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C - Principales perspectives

L'objectif de ce travail n'est pas de faire de la recherche pure, hors du réel, mais d'élaborer des connaissances permettant, d'une part, une meilleure compréhension de l'être humain, et, d'autre part, d'agir concrètement dans le quotidien, tant au niveau individuel que social.

Explications détaillées : voir le chapitre "Perspectives"

a - Perspectives éthiques et morales

Par rapport aux valeurs éthiques et morales, le problème majeur est simple à exprimer : actuellement, on ignore ce qui serait réellement important et s'il existe des valeurs qui sont absolues et universelles. On ignore s'il existe réellement une hiérarchie entre les valeurs, et on ignore même le degré de validité et d'utilité du concept de "valeur".

En l'absence de référent absolu et en l'absence de réponses fiables aux questions qui seraient les plus fondamentales, il est proposé de choisir des valeurs éthiques et morales qui favorisent, par rapport à des critères psychobiologiques, le meilleur développement et la meilleure existence possible de l'être humain.
Il est également proposé, par opposition, de donner une valeur éthique négative à tout ce qui porte atteinte à l'intégrité d'une personne humaine.

Explications détaillées : voir le chapitre "Perspectives", partie "Perspectives éthiques".

b - Perspectives médicales

Par rapport aux maladies ou aux perturbations du psychisme, le problème majeur est simple à exprimer : quasiment TOUT peut provoquer des troubles psychologiques.

Psychopathologie et troubles psychologiques

Au préalable, il semble important de distinguer, d'une part, les maladies du psychisme, ou psychopathologies, et, d'autre part, les troubles psychologiques.

Il est proposé d'appeler "psychopathologie" toutes les altérations fonctionnelles des processus psychiques, telles celles observées dans certaines psychoses, la schizophrénie ou l'autisme.
Ces maladies psychiques seraient vraisemblablement dues à des altérations majeures de la structure cérébrale, et les connaissances neurologiques actuelles sont trop limitées pour pouvoir y apporter - hormis de rares exceptions - des réponses thérapeutiques efficaces.

Par opposition, il est proposé d'appeler "troubles psychologiques" l'ensemble des réactions émotionnelles ou comportementales qui sont inappropriées et qui perturbent la relation du sujet avec les autres et avec l'environnement.
Les troubles psychologiques ne seraient pas des maladies et correspondraient à un fonctionnement "biologiquement" normal des processus psychiques, mais d'une manière qui ne permet plus l'adaptation sociale et écologique du sujet.

Problématique centrale des troubles psychologiques

Un des facteurs prédominants des troubles psychologiques serait l'état émotionnel. Il semble que les émotions négatives (peur, dégoût, honte, culpabilité, ...), lorsqu'elles sont durables et/ou intenses, perturbent les actions et réactions du sujet, et perturbent sa capacité d'adaptation au monde.

Une des hypothèses majeures de ce travail de recherche, qui identifierait un problème fondamental, complexe et quasi insoluble, est que quasiment TOUT peut provoquer ces états émotionnels négatifs, et ainsi provoquer l'apparition de troubles psychologiques.

Au niveau cérébral, ce problème majeur de santé mentale existerait en raison de la forte potentialité du système nerveux à provoquer et ressentir des émotions négatives.
D'une part, l'organisation particulière de chaque système sensoriel fait que de nombreux stimuli peuvent directement et facilement provoquer de la douleur, de la souffrance ou de la pénibilité qui peuvent être très intenses et durables, et ainsi perturber le sujet.
D'autre part, les capacités cognitives très développées du cerveau humain permettent à l'Homme d'imaginer et de croire à TOUT – presque sans AUCUNE LIMITE –, de donner n'importe quel type de signification ou de valeur à n'importe quoi, de s'attribuer de nombreuses qualités ou défauts, d'évaluer et de juger, de considérer que n'importe quel type de croyance, de comportement, de valeur, de morale ou de religion est l'expression soit de la justice ou de la vérité ou du bien, etc., ou soit au contraire de l'immoralité ou du sacrilège ou du mal, etc. Ainsi, indirectement, par l'intermédiaire de l'activité cognitive d'évaluation et de jugement, le cerveau peut générer divers états émotionnels négatifs (honte, culpabilité, remords, regrets, colère, haine, dégoût, désespoir, ...), qui, lorsqu'ils sont intenses et durables, peuvent être psychologiquement destructeurs.

Attitudes et réaction du groupe social

Au niveau social, il semble que la majorité des troubles psychologiques que l'on observe sont engendrés, indirectement, par des croyances erronées et/ou des organisations sociales dysfonctionnelles.

La chaîne des causalités indirectes serait la suivante : On observe dans toutes les populations des croyances et des réactions émotionnelles qui sont souvent inconscientes et non explicites, et qui peuvent être complètement déconnectées de la réalité. Ces croyances et ces réactions émotionnelles, ainsi que la structure des organisations sociales (qui sont elles-mêmes partiellement fondées sur ces croyances), engendrent des attitudes et des comportements. Enfin, certaines de ces attitudes et de ces comportements provoquent sur autrui des états émotionnels qui peuvent être négatifs et très intenses.

