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F - Perspectives sociales

a - Histoire sociale

Les données historiques semblent montrer que depuis 100.000 ans l'évolution sociale d'homo sapiens aurait été influencée de façon majeure par des facteurs que sa connaissance limitée du monde ne lui permettait pas de maîtriser réellement.

Les facteurs climatique et géographique auraient été prépondérants durant les 90.000 premières années de l'histoire humaine, puis se seraient substitués depuis environ 10.000 ans, en raison de la sédentarisation et de l'agriculture, des facteurs d'ordre culturel et idéologique, puis politique et économique. Depuis environs 200 ans, se serait des facteurs technologiques et industriels qui auraient modifié en profondeur la société occidentale.

On peut supposer que ces influences géo-socio-historiques, ayant des caractéristiques particulières dans chaque région du monde, seraient un des facteurs majeurs à l'origine de la différenciation culturelle aboutissant aux différentes sociétés contemporaines.

b - Choix de société

On connaît aujourd'hui près de trois mille sociétés humaines distinctes, chacune ayant des organisations sociales, des systèmes de croyance et de valeurs différents.

A partir de toute cette diversité sociale, pourrait-on déterminer quelle serait la meilleure organisation sociale, ou du moins la moins mauvaise ? Chaque système est-il, dans une certaine mesure, équivalent, ou bien certains modèles seraient-ils plus pertinents que d'autre ?

L'important est-il de respecter les valeurs et les institutions en usages, ou de prendre à chacune ce que l'on considère comme le meilleur, ou encore de tout réexaminer en fonction de critères jugés fondamentaux ?

Enfin, comment obtenir une maîtrise relative de l'évolution sociale ?

g - Psychobiologie & société

Il semble que la psychobiologie ne puisse donner d'indications, du moins directement, sur l'organisation générale de la société. La dynamique sociale semble avoir des lois propres, différentes de celles de la biologie. La psychobiologie ne semble d'aucune aide pour choisir entre les multiples combinaison de l'organisation sociale : société plus ou moins collectiviste ou communautaire, de démocratie directe ou non, d'économie de marché ou d'économie solidaire ...

Par contre, sans vouloir instaurer un nouvel "Ordre de la Nature", les données de la biologie en général, et de la psychobiologie en particulier, ne peuvent-elles, par la prise en compte des contraintes biologiques de l'organisme humain et de l'environnement écologique, aider à la réflexion sociale ?

Il semblerait qu'elles puissent permettre, entre autres, d'éviter l'instauration de certaines pratiques institutionnelles humainement dysfonctionnelles, tant au niveau micro- que macro-social.

Dynamique des groupes restreints

Une des implications, de portée limitée, des données de la psychobiologie par rapport au contexte social concerne le niveau micro-social, c'est-à-dire la dynamique des groupes restreints.

En raison de l'organisation biologique particulière des processus émotionnels, il semblerait que l'être humain soit en situation psychologique positive (voire optimale) lorsqu'il est, de façon autonome (besoin "d'agir" ou "praxique"), en interaction affective (besoin "affectif" ou "philique") avec un groupe de 6-8 personnes en moyenne. Il semblerait donc intéressant, au niveau social, de favoriser tous les types de situation (de travail, d'éducation, de formation, ...) qui s'appuient sur cette dynamique.

D'autres implications de la psychobiologie sont plus générales. Elles concernent le niveau macro-social ou sociétal, c'est-à-dire l'ensemble de la société.
On peut donner comme exemple le phénomène de "problématisation" et le principe d' "adéquation".

Phénomène de "Problématisation"

En raison de l'organisation biologique particulière des processus intellectuels, il existe souvent un découplage entre les croyances intellectuelles et la Réalité. Il semble que l'Homme puisse croire en quasiment n'importe quoi, et en particulier qu'il puisse donner, en toute bonne foi mais de façon erronée, le statut de problème (problématisation) à des phénomènes qui n'en sont pas.
Bien que les faits suivants soient erronés, l'homme a cru (et certains croient encore) par exemple, à la toxicité alimentaire des nitrates, en la nocivité psychologique de la masturbation ou en l'existence de races humaines supérieures et inférieures. Ces fausses croyances ont entraînés des modifications alimentaires importantes, d'innombrables mutilations chirurgicales, et des génocides.
Pour l'Homme, "ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai" (C.M. de Talleyrand, 1754-1838).

Il semblerait donc absolument nécessaire de créer des moyens institutionnels d'étude et d'élucidation de ces fausses croyances, afin de ne pas instaurer au niveau de la société tout entière des pratiques dysfonctionnelles et humainement dommageables.

Principe de "cohérence globale" et d' "adéquation"

Bien que l'être humain soit capable de s'adapter à de nombreuses situations très différentes, il semblerait néanmoins exister, en raison de l'organisation biologique particulière de l'organisme humain, des contraintes somatiques, affectives et cognitives.

Il semblerait que la non prise en compte de ces contraintes entraînerait des dysfonctionnements somatiques ou psychiques, ayant également des répercussions au niveau relationnel et social, dommageables tant pour la personne elle-même que pour l'ensemble du groupe social.

Dans la perspective d'un développement humain et sociétal durable, il semblerait nécessaire de prendre en compte, dans une démarche de cohérence globale, tant les contraintes écologiques de l'environnement que les contraintes psychobiologiques des organismes vivants, et de ne proposer que des situations industrielles, économiques, politique, éducatives et sociales, qui soient en adéquation et en cohérence avec les contraintes et la dynamique fondamentale des systèmes biologiques et tout particulièrement des contraintes et de la dynamique somato-psychique de l'être humain.


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