[ page précédente ] · page 7 / 7 · [ page suivante ] · [ début chapitre ]
B.5 - Communication - Langage - Parole
[ NB : Textes provisoires. Niveau de rédaction du sous-chapitre : 2 / 5 ]
- Plan du sous-chapitre
- a - Hypothèses générales
- b - Développement de la capacité de communication
- c - Conclusion
a - Hypothèses générales
Il semblerait que la communication ne soit pas une finalité téléologique du vivant. Il n'existerait pas d'intentionnalité biologique de communication.
Au niveaux des organismes vivants, et en particulier de l'Homme, il n'existerait pas de besoin inné de communication. Il n'existerait ni aucun gène, ni aucun "instinct" de la communication, du langage ou de la parole.
Le langage ne proviendrait pas de l'existence de structures innées, génétiquement programmées.
La parole ne serait pas le support de la pensée, mais surtout un de ses moyens d'expression.
Il semblerait que la communication soit une fonction émergente d'un système complexe de traitement de l'information, capable, entre autre, d'apprentissage, de mémoire et de capacités cognitives étendues.
b - Développement hypothétique de la capacité de communication
Les deux facteurs clés qui seraient à l'origine de l'émergence de la capacité de communication seraient :
– Le couplage entre certains états internes et l'activité motrice externe.
– Les capacités cognitives de traitement de l'information.
Phase initiale
Il semblerait que la première phase du développement de la capacité de communication soit l'extériorisation des états internes du système nerveux central.
On observe que les différents états neuraux internes, et tout particulièrement les états émotionnels, se traduisent par des configurations somatiques (musculovégétatives) particulières et reproductibles.
– Modifications de l'arrangement spatial des parties molles du visage, due à la variation de la tension des muscles faciaux.
– Modification de la couleur du visage (pâle - rosé), due à la variation de la tension artérielle et à la répartition du flux sanguin.
– Modification de la tonalité expressive de la voix.
– Mouvements de la tête, du tronc et des membres antérieurs.
– Modification également, mais moins visible, de la sudation, du rythme respiratoire, du rythme des mouvements corporels …
Certaines parties du corps auraient un rôle privilégié dans l'émergence de la communication, car les effets des modifications sont très visibles et/ou audibles, tant pour l'émetteur que pour les récepteurs de ces signaux :
– Appareil phonatoire (vocalisations).
– Parties mobiles du visages (particulièrement les yeux et la bouche).
– Membres antérieurs (particulièrement les mains).
Il convient tout particulièrement de noter que ces modifications corporelles sont pour la plupart involontaires, fréquemment reproduites, que chaque type d'état interne semble produire un même état externe, et, surtout, que ces phénomènes sont similaires chez tous les êtres humains.
Phase sémantique
Il semblerait que la seconde phase du développement de la capacité de communication soit l'apprentissage graduel, grâce à certaines capacités cognitives, que chaque type de vocalisation ou d'état du corps des autres n'est pas neutre, mais correspond à un état interne.
Le premier type de communication qui apparaîtrait serait une communication implicite et passive, où chaque sujet communique involontairement aux autres ses états internes par l'intermédiaire de ses réactions comportementales.
En plus de l'état externe du corps, interviendrait dans la genèse de la capacité de communication les caractéristiques du contexte de la situation en cours.
De nombreuses situations sociales et humaines sont stéréotypés et induisent des réactions comportementales similaires. La répétition régulière entre un contexte particulier et l'état particulier du corps qui lui est associé, faciliterait l'émergence d'une signification pour chaque type de situation sociale vécue et pour chaque type d'état du corps observé.
Le facteur temporel interviendrait également dans la mesure où chaque état interne se traduit fréquemment par des actions propres à chacun de ces états.
La fréquente répétition, au cours du temps, de situations sociales stéréotypées, d'états internes et externes du corps également stéréotypés et d'actions subséquentes elles aussi stéréotypées rendrait compte de l'abstraction et de l'attribution d'une signification, d'un sens particulier à chaque type de situation, à chaque type d'action et à chaque type d'état du corps.
Cette seconde phase, sémantique, correspondrait à l'émergence de la capacité de communication.
Phase sémiotique
Il semblerait que la troisième phase du développement de la capacité de communication soit l'apprentissage graduel, grâce à d'autres capacités cognitives, qu'il est possible de provoquer volontairement des actions, des situations, et des états du corps (vocalisations, mouvements, signes, ...) afin de transmettre intentionnellement des informations aux autres.
Cette troisième phase, sémiotique, correspondrait à l'émergence du langage.
Communication verbale
La communication par l'intermédiaire de la parole ne serait qu'une extension d'une capacité, acquise, de communication plus générale, existant chez tout les mammifères évolués.
L'émergence de la parole chez l'homme, puis sa prépondérance, proviendrait principalement du fait que l'organe phonatoire peut être contrôlé volontairement et qu'il permet la production facile et rapide de nombreux signes linguistiques.
c - Conclusion
De manière similaire aux autres comportements élaborés, il semble que la capacité de communication, puis de langage et enfin de parole, soit un acquis, appris au cours du temps et des interactions avec l'environnement, en raison de l'expression externe des états psychiques internes, grâce à la possibilité du contrôle volontaire de certaines parties du corps (appareil phonatoire, visage, membres antérieurs) et grâce aux facultés cognitives d'abstraction, d'inférence causale, de signification, d'anticipation et de planification.
Approfondissement : Étude détaillée de la capacité de communication. (disponible prochainement)
[ page précédente ] · page 7 / 7 · [ page suivante ] · [ début chapitre ]
www.psychobiology.org