Ainsi, il suffirait, en raison de réactions émotionnelles irraisonnées et/ou de croyances erronées, que l'entourage d'une personne (voire l'ensemble d'un groupe social) considère que cette personne est soit "antipathique" ou "anormale" ou "inférieure" ou "mauvaise" ou "dangereuse", etc. (par rapport à des critères magiques, religieux, morphologiques, moraux, sociaux, éducatifs, affectifs, comportementaux, sexuels, pathologiques ou psychopathologiques, ...) et adopte à son encontre soit des attitudes de rejet (marginalisation, ségrégation, exclusion, ...), soit des pressions de conformité diverses (incitations verbales, discours moralisateur, "rééducation", "thérapie", ou moqueries, humiliations, agression verbale et/ou physique, ...), soit d'agression gratuite (sévices, brimades systématiques, persécutions, ...), ou soit tout autre type d'actions répétées, coercitives ou vexatoires, pour engendrer chez cette personne – et ce d'autant plus que cette personne jugera ces actions injustes et discriminatoires – de nombreux états émotionnels négatifs, destructeurs à court ou à long terme.

C'est-à-dire que ce qui provoquerait une grande majorité des troubles psychologiques n'est pas tant l'état ou les actions d'une personne, mais plutôt, en raison des croyances et/ou des réactions émotionnelles qui s'attachent à cet état ou ces actions, les réactions du groupe social (tout particulièrement lorsque celles-ci provoquent des états émotionnels négatifs, intenses et durables).

Conclusion

Cette réalité de la cognition et des émotions humaines implique que TOUT, généralement de manière indirecte et souvent par les attitudes et réactions des autres, peut être à l'origine de problèmes psychiques de gravité variable, allant du trouble passager à la folie ou la mort.

Explications détaillées : voir le chapitre "Perspectives", partie "Perspectives médicales".

Les moyens (simples en théorie) de remédier à ces problèmes seraient principalement d'ordre éducatif et préventif : apprendre à connaître et à tenir compte de la Réalité psychobiologique et psychosociologique, apprendre à connaître et à gérer ses émotions, et apprendre à interagir de manière constructive avec les autres (socialisation).
(Cf. le chapitre "Modèle éducatif" ci-dessous.)

c - Modèle éducatif

Par rapport à l'éducation, le problème majeur est simple à exprimer : l'Homme ne sait RIEN à la naissance. TOUT est à apprendre.

Les principales connaissances qui seraient à acquérir le plus tôt possible peuvent être déduites à partir des cinq facteurs clés qui conditionnent le développement et l'existence humaine : la physiologie de l'organisme, les besoins psychobiologiques, le relationnel, les émotions et la cognition.

Figure 3-B (rappel) : Facteurs clés réduit

Physiologie de l'organisme

Par rapport à la physiologie de l'organisme, la caractéristique physiologique la plus négative serait la maladie et la plus positive serait, par opposition, l'état de santé.

Il semble crucial que chaque personne acquière :

– des modes de vie, des comportements et des connaissances qui lui permettent de conserver et d'améliorer son état de santé, tant physique que mentale.

Il semble également crucial de tout mettre en œuvre afin de prévenir les situations inductrices de pathologies.

Besoins psychobiologiques

Par rapport aux besoins psychobiologiques, la caractéristique la plus négative serait la carence (ou parfois l'excès) et la plus positive serait, par opposition, la satisfaction de ces besoins.

Il semble crucial que chaque personne acquière :

– Des modes de vie, des comportements et des connaissances qui lui permettent de satisfaire, quantitativement, qualitativement et sur le long terme, les besoins de son organisme.

Il semble également crucial de tout mettre en œuvre afin de prévenir les situations de carence.

Relationnel

Par rapport aux relations entre les personnes, la caractéristique relationnelle la plus négative serait l'agression et la plus positive serait, par opposition, la socialisation.

Il semble crucial que chaque personne acquière :

– Des modes de vie, des comportements et des connaissances qui lui permettent de se socialiser, d'interagir avec les autres de manière constructive et adaptée.

– La capacité de vivre des relations affectives privilégiées, fortes et authentiques avec d'autres.

– Des "repères clés" qui correspondraient à une "intériorisation" d'expériences éducatives vécues, en rapport avec la réalité psychobiologique de son organisme, avec la réalité des interactions sociales et avec la réalité de l'environnement écologique.

Par exemple, il semble que vivre, même sur de courtes périodes, des situations basiques qui sont communes à la condition humaine, telles que cultiver un potager, travailler dans une ferme, effectuer des travaux de construction, (sur)vivre quelques jours en pleine nature dans le froid, la fatigue et la faim, éduquer un groupe d'enfants, vivre et gérer les conflits dans un groupe sous pressions, etc., permettrait d'avoir des repères, vécus et concrets, à partir desquels chacun pourrait mieux évaluer, comprendre et apprécier la vie quotidienne.

