[ Sommaire ] · Chapitre : Représentations "Sexuelles"

"Construction culturelle"
de la notion de "sexualité"


Plan du chapitre

A - Observations : formes observées des représentations dites "sexuelles"
B - Caractéristiques principales des représentations dites "sexuelles"
C - Développement des représentations dites "sexuelles"
D - Maturité
E - "Sexualité" & Représentations
F - "Sexualité" & (psycho)pathologie
G - "Sexualité" & Comportement "érotique"
H - Conclusion

Introduction

Définition

Il est proposé d'appeler "sexualité" toutes les représentations subjectives relatives à la reproduction et au comportement érotique.

La notion de "sexualité" recouvrirait l'ensemble des comportements, attitude, systèmes de valeurs et de représentations qui sont subjectivement considérés, dans une culture et à une époque donnée, plus ou moins lié à la reproduction, au coït, aux sensations d'émoi érotique et de jouissance, au plaisir physique et aux activités érotiques.

Le contenu de la notion de "sexualité", ainsi que des termes dérivés (sexuel, comportement sexuel, érotisme, pornographie, ...), sont donc, en raison de l'inhérente subjectivité humaine, sujet à de grandes variations qualitatives et quantitatives en fonction des cultures et des époques.


A - Observations : formes observées des représentations dites "sexuelles"

On observe à travers l'histoire et les cultures une très grande diversité des représentations relatives à la notion de "sexualité". 1

Les croyances subjectives relatives à la notion de sexualité sont quasiment infinies, et sont très liées aux croyances générales de la société.

Pratiques considérées comme "sexuelles"

Le statut "sexuel" est attribué de manière très diverse suivant les époques et suivant les sociétés.

Le baiser buccal, avec interactions linguales, n'est pas considéré comme "sexuel" dans la majorité des cultures.

Certaines activités oro-génitales ne sont pas considérées comme "sexuelles" dans plusieurs sociétés.

Les seins ne sont pas considérés comme des régions "sexuelles" dans de nombreuses cultures.

Des activités considérées comme "sexuelles" pour les adultes peuvent ne pas être considérée comme telle pour les enfants.

En conclusion, la seule activité qui soit constamment considérée, à travers les âges et les cultures, comme réellement "sexuelle" est le coït vaginal.

Valeurs attribuées aux activités considérées comme "sexuelles"

Une activité ayant le statut de "sexuelle" peut avoir des valeurs morales ou sociales variables suivant le contexte culturel.

Le baiser buccal, avec interactions linguales, est le plus souvent considéré comme une pratique dégoûtante dans les sociétés où cette activité n'est pas considérée comme "sexuelle".

Les activités oro-génitales ont également été le plus souvent considérées comme des pratiques dégoûtantes dans les sociétés où ces activités ne sont pas considérées comme "sexuelles". Dans les sociétés attribuant le statut de "sexuel" à ces pratiques, ces dernières peuvent être considérées comme dégoûtantes, sous-sexualité, activités préliminaires annexes, ou bien être autant valorisées que les autres activités dites "sexuelles".

La masturbation a été considérée soit comme une pathologie, soit comme une activité infantile et immature, soit comme une étape normale du développement "sexuel" et comme un moyen valorisant d'épanouissement "sexuel". 1

Les activités anales sont fréquemment considérées comme étant dégoûtantes, inférieures, voire relevant de la pathologie.

Les activités avec les animaux sont très fréquemment considérées comme relevant de la pathologie. Il existe néanmoins quelques rares sociétés où ces pratiques sont considérées comme "normales". 1

Quant à la sexualité en général, particulièrement en Occident, elle est souvent perçue de manière ambiguë : elle peut être magnifiée dans l'amour romantique, mais elle peut également être considérée comme un acte "avilissant", qui "souille" irrémédiablement ceux qui la pratique, particulièrement si des "vertus" de "pureté" ou d' "innocence" leur sont attribuées : une "jeune" femme "vierge", "pure", "déshonorée" par un "vieil" homme "lubrique" ; un "jeune" enfant, "innocent", "souillé" par la masturbation ; ...
Après la libéralisation sexuelle des années 60-70, la sexualité était associée avec l'aventure, le plaisir et la joie. Depuis les années 80, elle est plutôt perçue comme source de troubles, d'anxiété, de souffrances ou de dangers. D'après le sexologue John Money : «Un nouveau mythe est créé, celui que toute relation sexuelle est un acte de violence par lequel les hommes dominent et avilissent les femmes et les enfants». 1

Représentations sexuelles et pathologie

Les activités ayant le statut de "sexuel" ont souvent également eu le statut de "pathologique".

