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B - Domaine Empirico-Synthétique
- Plan du sous-chapitre
- B.1 - Science Dyslogique
- B.2 - Science Psychobiologique
Problématique de l'hyper-complexité
L'accumulation exponentielle des connaissances depuis le milieu du XXe siècle pose un problème nouveau : il est devenu impossible au chercheur de maîtriser, non seulement l'ensemble du savoir connu, mais également l'ensemble des données et des connaissances limitées à sa discipline.
Dans ces conditions, la recherche de synthèse, nécessaire à l'élaboration de modèle tenant compte des innombrables faits expérimentaux, ne semble plus possible dans le cadre actuel des sciences empirico-analytiques.
L'approche analytique des sciences expérimentales semble pertinente et efficiente pour l'étude de phénomènes relativement "simples", tels les phénomènes physiques matériels.
Cette méthodologie ne semble aujourd'hui guère adaptée à l'étude des organismes vivants évolués, aux caractéristiques hyper-complexes.
C'est pourquoi il semblerait nécessaire de créer un nouveau domaine scientifique, adapté aux sujets hypercomplexes, et d'utiliser une nouvelle méthodologie de recherche et de validation, spécifique à l'hypercomplexité ; une méthodologie qui puisse prendre en compte de façon globale et systémique l'ensemble des facteurs intervenant dans la genèse et la dynamique des phénomènes hyper-complexes.
a - Cadre épistémologique
Le nouveau domaine scientifique, que l'on pourrait appeler "empirico-synthétique", ayant son propre cadre méthodologique et de validation scientifique, permettrait l'étude et la modélisation des phénomènes hypercomplexes à partir de la synthèse des données des sciences empirico-analytiques (physique, chimie, biologie, physiologie, neurosciences, ...).
Figure 4.0-B : Sciences Empirico-Logiques réduit
Ce nouveau domaine de recherche serait en continuité épistémologique avec les sciences empirico-analytiques et tendrait graduellement à faire évoluer (ou éventuellement à remplacer) certaines des sciences historico-herméneutiques.
b - Cadre méthodologique
La synthèse des innombrables données nécessiterait plusieurs niveaux graduels de synthèse (par disciplines, par grands domaines disciplinaires, par des approches différentes), supposant une codification des données et des méthodologies, une normalisation des termes, concepts et hypothèses, afin de permettre et faciliter la lisibilité et la compréhension des connaissances.
Approfondissement : Explicitation détaillée du domaine Empirico-Synthétique. (disponible prochainement)
c - Méthodologie empirico-synthétique de validation de la Connaissance
En rapport avec les particularités de ce nouveau domaine empirico-synthétique de recherche théorique et transdisciplinaire, est proposé un modèle de validation scientifique en deux étapes :
- Validation a priori. Cette première étape serait spécifique de la méthodologie empirico-synthétique. Elle serait fondée sur les principes de cohérence et de testabilité (d'après Ladrière 1995, Gil 1995, Hempel 1972, Watanabe S.). Ces principes sont décrits succinctement ci-dessous.
- Validation a posteriori. Cette seconde étape serait fondée sur les principes de validation des sciences empirico-analytiques, qui sont principalement les contrôles expérimentaux.
a - Validation a priori : Principe de cohérence
Une hypothèse concernant un comportement ou un processus psychobiologique aurait un degré de probabilité de validité a priori suffisant si elle satisfait aux trois conditions de cohérence : interne, factuelle et externe.
Cohérence interne
La condition de cohérence interne comporte deux sous-conditions :
- Condition d'intégration trans-niveaux : existence d'un système logiquement cohérent d'hypothèses explicatives décrivant l'émergence du processus étudié à partir de l'interaction de processus existant à d'autres niveaux d'organisation.
- Condition de validation indirecte : les différents processus des autres niveaux d'organisation ont déjà été caractérisés et validés par des méthodes expérimentales propres aux niveaux considérés.
Cohérence factuelle
Le système théorique du processus étudié est explicatif et conforme à une majorité de faits déjà caractérisés et observés.
Cohérence externe
Le système théorique du processus étudié est en cohérence avec d'autres théories déjà éprouvées.
b - Validation a priori : Principe de testabilité
Le système théorique permet un contrôle expérimental : il est possible, ultérieurement, de le corroborer ou de le réfuter.
Approfondissement : Explicitation détaillée de la méthode empirico-synthétique de validation de la Connaissance.
B.1 - Science Dyslogique
Une autre étape consisterait à créer une science globale de l'analyse critique, ayant comme objet l'étude de l'ensemble des facteurs socio-cognitifs intervenant dans la construction scientifique du monde.
Cette science serait la Dyslogique, ou science empirico-synthétique de l'étude des facteurs de dyslogie.
Facteurs de dyslogies et construction scientifiques du monde
Les recherches épistémologiques actuelles ont mis en évidence tout un ensemble de problèmes relatifs à la validité des méthodes et des connaissances scientifiques (Bachelard 1993, Kuhn 1983, Feyerabend 1979, Popper 1990, Brannigan 1996).
Pour ces raisons, une étude critique préalable a tenté de caractériser et de prendre en compte, de façon globale et systémique, l'ensemble des facteurs de dyslogie intervenant dans la construction cognitive des représentations scientifiques du monde.
