

Ces techniques médicales rendent ainsi possible une dissociation quasi totale entre la reproduction et le comportement de reproduction.

Dissociation Reproduction / Comportement érotique

D'autre part, il est également possible dans un futur proche, que non seulement la reproduction devienne un acte principalement médical, mais que l'union des corps devienne uniquement un acte et une problématique du plaisir.

En effet, les moyens médicaux permettent le contrôle volontaire de la reproduction, en particulier grâce à des hormones qui agissent au niveau des organes reproducteurs internes.

Le contrôle hormonal rend ainsi possible une dissociation quasi totale entre le comportement érotique et la reproduction.

Conclusion

Les moyens technologiques modernes tendent à faire de la reproduction une problématique principalement physiologique et médicale, et tendent à la dissocier complètement des aspects comportementaux, coïtal et érotique.

L'être humain aurait ainsi un comportement érotique bien distinct, centré exclusivement sur le plaisir, et assurerait volontairement et à dessein sa reproduction par des moyens médicalisés agissant sur sa physiologie.

b - Andropause et ménopause

Un autre effet plus mineur du développement médical et des technologies (cryogénie, d'insémination artificielle, supplémentation hormonale, ...) est qu'il permet actuellement de reculer artificiellement l'âge limite de la reproduction de 10 à 20 ans.


G - Reproduction & (psycho)pathologie

Il ne semble pas exister de pathologies directement provoquées par le comportement de reproduction.

Pour l'Homme, l'activité de reproduction étant incluse dans le comportement érotique, les problèmes de type (psycho)pathologique sont les mêmes que ceux produits par les activités érotiques.
(Cf. le § "Comportement érotique & (psycho)pathologie")


H - Conclusion

Le comportement de reproduction, dépendant de processus neurobiologiques spécifiques, semble disparaître progressivement au fur et à mesure de l'évolution de la structure cérébrale.

Chez les animaux les plus corticalisé, il semble que la reproduction, essentielle à la survie de l'espèce, dépende de quelques réflexes résiduels, coordonnés après apprentissage en activités reproductrices adaptés.

Depuis des milliers d'années, dans l'espèce humaine et peut-être chez les autres primates anthropoïdes, la reproduction semble être un heureux aléa, conséquence fortuite de la recherche du plaisir physique.

Mais aujourd'hui, le développement récent dans l'Histoire de l'humanité des connaissances scientifiques et des moyens technologiques tend à dissocier complètement l'activité érotique de la reproduction, et à faire de cette dernière un acte médicalisé, volontaire et conscient.


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