Le critère subjectif le plus fréquent ayant entraîné l'attribution du statut de "pathologique" est la différence, l'écart à une référence perçue comme "normale".

Plus l'écart à ce qui est considéré comme "normal" est perçu comme grand, plus l'état de "pathologie" est considéré comme important ou grave.

Ce qui est actuellement le plus souvent considéré dans les sociétés occidentales comme pathologique sera donc les activités érotiques suivantes, du plus "pathologique" au moins "anormal" :

– Avec des animaux : plus les animaux sont inhabituels, voire exotiques, plus l'activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique".

– Avec d'autres "races" humaines (dans les sociétés où existent des croyances raciales) : plus la "race" est "inférieure", plus l'activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique".

– Le long d'un continuum de parenté : plus le degré de parenté biologique (principalement) ou sociale (secondairement) est fort, plus l'activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique".

– Par rapport à l'âge :
À noter que le critère d'âge semble d'autant plus important qu'il existe des classes sociales d'âge (telle l'enfance, l'adolescence ou la vieillesse) et que l'espérance de vie est longue (les différences entre les âges deviennent plus marquées).

– En fonction des extrêmes du continuum des âges :
Plus un adulte a une activité érotique avec un sujet situé aux âges extrêmes, plus son activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique" : avec des enfants (principalement) et des adolescents (secondairement) d'une part, avec des personnes âgées (secondairement) et des vieillards (principalement) d'autre part.
Plus un sujet est dans les âges extrêmes, plus son activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique".

– En fonction d'un écart d'âge : plus l'écart d'âge entre deux sujets est grand, plus l'activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique". Dès qu'il existe plus de 3 ans d'écart pour des "jeux" "sexuels" entre des enfants, plus de 4 à 5 ans d'écart entre des adolescents, et plus d'une vingtaine d'années d'écart (une génération) entre des adultes.

– Avec des personnes du même sexe : homme/homme, femme/femme, mais également dans certaines sociétés entre personnes du troisième genre : Hijras/Hijras hindous 1 et Berdache/Berdache amérindiens.

– En fonction du nombre des partenaires : la référence "normale" étant 2, le couple.

– La valeur inférieure, 1, concerne l'autosexualité (masturbation). La masturbation n'est plus vraiment considérée comme "pathologique". Actuellement, ce ne serait plus l'activité en elle-même qui serait "pathologique", mais plutôt la personne adulte qui la pratique (si un adulte se masturbe "fréquemment", c'est qu'il aurait des "pathologies" qui l'empêchent d'accéder à une sexualité plus "normale").

– Les valeurs supérieures à 2 concernent les "sexualités" de groupe. Il semble que plus le nombre des participants est important, plus les activités "sexuelles" seraient "pathologiques".

– Aux extrêmes d'un continuum de fréquence ou d'intensité : trop (princi-palement) ou trop peu (secondairement) d'activité "sexuelles", par rapport à un référent moyen considérée comme "normal", est considéré comme "pathologique". Tout particulièrement, plus la fréquence est grande, plus l'activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique". Par contre, l'abstinence est plutôt considérée comme un "choix" que comme une "pathologie".

– Avec des personnes ayant un état particulier et/ou considéré comme "particulier" : handicaps physique ou mental, maladie, menstruation, ... Plus l'état est considéré comme "particulier", plus l'activité érotique est considérée comme "anormale" et/ou "pathologique".


B - Caractéristiques principales des représentations dites "sexuelles"

Les caractéristiques principales de la notion de "sexualité" seraient les suivantes :

– Subjectivité : Toutes les représentations dites "sexuelles" sont subjectives.

– Affectivité : Toutes les représentations dites "sexuelles" sont plus ou moins colorées d'affectivité.

– Croyances : Quasiment toutes les représentations dites "sexuelles" sont des croyances, qui ne présentent aucune garantie de validité et de Réalité.

– Prépondérance du culturel : Toutes les représentations dites "sexuelles" sont quasiment entièrement déterminées par le contexte culturel.

Le problème majeur qui découle de ces caractéristiques principales est le découplage entre les représentations dites "sexuelles" et la Réalité de la reproduction et du comportement érotique.

Ce découplage des croyances "sexuelles" subjectives avec le Réel serait la source fondamentale de la majorité des problèmes sociaux et humains relatifs à la "sexualité".


C - Développement des représentations dites "sexuelles"

Ce sous-chapitre a comme objectif de comprendre et d'expliquer les principales étapes du développement des conceptualisations relatives à la notion de "sexualité". Les hypothèses les plus plausibles de la chronologie du développement sont présentées.