Ces repères favoriseraient des capacités d'évaluation plus objective et des capacités d'agir de manière plus appropriée dans toutes les situations écologiques, professionnelles, affectives ou sociales auxquelles chaque personne est confrontée.
(Connaissances élaborées à partir de vécus concrets, perçues au niveau corporel et émotionnel : dominance de l'émotionnel, des automatismes, de l'intuition, du vécu, de l'expérience concrète)

Il semble également crucial de tout mettre en œuvre afin de défavoriser l'acquisition du comportement d'agression.

Émotions

Par rapport aux émotions, la caractéristique émotionnelle la plus négative serait la souffrance psychique et la plus positive serait, par opposition, l'état de plaisir.

Il semble crucial que chaque personne acquière :

– Des modes de vie, des comportements et des connaissances qui lui permettent d'expérimenter, de connaître, de gérer et de contrôler l'ensemble de ses émotions et de ses réactions émotionnelles.

– La capacité de pouvoir exprimer aux autres ses états émotionnels.

– La capacité de vivre pleinement ses émotions positives.

Cognition

Par rapport aux processus intellectuels, la caractéristique cognitive la plus négative serait l'ignorance et la plus positive serait, par opposition, la connaissance.

On peut affirmer que l'ignorance est un facteur majeur de problèmes, quels que soient l'objet ou la situation considérés.

Il semble crucial que chaque personne acquière :

– Des connaissances scientifiques et objectives sur lui-même et relatives au monde écologique et social.
(Connaissances théoriques abstraites : dominance du cognitif)

– La capacité d'apprendre par lui-même.

– La capacité d'évaluer de manière critique les connaissances qu'il acquière.

– La capacité d'objectivation et de confrontation à la Réalité : capacité de connaître les réalités sociales et écologiques, puis capacité d'élaborer des actions appropriées permettant, soit de les faire évoluer, soit de s'y adapter.

Conclusion

En raison de l'absence d' "instincts" élaborés et de connaissances préexistantes à la naissance, de l'absence de capacités relationnelles et sociales, en raison de l'affectivité et de la subjectivité inhérente à la condition humaine, il semble absolument nécessaire d'agir activement contre les maladies, l'instabilité émotionnelle, l'agression, l'ignorance et les croyances dysfonctionnelles, et de mettre en place le plus tôt possible des actions éducatives qui permettront à chacun d'acquérir les capacités de faire face de manière adaptée à la complexité du monde écologique et social.

Explications détaillées : voir le chapitre "Perspectives", partie "Perspectives éducatives".


D - Conclusion générale

Nécessité apparemment fondamentale, la recherche destinée à la compréhension de ce qu'est l'Homme apporte beaucoup de réflexions et d'interrogations dérangeantes, et soulève des questions essentielles qui restent sans réponses.

Homo imperfectus

L'organisme humain semble être une "machine" biologique imparfaite, qui nécessite impérativement de nombreuses et fréquentes actions palliatives à ses insuffisances physiologiques, affectives et cognitives.

Bien que l'Homme ait des capacités innées qui lui permettent d'acquérir graduellement des comportements et des caractéristiques psychologiques favorisant l'interaction avec l'environnement, ces capacités ne lui permettent qu'une adaptation toute relative aux réalités du monde.

Sujet aux besoins et aux désirs, aiguillonné par la souffrance et le plaisir, trompé par ses sens et par son intelligence, ignorant de l'essentiel et confronté aux nécessités innombrables et complexes du monde, l'Homme semble condamné à une lutte incessante qui ne vainc ni la maladie, ni la souffrance, ni la mort.

Multiplicité des cultures & Limitations de la Connaissance

Par ailleurs, l'évolution sociale millénaire, résultat des aléas géoclimatiques et historiques, a engendré une multitude de sociétés aux multiples croyances et valeurs culturelles qui sont souvent incompatibles entre-elles et peu représentatives du réel.

Les connaissances scientifiques sont limitées, et n'apportent que des éléments de réponses partiels qui ne permettent guère de répondre aux interrogations essentielles.

Questions sans réponses

Dans ces conditions, quels choix privilégier ?

Pour quelles raisons donner la primauté à l'Homme ?

Pourquoi et comment favoriser le développement d'une société réellement humaniste ?

La société de demain

Néanmoins il semble s'agir d'un problème fondamental, celui d'un choix de société - si tant est qu'il existe une liberté réelle de choix - qui détermine le devenir et la qualité de l'existence de chacun.

Les contraintes géoclimatiques, les aléas de l'Histoire et le développement économico-industriel ont jusqu'à nos jours façonné les sociétés contemporaines.

Il semble absolument nécessaire d'agir aujourd'hui pour que les choix et les valeurs qui seront au cœur des sociétés postindustrielles de demain permettent les conditions d'une évolution sociale positive, fondée, non sur la contingence ou l'effet de mode, mais sur la maîtrise, consciente et lucide, de la réalité écologique et humaine.


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