L'objectif est d'éviter, dans la mesure du possible, les biais méthodologiques ou cognitifs et les conclusions ethno- ou anthropo-centrées.
L'origine des dyslogies serait à rechercher dans les influences du contexte socio-culturel, dans les spécificités affectivo-cognitive de la psyché humaine et dans les particularités de la méthodologie scientifique.
Figure 4.0-B : Facteurs de dyslogie réduit
Approfondissement : Explicitation détaillée des facteurs de dyslogie. (disponible prochainement)
B.2 - Science Psychobiologique
- Plan du sous-chapitre
- a - Cadre épistémologique
- b - Principes généraux
- c - Méthodologie de recherche
- d - Méthodologie de validation
a - Cadre épistémologique
La science empirico-synthétique du comportement humain, fondée sur la synthèse systémique des données empirico-analytiques, serait la psychologie biologique, ou psychobiologie.
Figure 4.0-B : Relations entre la psychobiologie et d'autres champs scientifiques réduit
b - Principes généraux
Les principes généraux caractéristiques de la méthodologie psychobiologique seraient :
- Synthèse transdisciplinaire, car il semblerait que la compréhension du comportement humain ne puisse se réaliser que par une synthèse de l'ensemble des données provenant des différents domaines scientifiques relatifs à l'Homme.
- Systémisme, car il semblerait que l'organisme humain soit un système hypercomplexe dont l'ensemble des éléments sont en interdépendance et interagissent entre eux et avec l'environnement.
- Émergence, car il semblerait que la plupart des processus psychobiologiques apparaissent en raison de l'organisation et de l'architecture particulière de la matière dans l'espace.
- Niveaux structurels d'organisation, car il semblerait que l'organisme humain soit organisé en structures atomiques, moléculaires, cellulaires, organiques et neuroanatomiques de complexité croissante.
- Propriétés fonctionnelles émergentes, car il semblerait que la structure de chaque niveau d'organisation induise l'émergence de nouvelles propriétés fonctionnelles.
c - Méthodologie de recherche spécifique à la psychobiologie
La méthode psychobiologique serait basée sur un travail essentiellement théorique, consistant en une réinterprétation et une synthèse, dans un cadre neurobiologique anatomo-fonctionnel, d'un certain nombre de données expérimentales des neurosciences et complétées par des observations comportementales provenant du champ des sciences sociales et humaines.
L'ampleur des différents champs disciplinaires abordés, interdisant l'exhaustivité, oblige à la définition d'une heuristique de sélection des données :
Dans les sciences expérimentales, ne sont utilisés que les données de synthèse concernant les bases neurobiologiques des comportements (aspects explicatifs). L'objectif étant, soit, si l'état des connaissances le permet, d'expliciter en détail la dynamique et l'interaction des processus neurobiologiques sous-tendant l'émergence des comportements, soit, à défaut, de caractériser uniquement certaines des contraintes structuro-fonctionnelles de ces processus.
Certains champs disciplinaires, plus particulièrement celui des neurosciences, sont privilégiés : neurophysiologie, pour caractériser des ensembles fonctionnels de structures ; biologie du développement, pour comprendre le développement des structures neurales sous-tendant l'expression de certains comportements ; neuropsychologie et neuropsychologie cognitive, pour caractériser des relations anatomo-fonctionnelles.
Dans les sciences humaines et sociales, ne sont utilisés que les données d'observation ou de mise en évidence de comportements (aspects descriptifs).
Certains champs disciplinaires sont privilégiés : l'histoire, pour comprendre l'évolution de la représentation de certains comportements ; la psychologie du développement, pour caractériser le développement d'un comportement au cours de l'ontogenèse ; la psychologie générale, pour caractériser les régularités comportementales ; l'éthologie, plus particulièrement la primatologie, pour connaître l'éventuelle influence de la culture sur l'expression d'un comportement ; et l'anthropologie, plus particulièrement l'ethnologie, pour observer le devenir de certains comportements dans des contextes culturels différents.
L'objectif est, par la mise en rapport de l'ensemble des comportements observés avec l'ensemble des contraintes structuro-fonctionnelles des processus neurobiologiques, de produire des modélisations comportementales tenant compte de – et conformes à – l'ensemble des données transdisciplinaires.
Figure 4.0-B : Méthodologie psychobiologique - Méthode de recherche réduit
Toutes les données obtenues par des méthodes ayant des biais ou des insuffisances connues et justifiées ne sont pas utilisées. Tel est le cas, par exemple, des données issues de la psychanalyse, dont la méthode clinique, fondée sur l'anamnèse, est sujette aux oublis, fausses remémorations et à la suggestibilité du patient au thérapeute (Grünbaum 1996).
Approfondissement : Explicitation détaillée de la méthodologie psychobiologique. (disponible prochainement)
d - Méthodologie de validation spécifique à la psychobiologie
La méthodologie de validation de la psychobiologie est celle du domaine empirico-synthétique, à savoir la validation a priori, fondée sur les principes de cohérence et de testabilité.
Figure 4.0-B : Méthodologie psychobiologique - Méthode de validation réduit
Approfondissement : Exemple concret : Validation a priori du modèle du diabète insulino-dépendant.
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