Périodes du développement

Le développement des conceptualisations relatives à la "sexualité" comporterait quatre étapes principales :

– Une période "préliminaire".

– Une éventuelle période de "latence".

– Une période d' "initiation".

– Une période de "sexualisation".

Figure 7 Développement des conceptualisations relatives à la "sexualité" réduit

a - Période "préliminaire"

La première période relative au développement des conceptualisations "sexuelles" serait la période dénommée "préliminaire".

Partie 1 Figure 7 Développement des conceptualisations relatives à la "sexualité" réduit

Le substantif "préliminaire" a été choisi car cette période est une phase préliminaire, où n'existe aucune notion "sexuelle", mais qui est nécessaire et préalable au développement de ces conceptualisations.

Cette période préliminaire correspondrait à la maturation fonctionnelle des processus psychobiologiques "initiateurs", en particulier les processus d'ABSTRACTION et de SIGNIFICATION. Ces processus sont absolument nécessaires pour que le développement des concepts liés à la "sexualité" puisse débuter.

Il semble que cette période s'étendrait entre l'âge de 3 à 7 ans.

A la fin de la période préliminaire, vers l'âge de six-sept ans, les processus fondamentaux liés aux capacités de conceptualisation sont fonctionnels et le développement des représentations relatives à la notion de "sexualité" peut débuter, ou, plus exactement, est potentiellement en mesure de se développer si le contexte culturel le permet.

b - Période de "latence"

La seconde période relative au développement des conceptualisations "sexuelles" serait la période dénommée de "latence".

Partie 2 Figure 7 Développement des conceptualisations relatives à la "sexualité" réduit

Le substantif "latence" a été choisi car cette période est une phase où le développement des conceptualisations "sexuelles" est latent, c'est-à-dire qu'il ne s'effectue pas mais qu'il est susceptible de commencer à tout moment.

Cette période de latence correspondrait aux caractéristiques de certains types de contextes culturels, où, soit il n'existe aucune conceptualisation relative à la sexualité ou à l'érotisme, soit les mœurs sont défavorables à l'expression de ces conceptualisations durant l'enfance ou l'adolescence.

La durée de cette période serait comprise entre zéro et une quinzaine d'années, au maximum.

Remarques

La période de latence est potentielle. Si le contexte culturel induit le développement des conceptualisations relatives à la "sexualité" dès l'enfance, cette période n'existerait pas.

La durée de la période de latence est variable, plus ou moins longue, en rapport étroit avec les caractéristiques du contexte culturel.

c - Période d' "initiation"

La troisième période relative au développement des conceptualisations "sexuelles" serait la période dénommée d' "initiation".

Partie 3 Figure 7 Développement des conceptualisations relatives à la "sexualité" réduit

Le néologisme "initiation" a été choisi car cette période est la phase où le développement des conceptualisations "sexuelles" commence, et, étymologiquement, initiare en latin signifie "commencer".

La période d'initiation correspondrait à des modifications psychiques permettant le commencement du développement des conceptualisations "sexuelles".

Cette période serait relativement brève, de l'ordre de quelques mois, en fonction du contexte, de l'âge et des capacités intellectuelles du sujet.

Le facteur déclencheur du développement des conceptualisations relatives à la notion de "sexualité" serait les premières désignations verbales employant des termes liés à la notion de "sexualité" (sexe, sexuel, homosexualité, érotisme, pornographie, ...).
Un autre facteur déclencheur important, concomitant au discours verbal, serait les attitudes et les réactions émotionnelles plus ou moins particulières qui sont généralement associées aux discours relatifs à la "sexualité".

À partir de cette période, l'enfant a connaissance d'une notion particulière qui est la "sexualité".

d - Période de "sexualisation"

La quatrième période relative au développement des conceptualisations "sexuelles" serait la période dénommée "sexualisation".

Partie 4 Figure 7 Développement des conceptualisations relatives à la "sexualité" réduit

Le substantif "sexualisation", à ne pas confondre avec celui de "sexuation" (différenciation morphologique en organisme mâle ou femelle), a été choisi car cette période est une phase où est attribué à l'individu des caractéristiques abstraites et subjectives de "sexualité".

La période de "sexualisation" correspondrait à l'attribution de tout un ensemble complexe de connaissances ou de croyances spéciales, de règles et d'interdits, de non-dits, d'attitudes singulières, de morales et de valeurs spécifiquement "sexuelles" à tout un ensemble de parties spécifiques du corps, d'activités et de situations particulières.

Cette période s'étendrait de l'âge de 7 ans au minimum (en fonction de l'existence ou non et de la durée de la période de latence) jusqu'à la mort.

La sexualisation, phénomène hautement intellectuel, évoluerait toute la vie en fonction du contexte culturel, même durant la vieillesse après la disparition des réactions physiologiques spécifiques et des activités érotiques.


D - Maturité

Après de longues années d'enfance et d'adolescence vécues dans un contexte culturel spécifique, l'imprégnation quotidienne de croyances et de valeurs particulières relatives à la "sexualité" semble déterminer à l'âge adulte une structure psychologique bien caractéristique.

À la période de maturité la notion subjective et culturelle de "sexualité", et tout ce qu'elle englobe en terme de comportements, de morales et de valeurs, est perçue comme "évidente", "normale" et "naturelle". Même si, par rapport à d'éventuels critères supérieurs, ces notions "sexuelles" peuvent apparaître comme étranges et particulières, ou irrationnelles. Le découplage entre la croyance subjective et la Réalité peut être quasi total.

Le "sexuel" et le "non sexuel" sont subjectivement perçus comme étant radicalement distinct. Le "sexuel" possède des propriétés spécifiques et particulières que ne possède pas le "non sexuel".

On observe que ce qui est considéré comme "sexuel" organise et détermine des actions et des jugements, voire une certaine partie de l'existence de chaque individu.

Ouvrages complémentaires

Le sous-chapitre "Maturité" est volontairement court, dans la mesure où il existe plusieurs ouvrages intéressants qui décrivent au stade de la maturité les caractéristiques des représentations "sexuelles".
(à noter que ces caractéristiques sont valables essentiellement pour des sociétés occidentales)

¨ "Sexualité humaine", de Albert Richard ALLGEIER & Elisabeth Rice ALLGEIER • De Boeck Université 1992

¨ "Amour et sexualité : mieux vivre sa vie sexuelle dans le monde d'aujourd'hui", de William H. MASTERS, Virginia E. JOHNSON & Robert C. KOLODNY • Interéditions, 1987

¨ "The bisexual option", de Fritz KLEIN • Harrington Park Press, 2nd edition, 1993


E - "Sexualité" & Représentations

Certains exemples permettent de montrer combien les représentations liées à la notion de "sexualité" sont une construction culturelle et subjective.

Par exemple, les activités considérées comme "sexuelles" peuvent être actuellement subdivisées en catégories telles l' "hétérosexualité", l' "homosexualité" ou la "bisexualité".

Mais, d'une part, ces catégories ont été créées récemment (dans l'Antiquité, la notion d' "homosexualité" n'existait pas), et, d'autre part, il n'existe aucune caractéristique biologique connue distinguant un "homosexuel" d'un "hétérosexuel".

De plus, on observe qu'une personne pratiquant une de ces catégories d'activités "sexuelles" peut ensuite être définie à partir de cette catégorie : une personne ayant des activités "homosexuelles" devient un "homosexuel". L' "homosexuel", en raison de ses activités "sexuelles" particulières, devient distinct des autres : un être ontologiquement différent.

À un bien moindre degré, on observe un phénomène similaire avec les personnes qui ne mangent pas de viande : leur alimentation végétarienne les fait devenir des "végétariens". Par contre, il faudrait se demander pour quelles raisons les personnes qui n'écoutent que de la musique classique ne deviennent pas des "classiquiens" ?

Par ailleurs, on observe que certaines personnes se définissent et se considèrent comme "bisexuelles", bien qu'objectivement elles n'ont pas d'activités "sexuelles" bisexuelles. Mais à certaines époques et dans certains milieux sociaux, la "bisexualité" était un moyen de se distinguer des autres ; une tendance culturelle à la mode ... 1

Plus intéressant encore, on observe dans certaines sociétés l'existence culturelle d'un troisième sexe (ou genre), en plus du sexe masculin et féminin. On peut ainsi observer qu'un Hijras hindou 1 ou un Berdache amérindien, biologiquement mâle (c'est-à-dire objectivement de sexe masculin), ayant des relations "sexuelles" avec un homme (donc également de sexe masculin) sont malgré tout considérés comme "hétérosexuels", bien que leurs relations dites "sexuelles" soient, objectivement, biologiquement "homosexuelles".

Ce dernier exemple montre bien combien les représentations liées à la notion de "sexualité" sont des constructions culturelles et subjectives, qui peuvent être complètement indépendantes et distinctes de la réalité biologique.


F - "Sexualité" & (psycho)pathologie

Au contraire de l'activité érotique, les croyances attachées à la notion de "sexualité" peuvent être à l'origine d'une infinité de types de problèmes et de pathologies psychologiques.

Cette potentialité psychopathogène majeure est en fait indirecte. Les croyances "sexuelles" déterminent et organisent une grande partie des actions et des réactions des personnes. Les troubles psychologiques, voire la pathologie, apparaîtraient lorsque la dynamique relationnelle d'un groupe de personnes, en raison de croyances "sexuelles" inappropriées (dysadéquates), bascule dans des états ou des situations dysfonctionnelles.

Le cœur du problème résiderait dans l'état émotionnel provoqué par l'attitude des autres. Les croyances "sexuelles", subjectives et culturelles, lorsqu'elles sont déconnectées de la réalité psychobiologique, peuvent induire n'importe quel type de dynamique relationnelle interindividuelle. Les troubles et la pathologie psychologiques s'installeraient lorsque les relations interindividuelles deviendraient, de manière intense et durable, source d'agressivité verbale et physique, de rejet social, d'opprobres, d'humiliations, de honte, de culpabilité, de dégoût de soi et de non-satisfaction des besoins psychiques fondamentaux. Ces états et situations dysfonctionnels provoqueraient directement des états émotionnels intenses et négatifs (souffrances psychiques), à l'origine de divers troubles psychiques et comportementaux.

Par exemple, on observe que les adolescents homosexuels se suicident nettement plus que les adolescents hétérosexuels. Pourtant, il n'existe aucune donnée scientifique montrant que l'activité homosexuelle induit directement des pathologies psychologiques. Mais le fait d'être considéré comme "pédé" ou "gouine", en raison des croyances sociales liées à l' "homosexualité", provoque des réactions extrêmement hostiles du groupe social. Moqueries, brimades, rejet social et agressions physiques, quasi quotidiens durant des années, induisent généralement dévalorisation de soi, sentiment d'anormalité, peur, dépression, haine et souffrances psychiques telles que la mort peut apparaître comme une solution préférable.

Corrélats : "Comportement érotique & (psycho)pathologie"

Approfondissement : Explicitations détaillées & Données scientifiques : voir le chapitre "Dynamique (psycho)pathologie"


G - "Sexualité" & Comportement "érotique"

Il existerait une certaine indépendance entre la notion subjective et culturelle de "sexualité" et les activités érotiques objectives.

Certaines activités érotiques peuvent ne pas être qualifiées de "sexuelles", tandis qu'au contraire certaines activités non érotiques peuvent être qualifiées de "sexuelles".

Une personne peut avoir des activités érotiques tout en ignorant la notion de "sexualité". À l'opposé, on peut trouver des personnes qui parlent de "sexualité" sans jamais avoir vécu d'activités érotiques. Le développement du comportement érotique et le développement de la notion de "sexualité" ne sont pas liés. La notion de "sexualité" peut même ne jamais exister sans aucunement perturber le développement et la dynamique du comportement érotique.

Il semblerait important, dans la mesure où les processus cognitifs de l'être humain tendent naturellement à élaborer des représentations subjectives du Réel, de faire correspondre au mieux la notion de "sexualité" avec la réalité du comportement érotique.


H - Conclusion

Au cours de l'évolution phylogénétique, l'important développement du néocortex, en particulier dans l'espèce humaine, a permis l'apparition de capacités intellectuelles élaborées.

Ces capacités intellectuelles sont à l'origine du développement de "représentations abstraites et subjectives" plus ou moins en rapport avec la Réalité.

Par rapport à la "sexualité", on observe que chaque société a élaboré des systèmes de représentation de la "sexualité" très différents les uns des autres. On observe également que ces représentations ont très peu de correspondance avec le Réel.

Pour un individu vivant dans une société donnée, le développement de ses propres représentations "sexuelles" dépendra, principalement, des caractéristiques du contexte culturel, et, secondairement, de sa propre expérience de ce qui est défini dans sa culture comme "sexuel".

A la maturité "sexuelle", suivant le contexte culturel, la "sexualité" sera un aspect marginal ou majeur de l'existence de l'individu. En raison de la diversité des croyances et de leur impact comportemental et affectif, la "sexualité" peut devenir source d'épanouissement individuel ou de graves perturbations psychologiques.

En fonction des données psychobiologiques, ethnologiques et médicales, il semblerait absolument nécessaire de favoriser le développement de représentations subjectives liées à la notion de "sexualité" qui correspondent au mieux à la réalité objective du comportement érotique, de la reproduction et de la dynamique psychique de l'être humain.


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